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L'Art déco et la transition vers  l'architecture "moderne"


Retour vers Art Nouveau à Nancy, Ecole de NANCY


Liste de bâtiments auxquels a été attribué le
     -   Label Architecture Contemporaine Remarquable en Meurthe et Moselle dont Nancy
et 
      -   Localisation des bâtiments "architecture contemporaine" à Nancy

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Le style Art Déco tient son nom de l'Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes qui s'est tenue à Paris en 1925 et qui connut un très grand succès. Cette manifestation avait été initialement prévue en 1916 et fut reportée pour des raisons compréhensibles.

 En effet, dès 1905, quelques décorateurs, Paul Follot, Maurice Dufrêne, Léon Jallot avaient commencé à réagir aux exubérances de l'Art Nouveau par une stylisation amorcée des motifs décoratifs. Au début des années 1910, un traitement revisité des volumes, un nouveau répertoire ornemental et une palette chromatique audacieuse se mettaient en place grâce à des personnalités comme André Groult, Louis Sue, André Mare, Clément Mère, Paul Poiret (fondateur de l'Atelier Martine), Paul iribe, etc.

 Après la première guerre mondiale, débuta l'âge d'or du style Art déco qui puisait ses sources dans diverses influences : le Cubisme, Les Arts Premiers, l'Orient. Les maîtres de l'Art déco tenants de la grande tradition française allaient s'imposer sur la scène de la décoration intérieure et de la création mobilière. Jacques-Émile Ruhlmann, doué d'un sens des volumes inégalé et dessinateur hors-pair, gainant et plaquant ses meubles de matériaux rares et précieux, reste la figure phare de cette période à travers une oeuvre exceptionnelle. Jules Leleu, Eugène Printz, Clément Rousseau furent de dignes représentants de cette mouvance issue d'un certain classicisme.

 En opposition à ce courant, des velléités fonctionnalistes et internationalises nourrissaient fortement les travaux des modernistes tels que Pierre Chareau, Francis Jourdain, Louis Sognot, Djo Bourgeois, René Herbst et certains architectes comme Robert Mallet-Stevens, Le Corbusier (avec Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret), André Lurçat.

 Parallèlement à ces courants qui s'affrontaient, des personnalités marginales ont livré des oeuvres incomparables et en dehors de toute école. Trouvant leur place avec l'aide de véritables mécènes, Eileen Gray, Pierre Legrain, Armand-Albert Rateau, Eyre de Lanux, Marcel Coard furent d'authentiques artistes francs-tireurs. L'Art Déco fut également marqué par une production d'objets d'art touchant au sublime ; Jean Dunand, Claudius Linossier pour le laque et la dinanderie ; Maurice Marinot, Henri Navarre, Georges Dumoulin pour l'art du verre ; Émile Decoeur, Émile Lenoble, Georges Serré, Séraphin Soudbinine, Jean Besnard, Jean Mayodon pour la céramique ; Edgar Brandt, Raymond Subes pour le fer forgé ; François Pompon, Joseph Csaky, Gustave Miklos pour la sculpture.
(cf ici)
 

Pour ce qui concerne Nancy, on citera l’exécution par l’architecte Pierre Le Bourgeois aidé du mosaïste parisien René Ebel de la pharmacie Godfrin du Point Central (photo ci-dessous). Nous sommes en 1921 donc avant la détermination des grands principes  Art Déco  d’esthétisme édictés au moment de l’Exposition internationale de 1925 à Paris. On retrouve une façade aux couleurs voyantes, des lignes droites, des fleurs stylisées. Les grands artistes des arts décoratifs tels que Grüber, Majorelle, Daum aussi bien que les grands architectes nancéiens passent aux lignes géométriques.

C’est, à titre d’exemple,  l’époque des nouveaux Magasins Réunis (1926-1928 par Pierre Le Bourgeois), du siège des fonderies de Pont-à-Mousson (1926-1928 par Jean Bourgon), de l’église Sainte Thérèse de Villers- les- Nancy par Jules Criqui (1930-1934) (photo ci-dessous). Le ferronnier Jean Prouvé, l’ébéniste Majorelle (bibliothèque de la Place Carnot), et bien d’autres artistes donnent leur vision de ces nouvelles règles artistiques. 

De nouvelles rues sont créées à Nancy et dans les proches banlieues et de nouveaux intervenants architectes savent alors satisfaire des clientèles plus ou moins aisées en adoptant le style Art déco.

Pour plus d'information sur l'art déco à Nancy, on pourra se rapprocher des conférences ou écrits de Gilles Marseille: Revue Péristyle #28, le Pays Lorrain de mars 2012, "Quand l'architecture internationale s'exposait" ou encore des études de Catherine Coley (sur le comité Nancy-Paris") ou de Patrick Dieudonné dans le Pays Lorrain.


Affiches de Paul Colin relatives à Nancy SNCF 1948 (période
tardive) et Chemin de fer de l'Est 1928 (art déco)


Élève d'Eugène Vallin et de Victor Prouvé, Paul Colin (Nancy 1892-1985) est un maître du style Art Déco au départ de sa carrière puis du style Nouvelle Objectivité.
 Avec plus de 1900 affiches et de nombreux designs de livres, décors de théâtre et costumes à son nom, il fut l'un des plus grands graphistes de l'époque.


Colin est né et a grandi à Nancy. Très tôt, avec la désapprobation de son père, Colin est devenu fasciné par l'art. À l'âge de 15 ans, il est apprenti dans une imprimerie et à 18 ans, il s’inscrit à l'École des Beaux-Arts de Nancy. Colin a excellé dans ses études et a fait ses débuts dans le monde de l'art en compagnie d'Eugene Vallin. Son travail est devenu connu mais ce n'est que lorsqu'il créé sa première affiche pour un petit journal bien établi qu'il est prêt à conquérir Paris. Colin part pour Paris en 1912, une période très instable pour le pays, où il s'est retrouvé bientôt au milieu de la Première Guerre mondiale. Après la guerre, il revient à Paris pour reprendre sa carrière d'affiches. Il sera le chef de l'école moderne de l'affiche lithographiée ou utilisant d'autres techniques de reproduction.

Paul Colin, Nancéien né rue Jeanne d'Arc et parisien dès 1912


Pharmacie Godfrin du Point-Central, 1922

L'immeuble daterait du 18ème siècle, Pierre le Bourgeois le transforme en 1922 à la demande de Louis Godfrin, pharmacien
Deux styles sont observés, Art Déco et Ecole de Nancy
décor extérieur du au céramiste parisien René Ebel, avec fleurs de forme géométrique et colonnes ioniques
bronze ou laiton de  Jules Cayette (*)


