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L'église Saint-Roch au Point Central




Comme la rue des Ponts et la rue des Quatre-Eglises, la rue Saint-Dizier avait quatre églises :
- l'église paroissiale Saint-Roch appartenant aux Jésuites du Collège de Nancy; son premier curé nommé par l’évêque de Toul fut Charles-François de Tervenus. Il prit possession de l’église, louée aux Jésuites par l’Hôtel- de- Ville, en 1731.
- l'église des Bénédictines du Saint-Sacrement, sur l'emplacement de la rue du Général Drouot ;
- l'église des Capucins (ancienne église paroissiale de Saint- Nicolas)
- l'église du Noviciat des Jésuites (dont le portail existe encore à l’hôpital, anciennement l'Hospice Saint-Stanislas).

 Par acte du 31 août 1731, la Ville-Neuve avait été partagée en trois paroisses :
- La première, dédiée à Saint-Roch s'étendait depuis les fossés de la Ville-Vieille jusqu'à la rue Saint-Jean et la rue Saint-Georges ; le S.R. inscrit au coin des murs. Est-il encore visible ?
Nancy, ville pauvre ne bâtit pas une nouvelle église mais utilisa jusqu’à la Révolution l’église du collège des Jésuites au coin des rues Saint-Jean et Saint-Dizier. Après l'expulsion des Jésuites de la Lorraine, en 1760, la ville est devenue propriétaire de l’église le 10 Août 1770.
- La paroisse Saint-Sébastien
- la paroisse Saint-Nicolas avec l’église des Capucins, louée à la Ville et située au coin Sud- Ouest des rues de Grève (Charles III) et Saint-Dizier.
En 1770, la ville acquit, à côté des Capucins, l'église du noviciat des jésuites, où la
paroisse fut transportée jusqu'à la Révolution.



Historique et représentations de l'église Saint-Roch

Historique:

Les jésuites intallés à Pont-à-Mousson pour enseigner les lettres et la théologie à l'université fondée en 1572, établirent le noviciat de Nancy en 1602 (rue Saint-Dizier, près de la porte Saint-Nicolas) puis un collège en 1616 entre le n° 29 de la rue des Carmes, le n° 28 de la rue Saint-Jean et le n° 20 de la rue Saint-Dizier.
Un premier projet de construction du collège est approuvé en 1617. Il se situait à l'angle de la rue des Carmes et de la rue Saint-Jean.
Il fallut attendre le 30 mai 1620 pour que le projet de la chapelle fut accepté. Elle fut construite par l'architecte Rémy Bernard aux frais de l'évêque de Toul Jean des Porcellets de Maillane et achevée en 1629. C'était une des rares églises de la ville neuve, elle fut donc très fréquentée par les habitants du quartier d'autant plus qu'elle servit d'église paroissiale de 1719 à 1732 (durant la construction de la nouvelle église Saint-Sébastien) puis à partir de 1731 sous le vocable de Saint-Roch.

Elle se situait au lieu dit aujourd'hui "Le Point Central", parallèle à la rue Saint-Dizier, avec la façade donnant rue Saint-Jean. La nef était à vaisseau unique à deux travées avec des chapelles latérales communicantes, un transept inscrit, un choeur modeste et un chevet plat. L'élévation extérieure est rythmée par des pilastres toscans. Une gravure de Herpin de 1792 et un dessin de Morey donnent deux images légèrement différentes où l'on retrouve une façade avec perron, 2 niveaux de percements organisés en 3 travées simulant, de manière factice, une église à trois vaisseaux.
 La chapelle était couverte d'un toit à longs pans et croupe et d'un campanile coiffé d'un toit à l'impériale (cf. plan de Belprey, 1754). Elle n'était pas voûtée mais simplement plafonnée pour des raisons d'économie mais aussi d'acoustique, en 1717.
L'intérieur, très sobre à l'origine, était seulement décoré de pilastres toscans (cf. gravure parue dans Honneurs funèbres rendus à Monseigneur le Dauphin... en 1766). Les Jésuites commandèrent un décor peint (fresque étudiée dans la base Palissy).
Outre le maître-autel, l'édifice comprenait un autel à la Vierge, un autel à Saint-François Xavier et un orgue qui provenait de l'église Saint-Sébastien (mobilier aujourd'hui disparu). En 1768, la Compagnie de Jésus est supprimée en Lorraine. Les bâtiments du collège jugés vétustes sont démolis et les classes transférées en 1768 au noviciat. La chapelle conserva sa vocation d'église paroissiale. A la Révolution, l'église est achetée par un particulier et détruite puis remplacée par des maisons. Inventaire du patrimoine.

Cette église a été démolie en 1793 ; les curés de la paroisse ont été MM. de Tervenus, avant curé d'Epinal (1731-1758), Pierre Petitjean (1758-1776), Nicolas Ragot

Les principaux objets d'art que renfermait l'église Saint-Roch ont disparu en grande partie, sauf quelques tableaux conservés à Saint-Sébastien et à Saint-Nicolas et le mausolée de l'évêque de Toul, Jean des Porcelets de Maillane, qui existe au Musée lorrain.

En 1802, lors de la restauration du culte catholique, l'église Saint-Roch ayant disparu, il fut question de rétablir la paroisse dans l'église des Prémontrés, sur la place Saint-Jean, mais ce projet ne fut pas réalisé et l'on y installa le culte protestant.

