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Ville-Vieille

Bibliographie:
BNF
Les fortifications
Le Palais ducal par Henri Lepage
Le Musée lorrain,150 ans pour faire l'histoire
Fondation du musée lorrain par Pierre Marot
Sur l'histoire des rues de Nancy (Souhesmes 1899)
Dictionnaire historique des rues de Nancy, Emile Badel (tome 2 de P à X)
Dictionnaire historique des rues de Nancy Emile Badel (tome 1 de A à O)

Nancy en images au fil des décennies, Nancy Vieille Ville (1956-2014)
Evolution urbaine de Nancy, Ville-Vieille et Ville-Neuve
Histoire des Ville- Vieille et Ville- Neuve de Nancy par Jean Jacques Lionnois 1811



Vieille-ville de Nancy avec la Place Saint-Epvre, la basilique, la porte de la Craffe



La porte de la Craffe en 1942
Archives municipales de Nancy Fonds R. Schott

Rappel succinct de la naissance et de l'évolution de Nancy Ville-Vieille

Nancy vient de deux mots celtiques : Nant-ek : Nant, qui veut dire sol arrosé, et ek, suffixe exprimant l'idée de domaine, que l'on retrouve encore, sans changement, dans de nombreuses appellations de localités bretonnes et qui, en Lorraine, a persisté sous la forme cy ou cix pour terminer maint nom de villages. Suivant le génie de leur langue, les marchands, les soldats et les colons romains, établis dans les environs, avaient transformé le gaélique Nant-ek en le latin Nanciacus, et, dans la suite des temps, par contraction et combinaison, ce double nom, après avoir hésité entre Nan- cei et Nanci, devait adopter, définitivement, sa forme actuelle. (Voir les origines de Nancy, "l'Echo de Nancy"  de Mars 1941)


Au 11ème siècle, un castrum de défense est créé par le duc de Lorraine centré sur ce qui sera ultérieurement la place des Dames puis quelques décennnies après un prieuré bénédictin non loin de là avec église, un cloître et un cimetière. Les moines administrent les biens du duc. Le lieu attire des habitants et une deuxième enceinte est créée avec une église, première église Saint-Epvre. Jusqu'à la Révolution deux paroisse existent: Saint-Epvre et la première paroisse Notre-Dame dépendant du prieuré. Au 14ème siècle les Ducs s'installent Grande-rue et la collégiale Saint-Georges est créée.Le schéma suivant précise les enceintes de Nancy jusqu'au 15ème siècle. (cf)




Les différentes enceintes de Nancy (voir aussi Fortifications de Nancy)





Plan de la ville de Nancy à la fin du 16ème siècle (cf)



Le Palais ducal / Musée Lorrain par Léon Voirin (1881) et autochrome Gérardin (1905) (document ENSA-Nancy)
Mais qui est donc ce "Brin d'Amour" "faisant visiter les monuments" aux touristes? Le soldat est René Wiener, dont le père Lucien a commandé le tableau,
le gardien du Palais, un certain Pinglé et L'omnibus de Malzeville conduit par le père Louis .....mis en service depuis 1840

Audioguide du Palais des Ducs de Lorraine- Musée Lorrain

voir aussi : les cartes/ plans de Nancy depuis 1611

ainsi que la Porte de la Craffe, la porte de la citadelle et les fortifications

et La Ville Révélée: animation 3D de Nancy à la Renaissance


Affiche éditée à l'occasion des agandissement/ modification du Musée Lorrain en 1937

Editeur J.Coubé

grande rue
Grande rue
palais ducal
Palais Ducal
Haussonville
Haussonville
Palais ducal
Palais ducal
Hôtel des Loups
Hôtel des Loups
palais ducal
Palais Ducal
porte de la Craffe
La Craffe
Haussonville
'Haussonville
Rogéville
Hôtel de Rogéville
Craffe
Porte de la Craffe
grande rue
Chastenoy
Saint Epvre
Place Saint Epvre

Au moyen-âge, le prince concentre tous les pouvoirs. Ainsi, pour se rapprocher du Duc de Lorraine, les nobles édifient des demeures à Nancy, capitale ducale. Nancy devient capitale Lorraine au milieu du XIVème siècle mais c'est surtout au XVème que de nombreux hôtels sont construits, dans un style gothique. Une période difficile de guerres avec le comte de Vaudémont soutenu par les Bourguignons s'achève en 1431 par la bataille de Bulgnéville, qui anéantit la noblesse lorraine. Après de nouvelles batailles, il faut attendre 1477 (bataille de Nancy) pour que la noblesse et le Duc René II retrouvent leur ascendant. Des demeures de style renaissance sont alors construites.

L'âge d'or de la Lorraine et de Nancy se situe surtout au XVIème et au début du XVIIème siècle (règnes du Duc Antoine (1508-1544), de Charles III (1545- 1608), et de Henri VIII (1608-1624)).




La Porterie sans son duc Antoine - 1837-

La statue de Mansuy Gauvain de 1512 a été détruite à la Révolution. Elle sera remplacée en 1850 par celle exécutée par Giorné Viard.
Gravure de Beuzelin, Ernest-Louis-Hippolyte-Théodore (1808-1845)
Thierry frères. Imprimeur « Grande entrée de l’ancien Palais des Ducs »
Extrait de : Statistique monumentale : atlas : arrondissements de Toul et de Nancy, département de la Meurthe. Bibliothèques de Nancy.