(*) Jules Cayette, né Édouard Cayette le 27 mai 1882 dans le 14e arrondissement de Paris et mort le 2 janvier 1953 à Nancy, est un ferronnier, bronzier, ébéniste, sculpteur et ensemblier- décorateur français, représentatif du mouvement de l'Art nouveau, puis de celui de l'Art déco.de Nancy :
•    villa Bonnabel, 107 avenue du Général Leclerc : ferronneries.
•    hôtel Elbel, 17 place des Vosges : ferronneries, poignées en bronze.
•    villa Simon, no 39 rue de la Ravinelle : rampe en fer forgé.
•    immeuble du no 14 boulevard Charles V : poignées de porte aux coléoptères.
•    no 25 rue Madame de Vannoz, no 1 rue de la République, no 17 rue de la Ravinelle : poignées aux pommes de pin.
•    banque BNP-Paribas, no 9 rue Chanzy : sculptures ornant la façade.
•    ancienne Compagnie Générale d’Electricité, no 64 rue Raymond Poincaré : sculptures ornant la façade.
•    immeuble Estrade, no 119 avenue de la Libération : porte d’entrée (ferronnerie et poignées).
•    immeuble Janin, no 12 rue Lionnois : porte d’entrée.
•    villa Les Pins, no 2 rue Albin Haller : porte d’entrée (ferronnerie et poignées).
•    pharmacie du Point-central, Point central : boiseries, poignée sur la porte de service.
•    ancienne Pharmacie Fandre, no 4 rue Raymond Poincaré : porte d’entrée.
•    immeuble de L'Est républicain, no 5 bis avenue Foch : sculptures ornant la façade, grand escalier intérieur, plafond. (feuillage et fruits de chêne)
•    Gaufrier Meire, stand Meire, foire de Nancy, marché de Noël : la chaudronnerie du gaufrier. (wikipédia)




Le Printemps ex Magasins Réunis architecte Pierre Le Bourgeois

Restauration en 2014, nouvelle marquise en 2015
Bas-reliefs d'Emile Bachelet en pierre rouge de Bourgogne, ici la joueuse de tennis

Les entreprises qui ont participé à la construction :
Construction : France-Lanord et Bichaton
Architectes : Pierre Le Bourgeois, Métreau, Masson et Eugène Corbin
-ferronnerie: la Maison Sçhertzer frères, de Nancy, et la Maison Doussé, d'Alfortville, puis M. Beyssenet;
- la Maison Emile Zimmermann et Fils de Nancy pour la marquise de pourtour;
- Jean Prouvé pour les rampes d'escalier;
- la Maison Thiesse Fils pour les balustrades en fer forgé;
- la plâtrerie a été exécutée par MM. Gérardin et Cayotte;
- la menuiserie par MM. Monier Frères;
- la mosaïque, par M. Daeschler
- la peinture, par MM. Ramel et L. Gény;
- les revêtements en ciment par la Maison Cotineau;
- les revêtements en granit, par la société Le Granit d’Abainville
- les stucs par M. Malot




Bas-reliefs d'Emile Bachelet (Magasins Réunis, aujourd'hui Le Printemps):
 "les étoffes", "la parure", "la toilette"




Magasins Réunis
1967, l'année du ""centenaire"" en quelque sorte puisqu' Antoine Corbin a crée son premier magasin, le " Bazar Saint-Nicolas " près de la porte Saint-Nicolas en 1867.

Photo Charles André



Les Magasins Réunis depuis la Place André Maginot (anciennement place Saint-Jean)



Le chantier de reconstruction des Magasins Réunis en 1926
Photo Gege Thirion Groupe NancyRetro Facebook
Pose de la première pierre le 21 mars 1926; la cérémonie.


Les Magasins Réunis par Pierre Le Bourgeois 1926
La frise sous la corniche est animée de figures géométriques

Siège de la société des Fonderies de Pont-à-Mousson Projet pour le concours Labor 1928 par J.Bourgon


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Lycée Paul- Louis Cyfflé









Ecole primaire supérieure de garçons et école nationale professionnelle,
 lycée Paul-Louis Cyfflé
Campagnes de construction: 1925,1928, 1931,1993.
Architectes Jean- Frédéric Wielhorski, Jacky Montcuit
Entrepreneurs Félix Dancelme, Emmanuel Chambert

Façade imposante d'inspiration classique, corbeilles de plantes, frises, bossage, cannelures , beau décor art déco à l'intérieur


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Sainte- Thérèse- de- l'Enfant- Jésus à Villers-les-Nancy, parc du Placieux
non encore terminée Photo Image Est



Sainte- Thérèse- de- l'Enfant- Jésus à Villers-les-Nancy, parc du Placieux

Par l'architecte Jules Criqui (1930-1934 restant inachevée)
Style roman et gothique, rose "art déco partout, pinacles stylisés
Réalisée en béton armé par l"entreprise France-Lanord
Voûtes paraboliques
pour une question de répartition des charges

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Des centaines d’immeubles, ou maisons sont alors construites tant à Nancy que dans la banlieue proche.

Parmi les nombreux exemples de réalisations des architectes  Art déco, on citera:

Fernand Mascret qui sait développer une architecture totalement innovante avec des matériaux peu onéreux. Sa maison (photo ci-dessous) est un exemple proposé à sa clientèle qui voit ainsi les possibilités d’architecture nouvelle avec balcons souvent imposants, ressauts, jardinière en façade, reliefs, verticalités, motifs floraux,...


Maison de Fernand Mascret au 8 rue Raymond Poincaré, Laxou

Les immeubles de rapport réalisés par Fernand Mascret sont très nombreux à Nancy toujours différents. Les variations vont concerner :
- le travail des balcons : grandeur, présence ou non à certains étages, présence d’arrondis, évacuation de l’eau, forme rappelant les bow-windows recherchés à l’époque, forme des ferronneries,…
-    le travail du soubassement ;
-    les contrastes entre sobriété de la façade et massivité ou décor des portes ;
-    présence ou non de sculptures de fleurs





Dans la même rue Raymond Poincaré à Laxou, maisons des années 30 avec moulures, ressauts et fleurs stylisées; Fernand Mascret architecte.



 sculpture sur l' immeuble de rapport du 32 rue Jules Ferry. Fernand Mascret architecte



Fleurs stylisées sur boiserie (ébéniste inconnu) et verres d'André Lemoine sur une devanture de l'avenue Anatole France (1924). L.Ventre, architecte



Cimetière de Préville, monument Vilgrain par Pierre Le Bourgeois, vers 1929
 porte attribuée à Jean Prouvé

Louis Antoine Vilgrain, chef d'entreprise (Moulins Vilgrain)
document Brigitte Hellio Caquelin


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Charles Masson

propose à la riche clientèle du quartier Saurupt par exemple, des maisons faisant appel à des mélanges de matériaux, la présence de ferronneries stylisées, de sculptures avec fleurs aux formes géométriques, de pergolas,…

Une maison de Charles Masson dans le quartier Saurupt

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Jean Bourgon réalise de nombreux bâtiments universitaires (Cité universitaire Monbois), des lotissements, la Caisse d'Epargne de Nancy, la bibliothèque de la Faculté de Médecine, la faculté de pharmacie, la maison du professeur Grimaud (*), le lycée Chopin, le siège de Pont-à-Mousson, l'Ecole des Mines,…


Maison du professeur Grimaud (1957-1959) - Plan en éventail / Art Moderne

(*) tous les éléments de la maison convergent vers un point central situé dans le jardin

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Maison double France-Lanord et Bichaton par Jean Bourgon 1930 Villers-les-Nancy
Géométrie parfaite des pignons et faux pans de bois pour cette maison double






Nous sommes  à Villers les Nancy, 4 rue Sainte-Odile à la villa Mairot.
Baies de forme polygonale, chanfreins autour des ouvertures, mosaïques et fleurs stylisées en décor.
Villa de 1932 par l’architecte Georges Masson, entrepreneur France-Lanord.