Il n'existe plus de souvenir officiel de saint Roch et de cette paroisse à Nancy, sauf un tableau qui représente ce saint personnage en compagnie de son chien à la façade des magasins Saumier.

voir aussi 1, 2, 3, 4

L’église Saint-Roch (photos), la sacristie, le presbytère  étaient situés à l'angle des rues Saint-Dizier et Saint-Jean, là même où se trouve en particulier aujourd’hui  le magasin Armand Thiéry. Au début du 20ème siècle, on trouvait un magasin d’ameublement (magasin Saumier « au coin de Saint-Roch ») puis la Banque de Nancy devenue Banque Nationale de Crédit (voir cartes postales de l’époque).



Le Point Central entre 1887 et 1901 (cf)
Cafés du Point Central au 36 de la rue Saint-Dizier (Royer) et La Lorraine au 32;
 le Grand Café au 34 n'a pas encore remplacé le bâtiment marqué "fourrure".
Magasin d'ameublement du tapissier Saumier "au coin de Saint-Roch"
avec une enseigne du Saint. le Conseil d'administration de la banque confiera cette enseigne au Musée Lorrain lors de la transformation du bâtiment.
Le magasin est situé à l'emplacement de l'ancienne église Saint-Roch détruite à la Révolution. Ce bâtiment sera remplacé en 1908/09 par la banque de Nancy, immeuble à dôme et pan coupé, par l'architecte Louis Lanternier.



1908 Construction de l'immeuble de la Banque de Nancy par Louis Lanternier
"l'architecte tranche largement dans l'ancien immeuble du Coin de Saint-Roch afin de créer un pan coupé et une élégante tourelle avec dôme."
Les trois cafés de la rue Saint-DIzier et ce qu'on appelle un bar parisien, animent le "Point Central", nom attribué au quartier d'après le nom du premier café créé, le 'café du Point Central".
La maison Saumier (meubles, tentures, tapis, literie) fondée bien avant la guerre de 1870 partira pour le 3 rue Saint-Julien.
Anecdote: "Ce bel endroit si bien placé pour n'importe quel genre de commerce, était frappé d'une servitude perpétuelle de ne jamais servir à un "lieu de plaisir". C'est une clause formelle inscrite dans les titres de propriété et qui remonte à plus de cent ans."
Il était alors impossible d'établir un café à cet endroit si bien placé.

Sous cet immeuble du à l’architecte Louis Lanternier, les anciennes cryptes et caveaux de l’église des Jésuites furent transformées en salle des coffres. De nombreux Nancéiens de la noblesse et de la bourgeoisie des 17 et 18èmes siècles y étaient enterrés après l’évêque de Toul Jean des Porcelets de Maillanne, fondateur du Collège de Nancy. L’église de quelque 46 mètres par 24 ressemble à celle du noviciat avec un rez-de-chaussée surélevé. Le duc Léopold avait fait décorer le plafond en bois par Claude Charles et Giacomo Barilli. L’église disparut à la Révolution.



Situation de l'église Saint-Roch au coin des rues Saint- Jean et Saint-Dizier

Représentations de l'église






Représentation par Harpin




rReproduction du portail de l’église Saint-Roch du Collège des Jésuites, également paroisse de la Ville-Neuve de Charles III. et Louis Lanternier architecte Art Nouveau de l'immeuble qu'on voit encore aujourd'hui en remplacement de la sacristie et du presbytère de Saint-Roch





L'intérieur de l'église Saint-Roch




Plafond de Saint-Roch peint par Jacques Barilly








Eglise Saint Roch:
Mausolée de Louis XV dit le bien-aimé.

Jean-Joseph Söntgen sculpteur sur des dessins de Jean Girardet.
Jean-Baptiste Claudot dessinateur; Dominique Collin graveur

Le Mausolée de Stanislas, élevé par la mairie de Nancy dans l'église Saint Roch pour le service funèbre du 26 Mai 1766.

"Il n'est point de vertus que son nom ne rappelle,
Son génie étendit l'art de faire du bien,
Philosophe et guerrier, monarque et citoyen,
Charles fut son ami, Trajan fut son modèle."

(abbé Procquet)



Intérieur de l'église Saint-Roch

Mausolée élevé pour le service funèbre que Messieurs les Juges-consuls de Lorraine et Barrois ont fait célébrer le 15 mai 1766 en l'église Saint-Roch de Nancy pour le roi Stanislas. Peinture d'un trumeau (Musée lorrain)



 Invitation à assister au service solennel célébré en l'église Saint Roch,
 le 26 Mai 1766 à 09h30.
Pour le repos de l'âme de Stanislas le Bienfaisant, Roi de Pologne, Duc de Lorraine et de Bar, etc..

Autres détails du monument

La pompe funèbre du roi Stanislas, duc de Lorraine et de Bar


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Le Point Central, le coin Saint-Roch au début du 20ème siècle et maintenant​

Sous ce vaste immeuble moderne, construit par l'architecte Louis Lanternier, se trouvaient les vastes cryptes de l'église des jésuites, où furent enterrés de nombreux Nancéiens

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Saint-Roch dans le tableau de Jean-Baptiste Claudot "Nancy depuis Malzéville"
MBA de Nancy





Travail d'identification des monuments par Clément Daynac
Tableau peint depuis le lieu-dit "Petit Jéricho", maison qui se situait sur le bras droit de la Meurthe, près de Malzéville. Porte de la Craffe et Saint-Fiacre sont à l'extrême droite.
Peint entre 1770 et 1792

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