Sur ce Grille de Beuzelin: Ernest-Louis-Hippolyte-Théodore Grille de Beuzelin (1808-1845)
Le jeune archéologue Ernest-Louis-Hippolyte-Théodore Grille de Beuzelin, membre de la Société des antiquaires de France, chargé par Guizot de l’élaboration d’une Statistique monumentale de la France, est envoyé en mission en 1835 pour visiter les arrondissements de Nancy et de Toul.





 - "la Porterie": Portail de l'ancien Palais ducal restauré en 1849 et 1850
Thorelle, Jean-Joseph (1806-1889). Dessinateur

 La porterie présente la statue équestre du duc Antoine de Lorraine sous un impressionnant gâble flamboyant dû à l'architecte Jacques Vauthier en 1511-1512

La statue équestre du duc Antoine de 1850, par Giorné Viard,  a remplacé l'oeuvre de Mansuy Gauvain détruite pendant la Révolution.

Photos de la Porterie  ICI


- Ovale émaillé figurant Antoine de Lorraine (1489-1544)
d'après la statue équestre de Giorné Viard, vers 1850.
Plaque émaillée en grisaille, avec rehauts d'or, dans le style de la Renaissance, représentant la statue équestre d'Antoine, duc de Lorraine et de Bar, dont les armes et la devise figurent sur la housse du cheval. La statue, qui orne la façade l'actuel Musée lorrain à Nancy, a été refaite par Giorné Viard d'après le modèle original.
Email sur cuivre Ventes aux enchères à Amiens le 17/01/2021

Devise sur la housse du cheval : J'ESPERE AVOIR.



Portrait du duc de Lorraine Charles III enfant, en habit vert; suiveur de François Clouet (Tours, vers 1515-Paris, 1572)
 (Drouot 2018)
Ce portrait a été réalisé soit en Lorraine, avant le départ du duc en France, soit peu après son arrivée à la cour de France



Entrée au Palais ducal du cortège funèbre de Charles III (cf)

L'autre grande période pour la construction d'hôtels nobles se situera plus tard sous le règne du Duc Léopold et ensuite sous le règne de Stanislas Leszciynski au XVIIIème.

On trouvera principalement les hôtels nobles édifiés sous le règne de Charles II entre la Grande Rue, la Place Saint-Epvre, la rue d'Amerval, la rue de la Monnaie,la rue Callot.
Les hôtels construits sous le règne de René II sont rue Saint- Michel et rue du Haut Bourgeois.

Les hôtels nobles de la Renaissance XVIème et XVIIème sont situés Grande Rue, rue de la Source, rue Trouillet, comme les hôtels d'Haussonville de Lillebonne, de Chastenoy, de Lunati-Visconti, de Rogéville....


Le Palais Ducal, le Musée Lorrain

René II et ses descendants Antoine, François II, Charles III font reconstruire et modifient le château ducal très endommagé par les guerres bourguignonnes; l'ensemble gothique et renaissance du château est éprouvé par les guerres de Trente Ans et les occupations des armées françaises. Des transformations sont engagées par Léopold lorsqu'il revient dans ses états en 1698 mais aussi bien Léopold que Stanislas délaissent le palais ducal. La Porterie est gravement endommagée à la Révolution. Officiers et gendarmes occupent les lieux aux 18ème et 19ème; on trouve alors écuries et grenier à foin.
La Porterie est intéressante par le mélange de styles ogival et Renaissance; la statue du duc Antoine, détruite à la Révolution a été remplacée en 1851 par une autre de Jiorné Viard. La disposition générale Renaissance est inspirée de celle de Blois: glorification du prince règnant et ornements décoratifs; des éléments gothiques subsistent. Quelques balcons en encorbellement et fenêtres rompent la monotonie d'une façade sobre.


Le Palais ducal avec la tour de l'horloge

Photo Agence Caillault

Sur la réfection de la flèche de la tour de l'horloge

L'incendie du Palais ducal en 1871

Galerie des Cerfs entre 1860 et 1871 / avant et après l'incendie

Claude- Emile Thiéry


Juillet 1871, incendie du Palais ducal et inauguration de l'église Saint-Epvre (en voie d'achèvement ici)

voir ici les restaurations du Palais au 19ème siècle

Le Palais ducal après restauration en 1877 suite à l'incendie

Le Palais Ducal

On pourra lire:

Le Palais Ducal de Charles IV à Stanislas

La restauration du Palais Ducal au 19ème siècle

Le Parterre du Palais ducal en 1673 (anonyme)

La Palais Ducal, gravure de Christophe suivant celle de Deruet contenue dans l’ouvrage « Le Triomphe de son Altesse Charles III »