Mais qui est donc ce Mairot?
Je suppose qu'il s'agit de Geneviève Mairot-Jacquot, soprano mais ce n'est qu'une hypothèse
( le nom de Jacquot n'aurait-il pas un rapport aussi avec ce Jacquot  rue Gambetta? Jacquot atelier de musique / lutherie)






Villa Saint-Pierre-Fourier 1931-1933, rue Sainte-Odile,
  par Jules Criqui et l'entrepreneur France-Lanord et Bichaton, chapelle ajoutée en 1936.
D'abord, maison de retraite puis logements. Saint-Pierre- Fourier (1565-1640) fonda avec le mère Alix Le Clerc la congrégation Notre-Dame consacrée à l'enseignement des filles. Bel escalier art déco à l'intérieur. Dans la chapelle, deux vitraux du maître-verrier Joseph Benoit (la Vierge et le Bon Pasteur). (photos de l'intérieur issues de "Villers au fil de ses châteaux et monuments")



Villa Baudin, du nom du pharmacien Chales Baudin
Jules Criqui architecte 1930

Rue des Trois-Epis, Villers-les-Nancy



Villa de l'ingénieur Henri Friès, par l'architecte Jean Bourgon en 1930
avenue France-Lanord, Villers-les-Nancy





1931-1932 Villa Joseph Herr par l'architecte Marcel Balland
Ferronnerie par  Marcel Parant






Maison Georges, avenue France-Lanord par Marcel Balland 1929
Vitraux par Georges Bassinot et ferronnerie Marcel Parant


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Raphaël Oudeville est connu en particulier en 1929 pour la cité Senn  (ou cité Oudeville aujourd’hui) à Villers-les-Nancy et pour l’hôtel Foch, …

L'hôtel Foch  a été racheté en 2014 par le groupe parisien Parfires. De gros travaux sont entrepris avec comme objectif de faire de ce lieu un hôtel 3 étoiles.

L'hôtel Foch est en partie caché au fond de l'impasse Saint Antoine  débouchant sur l'avenue Foch donc près du nouveau Centre de Congrès.

L’hôtel Foch a été édifié à Nancy en 1933 sur les plans de Raphaël Oudeville, un des architectes modernistes les plus renommés de Nancy. Natif des Vosges, il a repris le cabinet de Lucien Weissenburger, un des plus grands architectes Art Nouveau de la ville. Ce bâtiment est l’un des beaux témoignages de l’architecture d’entre les deux guerres.

La façade est traitée en dents de scie (photo ci-dessous) afin d’améliorer la luminosité et la vue. Baptisé le  gratte-ciel de l’avenue Foch,  il est de style art déco et se distingue, outre la façade par une montée d’escalier d’inspiration Prouvé avec rampe en aluminium et un béton peint en blanc ainsi qu’un poteau central jusqu’au 6ème étage faisant penser à une cheminée de paquebot. L’escalier et les vitraux seront heureusement restaurés et conservés lors des travaux.




L'hôtel Foch était au départ une extension de la brasserie des Deux- Hémisphères située Place Thiers (aujourd'hui place Simone Weil).
L’hôtel Foch de Raphaël Oudeville a remplacé en 1933 deux petits établissements de restauration.

Ce qu'on en dit en Octobre 1933 dans la presse locale:

Hôtel des Deux-Hémisphères.

Au coin de l'avenue Foch et de l'impasse, ancien tronçon de la ruelle Saint-Antoine, s'élève un gratte-ciel destiné à l'agrandissement de la Brasserie des Deux-Hémisphères.
(Vidalenc, propriétaire).

La qualité variable des immeubles au voisinage de cet édifice et l'étroitesse de la façade sur rue imposaient, à cette construction deux sujétions: une indépendance absolue d'ossature (visible sur les photos satellite) et la recherche difficile de vue acceptable pour des chambres d'hôtel.
L'utilisation judicieuse du béton armé a permis de résoudre élégamment ces problèmes délicats.
Le bâtiment forme une varitable lanterne rectangulaire dont la façade principale, largement, oblique sur l'Avenue Foch, est traitée en dents de scie pour présenter des jours directs pour chaque chambre en direction de l'Avenue.
Architecte: M. Oudeville. — Béton armé: Système Hennebique — Entrepreneurs: Bichaton et Cie.






Vitraux de Georges Bassinot restaurés par l’Atelier Bassinot-Hervé Frères, escalier "à  la manière de  Prouvé", escaliers donnant un aspect "cheminée de paquebot"


Le vitrail " Art nouveau " est signé Georges Bassinot et se trouve au rez-de-chaussée de l’hôtel Foch à Nancy. Il vient d’être restauré par l’Atelier des frères Hervé situé 16 rue des Cristalleries. Georges Bassinot, élève de Victor Prouvé, a créé cet atelier en 1925, soit huit ans avant la création de l’hôtel. Jacques son fils lui succède en 1953 jusqu’en 1988, date à laquelle ses deux cousins, Jean-François (Jeff) et Jean-Luc Hervé prennent la relève.

Les  Monuments Historiques  font les dernières recommandations fin 2014 pour que ces œuvres d’art situées dans un établissement classé respectent le lieu. Ces vitraux datent de la création de l’hôtel en 1933.

La signature de Georges Bassinot est visible . Les vitraux ont été heureusement protogés par des planches et ce pendant des années, par les anciens locataires de la boutique du coin Foch/ Saint-Antoine (Adecco probablement ).



Les vitraux Art Déco de Georges Bassinot sont visibles impasse Saint-Antoine.


On retrouve les œuvres de ces trois générations de maîtres-verriers un peu partout. L’entreprise actuelle des frères Hervé est également très active dans le domaine de la restauration de vitraux.
Les maîtres verriers Hervé sont les grands spécialistes de la restauration des vitraux de l’Ecole de Nancy.
On citera par exemple la restauration du vitrail " de la Salle " de Jacques Grüber en 1999 (verrière aux paons et aux colombes du Musée de la rue Blandan), les verrières décoratives de la Maison Schott, les vitraux de la Maison Bergeret à Nancy, la verrière du plafond de la salle Poirel (*), Mathieu de Dombasle dans la chapelle de Pixérécourt,….. Une maison sur dix aurait une verrière, une imposte, à Nancy. Les frères Hervé ont donc beaucoup de travail ! Sans compter sur plus de 350 églises qui ont déjà fait l’objet de restauration de leur part.



(*)

Verrière-tableau (restaurée) de la salle Poirel (1888-1889 donc hors sujet art déco) représentant l’allégorie rayonnante de la peinture, couronnée de lauriers, aux armes de Nancy et de la Lorraine. En pourtour, alérions, rameaux de chêne et d’oliviers, chardons et croix de Lorraine. Œuvre de l’artiste lorrain Louis-Charles-Marie Champigneulle (1853-1905).
Photos Micheline Montagne

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Ensemble HBM, dit Cité Senn(*) (1929-1931), aujourd'hui Cité Raphaël Oudeville (photos ci-dessous)
Raphaël Oudeville architecte

L’ensemble HBM (habitations à bon marché) est réalisé à l'époque pour répondre au besoin de logement social à Nancy à la fin des années 20. La société anonyme HBM (devenue aujourd'hui la SLH), aidée par la loi Loucheur, confie é l’architecte Raphaël Oudeville la réalisation de deux immeubles et 16 maisons : maisons le long des rues et immeubles avec cour intérieure protégeant les habitants du bruit, sur les boulevards; l’architecte est influencé par les cités- jardins anglaises et parisiennes et aussi par les Höfe autrichiennes des années 30. Voir les décors peints et la variété des matériaux.
La Société Anonyme d’HBM dirigée par Félix Senn entreprend leur construction en 1929.
Le chantier est réalisé l’entrepreneur- lotisseur France- Lanord et Bichaton.

Inauguration le 30 juin 2014 du bâtiment rénové, reconfiguré :
La façade Art Déco du côté des boulevard d'Haussonville (photo) et de Baudricourt ont été rafraichies alors que, du côté cour, on assiste à une nouvelle configuration avec création de nouvelles surfaces réalisses avec un soucis d'économie d'énergie (bâtiment BBC, géothermie, structures en bois) . La consommation de chauffage et d'eau sanitaire a été réduite par dix. Il s'agit d'une remise à niveau de 37 logements par la Société Lorraine d'Habitat (SLH) dans un soucis de préservation du bétiment originel. Les architectes sont Grégoire André et Rolf Matz. 800 m2 ont été gagnés côté cour (voir photo). Coût total : 5.4M€ HT.

(*) Le recteur Félix Senn était le président de la SLH.




Cité Senn à Villers les Nancy


L'avenue Foch comporte une autre réalisation de Raphaël Oudeville (au 67). L'immeuble a été réalisé en 1928 et peu de personnes le remarquent compte-tenu de la présence des magnifiques immeubles Art Nouveau que sont les immeubles Lombard et France-Lanord, aux no 69 et 71.



67 avenue Foch, Raphaël Oudeville architecte



La "maison Bichaton" de Raphaël Oudeville



La « maison Bichaton » de l’avenue de la Garenne : Géométrisation des formes et rigueur, superbe verrière pour ce chef- d’œuvre Art Déco de l‘entre- deux- guerres.

Auguste Bichaton (1864-1936) est entrepreneur de travaux publics En 1886, Il succède à son père Jules, beau- frère de Jean-Baptiste France-Lanord lui-même entrepreneur. Il s’associe à Emile France- Lanord, l’un des fils de Jean Baptiste France-Lanord. En 1927, les deux associés créent un lotissement, le Parc du Placieux, à l’emplacement de la ferme du Placieux acquise en 1926 (*) (**) (***). Les France-Lanord, et les Bichaton se succèdent alors pour gérer l’entreprise de travaux publics. Liés aux artistes lorrains et aux jeunes architectes de talent, ils réalisent dans cette période d’entre- deux- guerres maisons, pavillons et immeubles dans le style École de Nancy et dans le style Art déco (Modern style).
L’entreprise France-Lanord et Bichaton aujourd’hui à Heillecourt est toujours bien connue des Nancéiens.

La maison d’André Bichaton de l’avenue de la Garenne date de 1937. D’aspect massif et monumental à l’extérieur, elle offre un intérieur raffiné avec verrière aux formes géométriques, Cette verrière est composée de verres blancs imprimés mécaniquement et de liserés verts. Elle éclaire un vaste hall et l’escalier en acier inoxydable du ferronnier Jean Prouvé.
L’architecte est Raphaël Oudeville
dont on connait de multiples réalisations à Nancy. Lorraine Café a déjà présenté les réalisations suivantes :
la cité Senn et l’hôtel Foch
. Le concepteur de la grande verrière n’est pas connu mais tout laisse à penser qu’il s’agit de Georges Bassinot dont la signature est visible à l’hôtel Foch sur une verrière très similaire à celle de la villa Bichaton.

Pour comprendre la « maison Bichaton » (****), il faut se situer entre les deux guerres, après la première guerre mondiale alors qu’une nouvelle politique de logement est encouragée par les autorités pour répondre aux besoins urgents de la population.
On trouve alors trois catégories de réalisations :
- les réalisations bien connues à Nancy du quartier de la Chiennerie (première cité-jardin), la cité Senn au Placieux (association d’immeubles et de maisons mitoyennes).
- les classes moyennes expriment également leurs attentes et de nouvelles rues présentent des immeubles mitoyens caractéristiques de l’époque (rues du maréchal Oudinot et rue Palissot par exemple à Nancy, rue Raymond Poincaré et avenue de la Libération à Laxou, boulevard de Baudricourt et boulevard d’Haussonville à Villers, … Les constructions de Fernand Mascret sont tout à fait caractéristiques (sculptures de fleurs stylisées avec parfois balcons aux formes variées, jardinière en façade, cannelures, ressauts,…).
- enfin les Nancéiens les plus aisés font réaliser des maisons ou accèdent à des immeubles haut de gamme aux décors Art déco plus ou moins chargés. Citons l’avenue Anatole France, l’avenue Boffrand à Nancy et le Parc du Placieux à Villers (avenue France-Lanord,…). La maison Bichaton rentre parfaitement dans cette dernière catégorie.


(*) Alors propriété de la famille Scitivaux de Greiche.

(**) On retrouve dans le quartier du Placieux une avenue France-Lanord et une rue Auguste Bichaton.

(***) Sur le Placieux :

L’endroit boisé s’appelait le Rayeux jusqu’en 1829 et l’on sait que Louis XIII et Richelieu y avait établi une ligne de siège en 1633 (carte du siège de Nancy). Pourquoi le Placieux ? le nom vient d’un petit pont de bois ou « planche » qui enjambait le ruisseau de Saurupt. Le nom devient Planchieux, Plancheul, Plancieux. Une ferme s’y installe dont hérite en 1881 Geneviève de Scitivaux, future Mme de Vasselot qui vendra le lieu en 1926 aux entrepreneurs France-Lanord et Bichation.

(***) Gilles Marseille, enseignant chercheur de l’université de Nancy 2 ; revue « péristyles » numéro 28 Cahiers des Amis des Beaux-Arts de Nancy Association Emmanuel Héré.


La brasserie Excelsior et plus particulièrement son extension de 1931 sont un bel exemple d'Art déco. On verra en particulier l'escalier de Jean Prouvé et les luminaires.


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Conception rationaliste des espaces, dépouillement des façades, toiture terrasse, une rare modernité pour 1926-1929  (Siège de la Société des Hauts- Fourneaux de Pont-à-Mousson.

Cité Universitaire de Monbois 1930-1932 Jean Bourgon. Modernité dans le logement étudiant.  Immeuble très novateur à l'époque, mobilier métalique Jean Prouvé, fenêtres à guillotine et toits-terrasses ......360 chambres de 15m2 alors.