voir ici

  A: église et bâtiments de la collégiale Saint-Georges, détruits en 1745
  B: église et couvent des Cordeliers
  C: chapelle ducale ou chapelle ronde
  D: Porterie d’Antoine, porte principale du palais. Achevée en 1512, restaurée en 1848 ; surmontée de la statue du duc Antoine, sculptée  par Mansuy Gauvain, brisée en 1792, refaite par Jiorné Viard en 1851
  E:  porche ou vestibule d’entrée
  F: petite porte du palais, porte Masco
  G: échoppes servant de boutiques aux marchands ou ouvriers de la cour
  H: galerie des Cerfs
Salle funèbre, lors des enterrements des ducs de Lorraine.
Bibliothèque publique et salle des réunions de l'Académie, 1750-1765
  I: salle Neuve, salle d'Honneur dans la Pompe funèbre, salle des Comédies ou des Comédiens de la cour en 1683.
Appartement des princes et des princesses en 1715.
  J:  tour de l’Horloge
Dont la flèche est maintenant détruite ; renfermant le grand escalier qui conduit à la Galerie des Cerfs. Au bas et à côté de cet escalier étaient les fours en 1698.
  K: première cour ou grande cour
Entourée de portiques couverts, et dans laquelle avaient lieu les carrousels, tournois, et quelques réjouissances populaires
  L:  corps de logis sans destination connue
Il servait de communication entre les appartements situés dans le fond de la cour et la Salle Neuve et la Galerie • des Cerfs Rez-de-chaussée. — (1698) Cuisines et offices du duc. C'est sur l'emplacement de ce corps-de-logis, détruit, on ignore à quelle époque, qu'était bâti le mur (démoli en 1828) contre lequel se trouvaient (en 1766) adossées des remises, démolies aussi en 1828.
  M:  appartements du duc et des princes
Rez-de-chaussée. — (1698) Partie des cuisines et offices du duc, logement du contrôleur de l'hôtel, passage conduisant de la première à la seconde cour (indiquée dans le plan de 1698), chambres pour les officiers de l'hôtel.
  N: le Rond
Renfermant le garde-meuble de la couronne et le magnifique escalier d'honneur qui conduisait aux appartements du duc et à la salle Saint-Georges. Démoli en 1717.
  O: bâtiment renfermant la salle Saint-Georges, la chambre des Comptes et du Trésor des Chartes, construite en 1489
Ce corps-de-logis fut brûlé en partie en 1627
  P:  corps- de- logis occupé par le Jeu de Paume et la galerie des peintures.
Incendié en 1627 Le jeu de Paume fut démoli en 1705.
  Q: petit bâtiment sans destination connue
Peut-être celui dont il est parlé en 1563 sous le nom de Galerie.
Etait démoli en 1698 et sur son emplacement était un passage qui conduisait de l'intérieur du Palais à la Carrière.
  R: cour des viviers
Il y avait, au milieu de cette cour, des réservoirs pour le poisson, et dans un de ses angles une cage d'escalier enfermée dans une tourelle.
  S: corps- de- logis sans destination connue
  T:galerie ou passage entre le Palais et les Cordeliers
  U: galerie de bois conduisant aux douze loges ou latrines
Elle était détruite en 1698 et remplacée par un mur.
  V: les douze loges ou latrines
  X: tour du trésor des Chartes
Construite vers 1595 et démolie en 1743
  Y: bâtiment dépendant du trésor des Chartes
Probablement occupé par les clercs ou par les gardiens du Trésor.
  Z: galerie du côté nord du parterre
Galerie de bois du côté du jardin, sous René II.
(1698) Offices et cuisines du comte de Vaudémont et logement du concierge (sans doute de ce prince).
  A': orangerie
Avant et en 1698. Peut-être le bâtiment neuf construit en 1610.
C'est probablement à l'extrémité de l'Orangerie que se trouvait la porte qui, du temps de Charles III, donnait accès sur la Carrière.
  B': remise pour les carrosses (1698).
Derrière ces remises était, en 1698, la manufacture des tapisseries de la couronne.
  C': parterre dit parterre d’en-bas
  D': fontaine
Peut-être celle sculptée par Mansuy Gauvain.
  E': rampe du parterre
Ornée des statues de Siméon Drouin. Au bas de cette rampe étaient, en 1698, une pièce d'eau et un réservoir pour le poisson
  F': parterre d’en-haut Dont les berceaux furent faits en 1546, et qui était établi, suivant Lionnois, sur l'emplacement du premier palais bâti par Raoul. 1698 : Bastion des Dames. Aujourd'hui, complètement détruit et faisant partie de la Pépinière.
  F" kiosque du jardin du bastion des Dames
  G': bâtiment de la rue Neuve
C'est derrière celui de ces bâtiments qui touche aux remises des carrosses (B'), que l'on commença à construire, en 1571, les écuries
  H':rue Neuve ou Carrière
Dont la vue a été gravée par Deruet et par Callot, et où avaient lieu les joutes, tournois et carrousels.
  I':corps de garde du bastion des Dames (1698).
C'est près de cet endroit que se trouvait, sans doute, la carrière construite en 1545.
  J': écuries du Palais
C'est près de ce bâtiment que se trouvait la salle d'Opéra (*) construite par Léopold, et qui subit de nombreuses transformations.
 

 (*) On voit, par les pièces justificatives des comptes de l'année 1708, que les menuisiers Poirel et Sevelle « profilèrent l'ordre d'architecture de la ci grande salle de Comédie au palais de la Cour de Nancy  » que les ouvrages de pierre de taille et de maçonnerie furent faits par Sébastien Palissot et consors ; la menuiserie, par Gerardon et consors ; les ouvrages de sculpture par Regnauld Mesny , Bordenave et Pierre - enfin, que Chasse! y fit deux grandes figures en bois, taillées dans des peupliers amenés de Tonnoy. Toutes les quittances de ces travaux sont signées par M. Cléret, contrôleur des bâtiments de Son Altesse, et consignées : Francesco Bibiena ou François Bibiene.
On peut voir les légendes dans le dessin du Palais ducal par Thorelle



Reconstitution du palais ducal en 1705
avec les projets du Nouveau Louvre de Léopold



Collégiale Saint-Georges avant sa destruction par le duc Léopold (en partie) puis par le roi Stanislas
(document groupe facebook nancyretro)



Restitution de la façade de la Collégiale Saint-Georges et plan de 1717 dressé avant sa démolition



Gravure du tombeau de Charles le Téméraire par Jean Crocq (XVe siècle),
 autrefois dans la collégiale Saint-Georges de Nancy (détruite en 1743).