Lauréat en 1925 d'un concours, Jean Bourgon réalise avec Charbonnier son premier grand projet, la Caisse d'Epargne de Nancy, dans un style classique devant rappeler la Place Stanislas. (1923-1929)



Autre vue de la cité Universitaire de Monbois




Verrière de la Caisse d'Epargne de Nancy avec vitraux de 1928 par Jacques Gruber. L'imposte avec inscription représente fidèlement la Porte Saint-Jean, là où se situait la Caisse d'Epargne fondé en ce lieu en 1834. Le motif s'inspire d'une lithographie datant de la fin du 19ème siècle.
verre transparent : verre américain, double, à plusieurs couches, gravé à l'acide, grisaille sur verre ; plomb (réseau)
description:    Ensemble de 7 panneaux rectangulaires dont une porte à deux vantaux.
Verre mécanique



Caisse d'Epargne de Nancy, les verrières du bas de la porte (référence photo précédente) en verre gris-bleu, avec village, corne d'abondance, arbre fruitier, béquille et usines rappellent l'agriculture et l'industrie en Lorraine. (Gruber, maître-verrier)



Caisse d'Epargne de Nancy, belle rampe d'escalier par Jean Prouvé, ferronnier

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Verrières de Grüber au siège de Pont-à-Mousson, en relation avec les fabrications de tubes de la société. Aujourd'hui le siège de PàM est propriété le la Communauté Urbaine du Grand Nancy

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La verrière "Art Déco" réalisée par Georges Janin en 1923. Ses vitraux sont nombreux à Nancy; l'oeuvre est située au 19 rue Gambetta à Nancy.
Frise de lauriers, lyres décorent ce qui fut l' ancienne lutherie Jacquot.
Pour ce qui est de la présence du Dieu Pan charmant les colombes, au-dessus de la verrière à l'extérieur, il n'en reste plus grand chose (photo à droite). Rien d'autre à ma connaissance concernant d'autres "trésors" situés à une certaine époque dans la cour, sans doute ont-ils disparu.
Le décorateur peintre serait Ramel et l'architecte du lieu Emile André.



le dieu Pan charmant les colombes, verrière intérieure

FACTEURS - FABRICANTS DE PIANOS à NANCY entre 1800 et 1936
ELEMENTS BIOGRAPHIQUES

Les Jacquot de Nancy ont été essentiellement des luthiers originaires de Mirecourt qui se sont acquis une solide réputation pour leurs instruments. Le créateur de cette lignée de quatre générations de luthiers a été Charles Jacquot né le 9.7.1804 à Mirecourt, fils de Henry Jacquot, tailleur d’habits (ca 1766 à Mirecourt), et de Marie Catherine Siry. Après son apprentissage chez Nicolas l’Aîné puis Breton à Mirecourt, il vient s’installer à Nancy en 1824 où il travaille comme ouvrier compagnon (chez Stezle ou Warnecke ?). Trois ans après, il ouvre son atelier et son magasin de musique au 19 rue de la Poissonnerie (2, 22, 42). Le 10.1.1827, il épouse, à Nancy, Catherine Vuillaume, née le 3.4.1806, fille de Claude François Vuillaume, piéton de sous-préfecture et d’Agnès Leroy. Ce couple aura un fils, Pierre Charles né le 10.3.1828 à Nancy qui deviendra également luthier. Celui-ci épousera Clémence Gillet dont il aura deux fils : Etienne Charles Albert (18.9.1853 – 26.8.1915) et Jules Victor (né le 12.8.1855). Tous les deux se consacreront également à une lutherie très appréciée. Promu Chevalier de la légion d’Honneur, Pierre Charles Jacquot est décédé le 19.1.1900 en son domicile 17 rue Gambetta. Outre ses qualités de luthier, Albert Jacquot a été un érudit historien de la musique et des instruments de musique. On lui doit de nombreux articles (Répertoire des instruments de musique, lutherie ; in (15), dont un opuscule sur les facteurs d’orgues et de clavecins des 17° et 18° siècles (43, 44).
Selon L. Verbeeck (1), Pierre Charles et ses fils ont également été fabricants de pianos comme l’attestent leurs signatures dans les instruments sortis de leurs ateliers de la rue de la Poissonnerie/Gambetta entre 1878 et 1890. Comme luthier d’abord, puis fabricant de pianos (vendant probablement sous son nom, comme Metzner, des pianos qu’il achetait chez un autre fabricant), il était donc contemporain et en concurrence avec Mangeot, Staub et Metzner, les deux premiers étant, sinon leurs fournisseurs, assurément mieux équipés car produisant industriellement. On ne sait jusqu’à quand cette production, apparemment commencée autour du départ des Mangeot pour Paris, s’est maintenue. Il ne semble pas qu’elle ait été la vocation première de la maison Jacquot. La maison Jacquot a été une sérieuse concurrence pour celle de C. Metzner (et réciproquement) établie à seulement quelques dizaines de mètres dans la même rue.




Violoncelle de Pierre Charles Jacquot fait à Nancy en 1888, portant étiquette de C. Jacquot,  marques au fer et date de 1888 sur le tasseau de devant.

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Sculpteur et peintre, Auguste Vallin (fils d'Emile Vallin bien connu) est né à Malzéville en 1881 et meurt à Nancy en 1967. Ici, maison Corbin.





Avenue Foch, Commanderie


Deux ou trois immeubles aux formes ou décors singuliers retiennent notre attention:
- au 80 (à droite de la photo), les architectes Jacques Ogé et Henri Gilbert réalisent cet immeuble pour le compositeur et professeur au conservatoire Louis Thirion. Immeuble de 1924, aspect germanique avec un oriel et un fronton remarquables. Belle porte en ferronnerie. Sculpture avec corbeille de fleurs.
- au 80 bis, une réalisation des mêmes architectes. Lucarnes jumelées avec casquette en béton armé. Belle porte également.
- au 84, immeuble de 1926 par Marcel Salmon. Crépi uniforme et non plus motifs classiques des années 1920-25. Souches de cheminées.


Au rez-de-chaussée du 82, joli décor pour l'appartement des parents de
  Pierre Henri Marie Schaeffer (Henri le père, professeur de violon lié à la famile Majorelle et Sidonie Lucie la mère cantatrice, professeur de musique), le père de la musique concrete et électroacoustique
Sur ce nancéien, on lira ceci et cela

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Immeuble Isidore Leroy, rue Gilbert par Alfred Thomas 1929 (référence)
demande de construction 20 mai 1928
(société anonyme des Etablissements Isidore Leroy de Ponthiérry)



Intérieur du bel immeuble art déco d'Alfred Thomas de 1929 avec ascenseur/  ferronneries Jean Prouvé. Les belles verrières d'escalier par William Geisler  (rue Fabert Nancy, maître verrier intervenu pour les verrières de la maison "Les Cigognes" de Saurupt)



Immeuble rue de la Commanderie, par Alfred Thomas 1926,
entrepreneurs Dancelme et Sieber



Alfred Thomas (Nancy 1878-1950), Beaux-Arts de Nancy où il est l’élève de l’architecte Lucien Bentz. En 1911, il est nommé architecte de la Ville de Nancy après Jasson, poste qu’il occupe jusqu’en 1920, date à laquelle lui succède Frédérick Wielhorski qui construira avec lui, en 1937-38 la Bibliothèque de la Faculté de Lettres et de Droit, Place Carnot mais sa contribution la plus importante est l’Ecole Régionale d’Infirmières (photos ci-dessus) et l'agrandissement de la synagogue (1934-35). La synagogue  a été construite de 1787 à 1788 par l'architecte Augustin Charles Piroux, auteur de la synagogue de Lunéville. Agrandie et remaniée en 1841 et 1861, elle reçoit une nouvelle façade en 1935, dessinée par l'architecte Alfred Thomas, au moment de l'ouverture du boulevard Joffre. Elle porte l'inscription « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».



Ancien hôtel de la Mutuelle de l'Est 24-07-1928, place de la Croix de Bourgogne
Première réalisation de Fernand Mascret à Nancy,associé à Marcel Rheimbert
Tour en angle, frontons ceintrés,mosaïque bleue, ferronnerie géométrique, arêtes vives
Destiné à des bureaux et habitations



1933 maison du professeur Henri Vermelin par Jacques et Michel André
place de la Croix de Bourgogne
Hyper sobriété




1932, réalisation par Raphaël Oudeville, avenue Boffrand.
Tuiles rouges, pierre de taille et briques jaunes
Arcs polygonaux, quelques sculptures de roses et ferronneries en forme d'écailles.




Avenue Boffrand, par l'architecte Henri Sieber, belle maison de 1925
quelques fleurs à forme géométrique et pierres de taille


Rue de Graffigny par Henri Gilbert, hôtel particulier de 1929
Pureté des lignes



Immeuble de 1934 par Fernand Mascret rue Palissot, entrepreneur Cadorio Charles
Entrée avec ressauts, balcons en forme de prisme, crépi rugueux




Boulevard du Maréchal Foch à Laxou
Lotissement du Pont-de-Villers par l'architecte Fernand Mascret 1933
Ressauts, pignon à redents, corniches, horzontales




Autre immeuble de Fernand Mascret (1938), rue Palissot et

Immeuble de 1933 donc même époque par l'architecte Auguste Philippon avenue de la Libération à Laxou; hautes cheminées, cannelures, ressauts, variété des motifs géométriques.




Le monstre de cet hôtel particulier rue Palissot évoquerait le mythe antique du Jardin des Hespérides dont Héraclès doit cueillir les précieux fruits.
Des sculptures représentant des pommes sous un balcon rappellent également le mythe des pommes d’or.
La maison, datée de 1925, a été réalisée suite à un permis de construire accordé le 15/07/1923. Arthur Charles Grabenstaetter industriel au 69 rue du Faubourg Saint-Jean a demandé à son beau-frère l’architecte parisien Raymond Delaitre de réaliser cette maison. Ce dernier, second grand prix de Rome était l’élève de Henri Deglane, qui fut l’un des architectes du Grand Palais. A.C. Grabenstaetter était administrateur des Tanneries et corroieries réunies à Champigneulles, raison sociale résultant d’une fusion des établissements Biehlmann, Grabenstaetter et Bintz.

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du temps du Prisunic dans les années 70-80, avant d'autres enseignes,....Zara






Ancien magasin Majorelle rue Saint-Georges par Paul Charbonnier vers 1921
Belle mosaïque avec motifs géométriques et floraux

Pour les ateliers Majorelle, voir ICI

ce qu'on écrit en Août 1921:

"Le mois de juillet a vu rouvrir à Nancy l'importante maison Majorelle, anéantie comme ou sait, en octobre 1917, par les avions boches.

 Cette grande firme d'art a été reconstruite entièrement dans un cadre simple et agréable, mais sur un plan grandiose, qui en fait une des maisons industrielles et commerciales les plus considérables de toute la France.  La Maison Majorelle a su s'entourer d'un personnel  d'élite et qui a fait ses preuves; elle expose, à tous ses étages et dans ses merveilleuses galeries, des meubles d'art et d'ameublement de tous les styles, anciens et modernes, les verreries de Daum. des grès des frères Mougin, des bronzes, marbres, biscuits, des tapis et des tentures, carpettes d'Orient anciennes et modernes, tout ce que le luxe et le bon goût ont su créer avant et depuis la guerre.  La Maison Majorelle aura tôt fait de retrouver son élégante et nombreuse clientèle de jadis, renforcée de tous les étrangers de passage à Nancy."

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Immeuble 6 rue Gilbert à Nancy construit en 1928-1929 par l'architecte Alfred Thomas pour l'entreprise de papiers peints Isodore Leroy et Fils. Les portes métalliques et les garde-corps sont réalisés par les ferronniers Jean Prouvé et Zimmermann, les menuiseries métalliques des fenêtres par Louis Bleyssen et les verrières de l'escalier par le maître-verrier William Geisler (13 rue Fabert, Villers-les-Nancy) (voir)

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Ci-dessus, Villa Bonnabel, vers 1928 construite par l'architecte Paul Reynal Thiébaut pour Félix Bonnabel, directeur de la Biscuiterie Lorraine. Ornementation Art déco de la maison, avec vitraux de Georges Janin avec verres mécaniques incolores dessinant compositions florales ou abstraites. Le mobilier est de Jules Cayette. (3 photos Ville de Nancy, Nancy Focus)

(informations Gilles Marseille)





Détail de la façade de l'hôtel-brasserie Palais de la Bière construit entre 1924 et 1926 par l’architecte  P. Le Bourgeois (ce qu'on en dit à l'époque). Style géométrique, arêtes vives, décor de houblon très stylisé.
Le maître-verrier Georges Janin a créé en 1926 ce beau vitrail pour le Palais de la Bière, le miracle de Saint-Arnould (patron des brasseurs). Cette oeuvre a été rachetée par le département et déposée au Musée de la Bière de Stenay où elle est passée dans les collections (en entier et détail)



1924 petit immeuble réalisé par Marcel Salmon avec tête de Gorgone et serpents; céramiques en façade.



Porte d'entrée de l'immeuble réalisé par Marcel Salmon (1924), belle ferronnerie.







Ancienne banque d'Alsace Lorraine du 2-4 rue Saint-Jean et ses sculpures de Clodion vers 1910, immeuble démoli en  1928 remplacé par la construction de  Raphaël Oudeville. La façade sera ensuite modifiée en 1931 par Pierre Le Bourgeois 
avec le concours de Jean Prouvé pour la réalisation de la façade rideau et des colonnes en inoxydable et verre. La banque détruite était décorée de délicates sculptures de Claude Michel dit Clodion, sculpteur nancéien (1738-1814), petit-fils de Sigisbert Adam. On connait de lui ses jolis bas-reliefs avec amours, en façade de l’immeuble voisin de la rue Saint-Dizier

 Photo du haut, immeuble en 1910 puis en dessous l'immeuble occupé par Armand Thiéry en 2021 et en bas,  l'immeuble Oudeville modifié Bourgeois occupé par Gillet Lafond
.



6 rue Emile Gallé, maison de 1934 par Raphaël Oudeville.

Béton armé et très larges balcons courant sur deux façades, toit terrasse (à l'origine). Fort contrate entre le crépi ocre et la blancheur des balcons et des parties en saillie. Beaux vitraux d'entrée par Georges Bassinot.




14 rue Jacquot de France, maison par Charles Masson de 1929. Formes variées, parties avec avancées et retraits. Jardinières sont intégrées, à divers niveaux.





Rue du Maréchal Oudinot, art déco; entrées par Charles Masson photo du bas


De l'art déco au mouvement moderne

Une maison est une mécanique utile et agréable, utile avant tout (André Lurçat).

Quand on reconstruit un pays, un architecte a plus besoin d’une règle à millimètres que de fers à friser les balcons (André Lurçat).

Le renouveau de l’architecture, le mouvement moderne annoncé par le Comité Nancy-Paris (1923-1927) ne séduira pas le Grand-Nancy qui n’apprécie pas la « nudité » des projets présentés lors des expositions dont celle de 1926.