La pompe funèbre de Charles III

"le couronnement d'un empereur à Francfort, le sacre d'un roi de France à Reims,
et l'enterrement d'un duc de Lorraine à Nancy, sont les trois cérémonies les
plus magnifiques qui se voient en Europe." (abbé Lionnois)

Les magnifiques gravures de Brentel et Merian concernant les Pompes funèbres du Duc Charles III en 1608 sont accessibles
 ICI dans l'ouvrage de Claude de la Ruelle.
La cérémonie de la pompe funèbre de Charles III est décrite par l'abbé Lionnois dans son "histoire des villes vieille et neuve de Nancy" tome 1 page 183 vue 205; A la BM de Lyon / Ouvrage accessible ICI




Danses et mascarades au palais ducal de Nancy vers 1625
Musée National Magnin, Dijon
« Danses et mascarades dans un palais », nouveau titre
 
Exécutant : Caullery (1580 vers ; Anvers, 1621 vers) ; nationalité : Flamande
Etiquette annotée, au revers, de la main de M. Magnin : "Claude Deruet - Soirée de marque à la cour de Charles IV de Lorraine, dans le palais ducal de Nancy, depuis détruit par le feu. Le duc, bien reconnaissable d'après son portrait équestre par Deruet (une épreuve au cabinet des estampes) est au premier plan, au milieu, vu de dos, le visage de profil"
Acquisition par le musée Magnin 1938




Une cheminée au Palais ducal fin 19ème



L'incendie du Palais Ducal dans la nuit du 16 au 17 juillet 1871

Voici les détails que donne le Progrès de l'Est sur l'incendie du palais ducal à Nancy : Un effroyable incendie, qui a éclaté hier vers une heure du matin, vient de réduire en cendres le joyau archéologique de la Lorraine, dont Nancy était si fier à bon droit, l'antique palais de ses ducs, les preux ancêtres de la maison d'Autriche et le Musée lorrain, avec la plus grande partie des richesses artistiques qu'il  renfermait. La demeure de René et d'Antoine n'est plus qu'une ruine fumante. La fortune, qui avait jusqu'à présent épargné nos monuments, n'a pas voulu faire grâce à notre ville. Ce désastre nouveau est irréparable. Voilà donc les généreux efforts des patriotes lorrains pour reconstituer l'histoire de leur passé glorieux anéantis en quelques minutes. La bibliothèque lorraine, les tableaux, les bijoux, les chefs-d'œuvre de nos peintres, de nos sculpteurs, tout cela n'existe plus, tout s'est effondré. A peine a-t-on pu sauver quelques précieuses épaves, les tapisseries de Charles-le-Téméraire. des tableaux enlevés au hasard, quelques panoplies et d'autres objets.

Sur la rénovation de la Tour de l'Horloge entre 2005 et 2012





L'un des chefs-d'oeuvre du Musée Lorrain, le lit du duc Antoine et de Renée de Bourbon (page 4 du lien)
Les traverses du lit, les armes du duc Antoine et le motif du bras armé sortant des nuées,
utilisé par la famille de Lorraine depuis le XVe siècle



L'église des Cordeliers, commencée en 1482 fut bénite en 1487. Elle fut bâtie par René II avec le couvent voisin, en remerciement de sa victoire sur Charles le Téméraire. Elle est de style gothique flamboyant mais Léopold a modifié sa voûte.
Le nom complet de l'église des Cordeliers est Saint-François-des-Cordeliers. En effet, l'ordre mendiant fondé par saint François d'Assise en 1209, avait la préférence du duc René II. Le saint est d'ailleurs représenté à deux reprises dans l'église, sur l'enfeu du duc et sur un pilier.



La chapelle ducale






La "florentissime" coupole de la chapelle ducale

La chapelle ronde des Cordeliers est appelée le Saint-Denis de la Maison de Lorraine parce que tous les Ducs y ont leurs tombeaux

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L'église des Cordeliers avant destruction en 1909 de son clocheton alors en mauvais état
Document Y-D Chassagne groupe Nancyretro sur Facebook

L'église des Cordeliers doit son nom à l'ordre des franciscains et fut édifiée à la fin du XVème siècle par René II, au lendemain de la bataille de Nancy.  Sa chapelle, ronde et coiffée d'un superbe octogone à lanternon, est inspirée de celle des Médicis de Florence. La dynastie des Habsbourg-Lorraine reste toujours très attachée à la chapelle funéraire de ses aïeux.





Le retable de ce maître-autel provient de la chapelle Saint-Fiacre de Rigny-Saint-Martin (Meuse) fondée en 1520-1522 par Jean Gerrier, gouverneur de la maison et de l'hôpital du Saint-Esprit de Toul (1516-1550) dont les armes figurent au centre. La date indiquée: 1522. La rangée de Saints qui encadrent l'Annonciation est surmontée d'un très rare groupe de la Trinité: Dieu le Père assis tient la croix du Fils. La colombe qui figurait le Saint-Esprit a été brisée. Sur les banderoles portées par les angelots sont inscrits les sept dons du Saint-Esprit. (texte, église des Cordeliers)





(texte: église des Cordeliers)



Détail du gisant de Philippe de Gueldre (1464-1547), seconde épouse depuis 1485 de René II duc de Lorraine et de Bar, par Ligier Richier (vers 1500-1567), conservé dans l'église des Cordeliers. Exécuté dans trois pierres calcaires de couleurs différentes, il représente la duchesse en habit de clarisse.

Philippe de Gueldre est la mère du futur duc Antoine de Lorraine et aussi de Claude, premier duc de Guise, fondateur de la branche française de la Maison de Lorraine.  Elle se retire en 1519 au couvent des Clarisses de Pont-à-Mousson où elle finit sa vie.



Nancy 1636  toile de Rémond Constant,  dite ex-voto de Claude Beaujan
Tableau venant de l'hôpital Saint-Charles, déposé par les Soeurs de Saint-Charles au Musée Lorrain en 1958
Saint-Roch, Saint- Sébastien,  saints très honoré en Lorraine et invoqués lors des pestes pour calmer la colère divine, et Saint- Charles Borromée (peste de Milan de 1576); ces saints mettant Nancy sous la protection de Notre-Dame de Lorette. On observe les fortifications autour des Ville-Vieille et Ville-Neuve, vues depuis le coteau de Boudonville. On voit à gauche le bastion du Marquis, la porte Notre-Dame, les clochers de l’église
Notre-Dame et de l’église Saint-Epvre et une partie de l’arsenal. On
devine l’église des Dames prêcheresses, l’hôtel de ville, l’église des minimes. A droite, on trouve
l’ermitage Sainte-Anne, la tour de la commanderie, et au fond l’enclos de Maréville avec ses loges où on
plaçait les pestiférés. En bas et à droite, Claude Beaujan dont la tête est aussi celle de Saint Roch,
réconforte les malades et des hommes se joignent à lui, peut-être des médecins, et manipulent avec des
baguettes les corps des pestiférés.



Grand- relief de "La Cène" sculpté en 1582 par Florent Drouin le Jeune (1540-1612), restauré en 2015. 3.20m sur 2m.
il a été à l'origine derrière le maître-autel dans le fond de l'abside de l’ancienne église Saint-Epvre de Nancy (construite en 1436 et détruite en 1863) et donné au Musée Lorrain par Mgr Menjaud.

Réalisé aux frais de Désiré Bourgeois, conseiller d'état et de Gertrude Fournier sa femme. Primitivement les figures étaient polychrome.
Le roi Stanislas ne se lassait point d'admirer ce monument toutes les fois qu'il assistait aux offices de la confrérie du Saint-Sacrement, dont il était premier confrère. Il en fit exécuter une réduction en argent pour orner le retable de l'église de Bonsecours.


Les premières années de la guerre de Trente ans en Lorraine jusqu’en 1640, furent marquées par des épidémies de peste. La plus importante fut celle de 1635 qui toucha toute la Lorraine ; Metz compta 6000 morts. Commandée en 1636 par Claude Beaujan, prêtre qui s’était dévoué au service des malades, et exécutée dans les derniers mois de la vie du peintre, cette grande peinture montre Nancy protégée contre ce tragique épisode par Notre-Dame de Lorette, Saint-Charles Borromée, Saint-Sébastien et Saint-Roch. On y voit en arrière- plan les loges de Maxéville où étaient relégués les malades. Cette toile était située dans l’église Saint-Sébastien jusqu’à la Révolution puis dans la chapelle de l’Hôpital Saint-Charles à partir du 19ème siècle. Don des Sœurs de Saint-Charles en 1958.



Le pont Léopold entre le palais et l'église des Cordeliers , dessin de René Wiener en 1871 , après l'incendie






L'emplacement de l'opéra de Léopold (réf 85) sur le plan de Bugnon (1720)


Léopold va confier à l'architecte- décorateur Francesco Bibiena de Bologne, la mission de construire un Opéra derrière le Palais Ducal. Nous sommes à l'emplacement du bâtiment de la gendarmerie bien connu des Nancéiens. L'inauguration aura lieu en présence de la Duchesse par une représentation du temple d'Astrée, le 9 novembre 1709. Après la mort de Léopold en 1729, la régente va faire construire un petit opéra à coté du château de Lunéville.  François III part pour Florence en 1737 en emportant  les décors et la grande colonnade. A son arrivée, ne voulant pas résider à Nancy, Stanislas termine le démantèlement de la salle en récupérant les loges pour les installer à l'opéra du château de Lunéville. Les galeries seront utilisées pour les pièces d'eau du parc. En 1740, l'opéra devient magasin militaire.