 Les courbes et les fleurs de l’Art Nouveau puis les décors géométriques et les fleurs stylisées de l‘Art Décoratif sont trop présents  dans des milliers d’immeubles et maisons. Le manque d’ornement sur des maisons de forme cubique n’intéresse pas les architectes locaux. Lors de l’exposition de 1926 du comité Nancy-Paris où l’on retrouve à la galerie Poirel sur 500 m2 photos, dessins, projets, maquettes et les noms d’André Lurçat, Jean Prouvé, Jacques André, Albert Michaux, aucune présentation n’est faite d’une quelconque architecture nancéiennne. L’objectif de cette exposition est de d’enregistrer les premiers résultats de la construction nouvelle en France, Allemagne, Belgique, Suisse, Autriche,

On notera tout de même le succès local en 1927 de la conférence d’André Lurçat sur « l’architecture moderne ».



Document du groupe Nancyretro / JP Puton


Pour situer les grandes réalisations de la période très orientées sur l’art déco et éloignées de l’évolution internationale du mouvement moderne architectural :

          - 1924 Cité-jardin de la Chiennerie

          - 1925 Caisse d’épargne de Nancy 1922 par Jean Bourgon LE grand architecte de Nancy, prix de Rome ;

          - 1926 Parc du Placieux

          - 1926 Reconstruction des Magasins Réunis par Pierre Le Bourgeois ;

On pourra à ce propos lire les évènements liés à cette reconstruction "art déco" après que les Magasins Réunis "art nouveau" aient brulés en 1916, à savoir un effondrement le 4 décembre 1926. Sur les raisons de cette catastrophe, diverses hypothèses ont été avancées sans que la raison exacte ait pu être précisée

          - 1928 Siège  de la société des fonderies de Pont-à-Mousson par Jean Bourgon.

On peut dire que si l’exposition de 1926 du Comité Nancy-Paris n’a pas suscité d’adhésion, le doute s’est probablement installé dans mes esprits des grands architectes locaux tels Bourgon, Oudeville, Jacques André,…

Un exemple d’architecture moderniste peut néanmoins être cité qui est la maison de l’artiste Emile Bachelet rue Lothaire II, maison réalisée en 1925 par Henri Antoine qui fait également appel à Jean Prouvé. On retrouve comme dans les propositions d’André Lurçat qui a probablement eu une influence sur Bachelet, la présence de volumes cubiques blancs, de toit plat, de terrasse, d’ouverture simplissime sans encadrement. Ces formes architecturales simples et belles passeront toujours inaperçues, à fortiori  aujourd’hui puisque la maison initiale a été très dénaturée dans les années 40.


Maison-atelier d'Emile Bachelet 1925. Architecte Henri Antoine, intervention de Jean Prouvé. Photo 2015.

Bas-reliefs d'Emile Bachelet.

Maison d'Emile Bachelet en 1925 et sa maison à Paris (6 Villa Seurat,1927, architecte/ Maître d'oeuvre Émile Just Bachelet et Brigitte Métra) modifiée récemment, dans le style Bauhaus.

Que trouve-t-on à Nancy issu de ce mouvement moderniste et du Congrès de 1926 ? Quelques réalisations du début des années 30 peuvent rappeler sur tel ou tel point les principes de ce mouvement. On retiendra par exemple :

-          les fenêtres bandeaux de l’architecte Albert Michaut ;

-          la villa du docteur Aubriot rue de la colline (1933) ;

-          le projet de la maison Prouvé rue de Santifontaine, jamais réalisé (1930) ;

-          les trois maisons Majorelle de la rue de Santifontaine (1933-1935).

-          L’hôtel Foch par Raphaël Oudeville avec la façade particulière (voir dans cette page), son toit plat, ses murs blancs (1933);

-          La coupole de la bibliothèque de la faculté de médecine par Jean Bourgon (1932) :

-          La maison Colbert-Beaulieu par Georges Vallin avec ses terrasses (1933),

La maison dite Majorelle réalisée par les frères Jacques et Michel André rue de Santifontaine destinée à Georges Francin aussi bien que le musée de zoologie des mêmes architectes ont été plus influencées par l’architecte Frank Llyod Wright que par le mouvement moderne européen.




Maison dite Majorelle de Georges Francin par les frères Jacques et Michel André (1933) (l'Architecture 1937) et plan de façade de la maison pour Jean Prouvé, maison non réalisée (projet par les frères André), rue de Santifontaine

Fenêtre en bandeaux de deux maisons d'Albert Michaut (1930), rue Ernest Albert Laxou/ Nancy
(selon les principes ici modifiés par le temps, principes énoncés par Le Corbusier ou Lurçat: architecture blanche,  toit-terrasse, fenêtres en bandeaux)

Musée de zoologie par Jacques André (1933)

Bibliothèque de la faculté de Médecine 1931-1932 et 1936-1937 par Jean Bourgon avec sa vaste coupole de béton et pavés de verre; symétrie du bâtiment


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Immeuble Gillet-Lafond
Voir



Immeuble construit en 1923-1924 par l'architecte Pierre Le Bourgeois (1879-1971) pour abriter l'atelier de fabrication et l'entrepôt ainsi que quelques logements pour cadres des magasins Gillet-Lafond.  " Le jour central de l'escalier est occupé par un ascenseur (cabine à deux vantaux en bois mouluré) enserré dans une cage métallique à décor géométrique ; sa porte métallique est orné d'un motif en forme de pilastre ionique très stylisé surmonté de trois roses géométrisées (motif et traitement typiques de l'Art déco)."
(copyright Région Grand Est Patrimoine.)

Ce qu'on en pense en Août 1924: "Un gros travail central qui nous a beaucoup intéressé et qui touche à sa fin, c'est la totale transformation de la rue de la Vénerie ou Guerrier-de-Dumast, tant qu'à sa voirie si défectueuse, qu'à ses immeubles en bordure. La maison Gillet-Lafond a fait construire de vastes et hauts ateliers en ciment armé, d'une architecture originale qu'on a pu critiquer à cause de leur hauteur excessive.

Ce bloc désagréable disparaîtra le jour où l'on reconstruira la maison Fauquinon et où l'on surélèvera tout l'angle.de la place Carnot. L'harmonie reparaîtra alors quelque peu dans ces parages, car il ne faut plus songer à continuer la noble et majestueuse architecture de la maison Bellieni. "


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Villa Colbert-Beaulieu



 Villa Colbert-Beaulieu rue Saint-Cécile dont l’architecte est Georges Vallin.

Cette villa de  Juillet 1933 reprend les orientations de l’architecture moderne avec la présence de terrasses et le minimum de décor. Georges Vallin s’est-il inspiré des idées du Comité Nancy-Paris ou d’André Lurçat ou encore de ce qui se faisait hors Nancy ? L’abandon du décor va encore s’accentuer dans la seconde moitié des années 30 avec les architectes locaux Fernand Mascret ou Charles Masson. Dont on connait des centaines de réalisations dans le Grand Nancy.