Hôtel d'Haussonville, hôtel Renaissance avec sa fontaine Neptune et une jolie porte

Place de l'Arsenal



Place de l'Arsenal, plan de Claude de la Ruelle 1611

 C'est une des plus anciennes de Nancy puisque le prieuré Notre-Dame s'y trouvait dès le 11ème siècle (*); signalons que le portail de ce prieuré a été transporté au château de Rémicourt à Villers les Nancy et aujourd'hui au Musée Lorrain (photo ci-dessous)

(*) Thierry, fils de Gérard d'Alsace crée le prieuré Notre-Dame vers 1080



Portail du prieuré Notre-Dame aujourd'hui au Musée Lorrain


En attendant la majorité de son fils Charles III alors âgé de deux ans, le duché de Lorraine est placé sous la co- régence de sa mère Christine de Danemark (de 1545 à 1552) et de Nicolas de Vaudémont, frère du défunt duc François 1er,  de 1552 à 1559; la duchesse est la nièce de l’empereur Charles- Quint, ceci expliquant qu’elle est favorable à sa politique alors que Nicolas de Vaudémont est favorable à François 1er roi de France. Le conflit étant prévisible entre France et Saint-Empire, les régents s’y préparent :
1.Créations de bastions en Vieille- Ville (de Danemark et de Vaudémont) ;
2.Reconstruction de l’Arsenal en 1550-1552 qui s’appelait jusqu’alors l’artillerie ;
3.Intégration de la Carrière à l’intérieur des remparts.

Armes pleines de la maison de Lorraine et aigle aux ailes éployées comme cimier ont disparus depuis 1792 d’une des deux portes de l'arsenal; la corniche est surmontée d’une cotte de mailles avec présence d’une tête de Méduse et d’un écu où subsistent en partie les attributs de Mercure. Le masque de Méduse vise à conjurer le mauvais sort. A la seconde porte on remarque deux pilastres doriques simples et deux personnages ; les cartouches contenaient les armes de Lorraine et du Danemark.

 L’arsenal, fierté de la cité ducale, servait à la fabrication, à la réparation et à l’entretien des armes ; on y trouvait forges, fonderies et moulins à poudre et était renommé dans toute l’Europe. Les frères Chaligny y furent de célèbres fondeurs ; on connait de Jean Chaligny la grande couleuvrine (canon) arme remarquable gravé aux armes de la Lorraine et d’un portrait de Charles III ; deux autres couleuvrines plus petites furent également réalisées par Jean de Chaligny. La couleuvrine dite " de Nancy", longue de 6.30m et le cheval du groupe équestre représentant Charles III sont deux des productions les plus connues de cet arsenal.
L’inventaire de l’Arsenal  au 1er août 1624 donne une idée de l’importance de ces ateliers.           


Cette formidable artillerie ne put cependant arrêter l’occupation des troupes françaises en 1633 ; les armes furent même utilisées contre les Lorrains (château de la Mothe). Sous Louis XIV toutes les armes, couleuvrines (dont la « grande couleuvrine » en 1670),… furent remises à la France ; ce fut la fin de l’arsenal.
 Une salle de culte fut installée en 1739 pour un régiment suisse puis l’Arsenal devint un magasin en 1776 avant, en 1793, de servir de munitionnaire et de manutention  de vivres pour les troupes.
 L’Ecole Saint- Jean- Baptiste de la Salle occupe aujourd’hui les lieux.



 La  couleuvrine de Nancy réalisée en 1598 par le maître fondeur, Jean de Chaligny.
 Décor aux armes et portrait du duc Charles III,  avec allégories de la Renommée et d’Hercule
David et Antoine Chaligny, fondeurs comme leur père Jean, remportent en 1621 le marché pour la réalisation de la statue équestre de Charles III. Le cheval  terminé en 1632 par Antoine sera récupéré par Louis XIV avec la couleuvrine. Copie de la statue, Musée Lorrain.

 Portes et trophées militaires subsistent.



Porte de l'arsenal 16ème siècle



Entrée de l'arsenal, phototypie Jules Royer 1896



aux portes de l'arsenal

 Hôtel de Rogéville
 
Date de construction: vers 1550.
 Au 18ème siècle, l'hôtel passe aux Rogéville dont un représentant est conseiller à la cour souveraine.
 Porte du 16ème; Voir la photo en galerie et dans le quizz.



Hôtel de Chastenoy
 Bâtisse élevée au 16ème siècle pour François de Chastenoy, écuyer, conseiller d'état, auditeur des comptes du duché et conseiller du conseil privé de son altesse. Nommé en 1575 contrôleur des fortifications et trésorier extraordinaire des guerres en 1580, il meurt en 1605.
 La porte de rue de l'hôtel présente une belle sculpture renaissance; elle est flanquée de deux pilastres surmontés de consoles à têtes de lion. Un mascaron couronne la porte tandis que les écoinçons sont ornés de rinceaux. Au dessus de l'entablement, il y avait autrefois les armes de François de Chastenoy et de Marie. Voir photo en galerie et dans le quizz.



Hôtel de Chastenoy, 92 Grande-Rue




Marteau de la porte de l'Hôtel de Chastenoy

 

Rue Saint- Michel; rue de la Source; rue du Cheval Blanc

 Très belles maisons anciennes; la rue de la Source évoque le ruisseau de Boudonville qui nettoyait le centre de la ville. Voir l'hôtel de Lillebonne aux fenêtres à meneaux et son escalier au plafond sculpté (17ème). Voir photos ci-dessous dans le quizz.




La maison des deux sirènes ou Hôtel Bornet, rue Saint-Michel / rue Saint-Epvre
 Bas relief des deux tritons/ monstres avec barbe et moustache, moitié hommes moitié poissons . Fenêtres cintrées

Maison des deux sirènes:

La Lorraine est envahie par la France depuis septembre 1633 après le soutien de Charles IV, frère de Nicolas François, aux opposants de Richelieu en particulier en autorisant le mariage de leur sœur avec Gaston d’Orléans, héritier du roi Louis XIII.

 Fils de François II, Nicolas François de Vaudémont, cardinal et évêque de Toul devient duc de Lorraine en 1634 et renonce à ses vœux pour épouser sa cousine Claude de Lorraine, fille de Henri II. La France n’accepte pas ce mariage et met duc et duchesse en résidence surveillée mais Claude et Nicolas François parviennent à s’échapper du Palais ducal avant de se réfugier en Franche-Comté, terre espagnole. Avant de réussir à franchir la porte de la Craffe, ils trouvent refuge la nuit dans la maison dite « des deux sirènes » appartenant à Sieur Bornet, aidés en cela par M. de Beaulieu gentilhomme lorrain ; sieur Bornet était premier gentilhomme de son altesse et témoin de mariage des duc et duchesse, mariage célébré par le curé de Saint-Epvre.

L'histoire vécue à la maison des Sirènes au 3 bis de la rue (anciennement 5) est bien connue; en résumé:
  Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 1634, le cardinal Nicolas-François et la princesse Claude réussirent à s'enfuir du Palais Ducal ; ils se réfugièrent l'hôtel des Deux-Sirènes  et finalement quittèrent Nancy par la porte de la Craffe, déguisés en paysans portant des hottes de fumier.

  On sait le reste: de ce mariage romanesque le 18 février 1634 dans la chapelle du château de Lunéville naquit l'illustre Charles V, faisant souche de la Maison Impériale d'Autriche. Nicolas François renvoya aussitôt au pape son chapeau de cardinal, son titre d'évèque de Toul et prit le nom de Duc de Lorraine et de Bar. L'illustre Charles V, le héros du XVIIème siècle fut vainqueur des Turcs, père de Léopold, tige de la maison de Lorraine-Habsbourg qui a règné  en Autriche-Hongrie.



Claude de Lorraine,émail peint
France, Limoges, XIXe siècle, à la manière du grand émailleur Léonard Limosin (1505-1575)


Rue Saint-Epvre

Selon Jean Jacques Bouvier dit l’abbé Lionnois, prêtre, premier principal du Collège de l’Université, Doyen de la Faculté des Arts de Nancy, historien de la ville de Nancy ( 1730-1806), la rue Saint-Epvre aurait porté le nom de rue (de la) Grenouillère.




Vieille maison renaissance au 6 de la rue Saint-Epvre. Pour se repérer :
 La rue du Four Sacré sur le plan de 1611 avec les arcades (disparues ou modifiées vers 1750) et les lieux en 1720.​

Grenouilles et four sacré en Vieille-Ville de Nancy.

  La petite rue Saint-Epvre a porté divers noms : rue du Four Sacré en 1551 (avec 17 contribuables selon le rôle de 1551) ; cette rue du Four Sacré incluait alors la petite rue Saint-Epvre, le bas de la rue Saint-Michel entre la rue du Pont-du-Jour ( rue Trouillet aujourd’hui) et la Grande Rue.
  Lionnois nomme la rue Saint-Epvre, rue (de la) Grenouillère. En fait, cette affirmation semble être une pure invention de Lionnois puisqu’on ne trouve aucune mention de ce nom soit dans les rôles des habitants, soit dans les titres de propriété, soit dans les comptes du domaine. Le four sacré était au 8 de la rue Saint-Michel.
  Dans la rue Saint-Epvre actuelle se serait tenu selon Lionnois un marché aux grenouilles, écrevisses et petits poissons pour fritures d’où ce nom également de rue Grenouillère ou rue de la Grenouillère.

  La Place Saint-Epvre était utilisée, on le sait, dès René II comme place du marché de la Ville-Vieille et en particulier on y vendait le poisson (avant 1495).
  Ainsi, cette rue de la Grenouillère faisait plus probablement référence à l’emplacement du marché aux poissons dont on sait qu’il se tenait Place Saint-Epvre depuis l’érection de la fontaine.

  La rue Saint-Epvre s’appela rue de la Concorde en 1791 puis de nouveau rue du Four Sacré en 1814 enfin rue Saint-Epvre depuis 1839.

  Dom Calmet nomme rue du Four Sacré le bas de la rue Saint-Michel entre la rue du Point-du-Jour (rue Trouillet aujourd’hui) et la Grande Rue.
  Le four sacré était au 8 de la rue Saint-Michel et les rues Saint-Epvre, Point-du-Jour et bas de la rue Saint-Michel y menaient d’où un nom identique pour trois rues (ou bouts de rue).
  On sait par ailleurs que dès la période du duc Simon II (1176-1205), un four banal appelé four sacré se trouvait au voisinage de l’église paroissiale (Notre-Dame). Tous les Nancéiens étaient tenus d’y faire cuire leur pain moyennant redevance. D’après une charte de 1273, ce four se tenait après « la maison sacrée » d’où ce nom de « four sacré » (première hypothèse). C’est à cet endroit que les boulangers devenaient « maîtres-boulangers » après exécution de leur chef-d’œuvre et serment prêté en posant la main sur le plus ancien des fours, le four sacré, four détruit début 18ème siècle. Cette cérémonie d’accession à la maîtrise lui aurait fait donner le nom de four sacré (autre hypothèse).
  Il y avait trois fours qui appartenaient au Domaine du Roi et dépendaient de la Chambre des Comptes : le four sacré qui servait uniquement à la réception des compagnons qui voulaient entrer dans la maitrise et deux fours banaux. Sur la porte d’entrée de la maison on trouvait cette mention : « Fours banaux du Roi sacré ». Cette maison était le siège de la corporation des boulangers.
 