La deuxième moitié des années 30, on assistera progressivement à une orientation architecturale s’affranchissant des ornements, en particulier chez les architectes ayant réalisé de nombreuses maisons ou immeubles de rapport tels Fernand Mascret et Charles Masson.
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Un architecte créatif, une architecture singulière à l'époque des 30 Glorieuses L’ancien magasin de fleurs Christophe à Nancy réalisé par Maurice Baier en 1968. Cet ancien magasin (mouvement moderne) a été réalisé en collaboration avec Francis Poydenot. (179 av du général Leclerc).
Un comité de sauvegarde  a défendu le bâtiment face à un projet initial de démolition.

A l’intérieur, l’espace est organisé autour du puits de lumière situé au centre de la toiture, qui constitue le centre de la composition hélicoïdale du bâtiment, et est destiné à apporter de l’éclairage aux plantes. Les architectes considèrent que l'édifice est dans le courant de l'architecture organique, par la recherche de la fluidité des circulations, l'emploi de formes courbes et l'emploi de matériaux naturels laissés brut.(photo ci-dessus)
 La forme du bâtiment s’inspire de la croissance des fleurs, en particulier des roses suivant un dessin hélicoïdal. On remarque en façade principale une verrière avec structure métallique. Des moellons de différentes couleurs (ocre, beige,..) et de différentes formes constituent les autres parois de l’édifice ; ils proviennent de la carrière de Villacourt. Une rampe est visible entourant la toiture de la serre ; la terrasse est conçue pour être un espace d’exposition (cf)

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L’ancien château d’eau Saint-Charles, construit en 1908 par France-Lanord et Bichaton suivant les plans de Eugène Griffon, est l'un des premiers bâtiments en béton armé conçus selon le procédé de la société Hennebique. Reconversion pour la société Batigère (alors Société HLM de l’Est) en immeuble d’habitations (18 logements) par Claude Prouvé et Jean-Luc André en 1988, réalisation Nancy Construction à Heillecourt.

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Ancienne manufacture des tabacs de Nancy reconvertie en 1980-90 en pôle culturel.

L'utilisation du verre et de panneaux métalliques préfabriqués pour le pôle de gestion (rue Désilles) contraste avec l'architecture traditionnelle avec pierre de Jeumont et briques. Horloge avec inscription de la date de fin de construction 1869, et décors sculptés rue Baron Louis.

Dates- clés des évolutions du site :

1863-1869 : Construction (architecte Gutton)
1968 : Abandon d'une partie de l'activité sur Vandoeuvre
1984 : Revente du site à la Ville de Nancy
1986 : Fin de la construction du Théâtre de la Manufacture (architecte B. Jouaux, JP Corneveaux)
1987 : Fin de la construction du Conservatoire (Agence AUA Lorraine)
1989 : Pôle universitaire de gestion (architectes Agence Beaudouin)
1991 : Fin de la construction de la Médiathèque (Architectes Agence François et Henrion)
         Puis différents aménagements et rénovations

voir ICI

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La  disparition de l'ancien quartier Saint-Sébastien,
ici la rue Clodion  photo Gérard Trotot 1961
le building Foch 1958-1960 , boulevard Joffre, architecte Charles Désiré Bourgon
 (photo Dadu Jones)



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LABEL ARCHITECTURE CONTEMPORAINE REMARQUABLE en Meurthe et Moselle


DIRECTION DES AFFAIRES CULTURELLES GRAND EST
CONSERVATION REGIONALE DES MONUMENTS HISTORIQUES

Les réalisations  architecturales suivantes ont été retenues:


- la villa Bichaton à Art-sur-Meurthe, 22 av de la Chartreuse /  1962-1964  Architecte : Dominique-Alexandre Louis
- la maison Picard à Dommartemont 1 Chemin d'Amance / 1956-1958  Architecte: Dominique-Alexandre Louis Robert Anxionnat, architecte d'intérieur-  Camille Hilaire
- l'église Saint-Laurent à Azerailles 1952- 1954  Architecte Jean Bourgon
- Flirey, village de la première reconstruction Emile André 1919-1928
- Musée de l'histoire du fer et Centre de Recherches de l'Histoire de la Sidérurgie (C.R.H.S.)
1963-1966 (construction ) et 1984-1987 (extension)
Architectes: Jacques et Michel André, Claude Prouvé, Jean-Luc André, André Faye
- l'église Saint-Paul Laxou 1961-1965 Pierre Mazerand, architecte
- ancien siège de la société nancéienne de crédit industriel (SNCI) 1971-1973 Jacques et Michel André Claude Prouvé Jean-Luc André
- usine Lerebourg à Liverdun 1908- 1948 César-Millery André et Clément Georges architectes
- anciens grands bureaux de Senelle- Maubeuge Longwy Herserange 1929 Pierre Le Bourgeois Jean Zimmermann
- ancienne usine des fûts et bidons metalliques de l'est 1946 à 1957 Fernand Cesar       Raymond Malot
- maison Ledermann Lunéville 1966 Robert Anxionnat architecte
- ensemble résidentiel "les balcons de Velchée" Malzéville 1982 Jean-Luc André Claude  Prouvé André Faye
- chapelle de la Vierge-Aux-Pauvres  Marbache 1955 Dominique Alexandre Louis
- chapelle Notre-Dame-De-Lourdes Mercy- le- Bas 1962-1964 Jacques Duvaux, architecte
- Chapelle de Lumière, Mousson 1959-1061 Robert Parisot, architecte
- église Sainte-Anne Nancy 1956-1960 Pierre Prunet, architecte
- centre de transfusion sanguine et de réanimation Nancy 1961-1964 Dominique-Alexandre Louis
- tour Joffre-Saint-Thiébaut Nancy 1960-1963 Henri Prouvé, architecte
- grands moulins et silos Vilgrain Nancy 1919 et 1946 Pierre Le Bourgeois Jacques et Michel André, Jean Prouvé / voir aussi
- faculté de pharmacie à Nancy de 1936 à 1966 Jean Bourgon René Lamoise
- lycée des métiers et des industries graphiques Paul- Louis Cyfflé à Nancy 1925-1934 Jean-Frédéric Wiehlhorsky
- foyer du groupe des étudiants du Cours Léopold à Nancy 1926-28, 1930 Jules Criqui, Georges Clément, Paul La Mache
- école nationale supérieure d'architecture à Nancy 1992-1996 Livio Vacchini, Christian François, Patricia Henrion
- cité universitaire de Montbois à Nancy 1928-1932 Jean Bourgon, Paul La Mache
- centre paroissial du Haut-du-Lièvre, Nancy 1963-66 Dominique- Alexandre Louis, Jean Nouvel
- église Saint- Crépin Saint- Crépinien 1928-1932 Piennes  Paul-Alfred Noulin-Lespès ; François Clermont-Virotte, André Poelle
- groupe paroissial Saint-Michel Saint-Max/ Malzéville 1960-1963 Pierre Tauvel
- secteur urbain /  la deuxième construction de Toul 1947-1950 Jean Bourgon, Georges Noël, Gaston Schmit
- chapelle Notre-Dame de l'Espérance du CHU de Nancy-Brabois 1973 Noël Lemaresquier Robert Lebret
- faculté des Sciences et Technologies de Vandoeuvre-les- Nancy 1961-1972  Claude Goclowski, Georges Tourry, Edmond Lay 
- cité Senn / cité Oudeville 1929-1931 Raphaël Oudeville
-hôtel- de- ville et salle des fêtes Maurice Thorez de Villerupt 1962-1965 Roger Gilbert Jean Laporte


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