Puits au 19 place du Colonel Fabien / place des Dames

 
 Le Tribunal des Echevins de Nancy, juridiction souveraine au civil et au criminel, siégea d'abord dans une maison qu'on appelait le Change, qui fut plus tard l'Hôtel de Phalsbourg, et qui porte aujourd'hui sur la place des Dames le n° 19. Vers 1611, il fut transféré à la Ville-Neuve, dans l'hôtel de Jean Vincent, trésorier-général de Lorraine, acheté par la ville en 1599 dont nous venons de parler (Hôtel de Ville Ville-Neuve)

 Avant la création de la Ville-Neuve, le Conseil de Ville de Nancy, chargé de l'administration municipale, tenait ses assemblées ordinaires dans la maison devenue ensuite maison curiale de la paroisse Saint-Epvre, rue du Maure-qui-Trompe, n° 41 ; mais les assemblées générales de la féauté (communauté des bourgeois) se tenaient dans la salle des audiences du Bailliage , à l'Hôtel du Change (aujourd'hui place des Dames, 19) . En 1600, l'Hôtel- de- Ville fut transféré, nous l'avons déjà dit, en l'hôtel de Jean Vincent à la Ville-Neuve, acheté par le corps municipal en 1599; et l'ancien local fut affecté à la résidence du curé de Saint-Epvre (paroisse créée en 1593), auquel la Ville était chargée de fournir un logement.

 Henriette de Phalsbourg, sœur du duc Charles IV, la Guerrière qui voulait à tout prix défendre Nancy contre Richelieu et Louis XIII, a sans doute habité l'hôtel de Phalsbourg, place des Dames, 19.



Hôtel de Nicole, graveur, au 14 Grande-Rue

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Hôtels nobles de la Renaissance




Portes d’entrée des hôtels nobles Renaissance :
  Porte de l'hôtel Chuppin:
 Influencé par ses voyages en Italie, peintre auprès du Duc de Lorraine, Médard Chuppin est l’auteur de la fresque du réfectoire des Cordeliers ainsi que de la voûte de la Salle Neuve du Palais Ducal ; il est aussi  le peintre du château de Saurupt, résidence aujourd’hui disparue de Renée de Bourbon, femme du duc Antoine

 Hôtel de Chastenoy:
 Construit pour l’écuyer, auditeur des comptes, conseiller du Conseil du Duc, contrôleur des fortifications Porte Renaissance avec pilastres cannelés surmontés de consoles à têtes de lion; à l’intérieur galeries ajourées, escalier
 il avait remplacé le peintre officiel Hugues de la Faye en 1539 Il a été anobli par Charles III en 1567

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Au coin de la rue du Maure-qui-Trompe:



Hôtel construit vers 1550 pour Jean Humbert, « ambassadeur » du Duc Charles III en Autriche, habité jusqu’au 18ème par la même famille.
 Balustres Renaissance, consoles sculptées de masques de femme




(suite) Aujourd’hui occupé par «  le petit théâtre de Nancy » et ses 33 places
Il s'agit de l’hôtel de Rogéville

 Hôtel de Rogéville, 11 Grande-Rue: Hôtel datant de 1550 environ habité notamment par Jean Humbert qui fut en quelque sorte ambassadeur de Charles III en Autriche      
Les Rogéville habitèrent ce lieu au 18ème

( Guillaume, jurisconsulte à la cour,..)

Belle façade du 18ème ; porte d’entrée du 16ème, cour intérieure avec galerie à balustres renaissance, consoles sculptées de masques de femmes, escalier

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 Petit hôtel de Lunati-Visconti, une porte à fronton semi-circulaire du XVIème / XVIIème siècle et au 2 rue de Guise (*) , une porte monumentale, vestige de l'ancien hôtel Lunati-Visconti chambellan du Duc Léopold. La superbe façade de l’Hôtel Lunati-Visconti de la rue de Guise orne depuis 1842 le château de Renémont de Jules Gouy, devenu maintenant le bâtiment des Compagnons du Devoir (photo ci-dessous)

(*) sur le percement de la rue de Guise en 1607



Coin rue de Guise - Grande rue, avant effondrement des maisons  Photo 1979

Ce qu'écrit Benoit de Crevoisier sur la façade de l'hôtel Lunati-Visconti:  "Renémont sur le ban de Jarville. Propriété mitoyenne de la Grande Malgrange. Initialement nommé Sauvageon ce domaine fut acquit par mon aïeul François Gouÿ le 22 février 1823.
François Gouÿ rebaptise ce domaine du nom de Renémont en souvenir de la bataille qui opposa en ces lieux le duc René II de Lorraine à Charles Le Téméraire.
François Gouy puis ses descendants Jules et Albert Gouy s'attachèrent à constituer un important domaine foncier autour de leur propriété sur les bans des communes de Jarville et Heillecourt.
Grand amateur d'art Jules Gouÿ rassembla une collection considérable qu'il conservait dans la galerie de sa propriété de Renémont. Il contribua à l'embellissement de cette propriété en y faisant remonter en 1842 la façade de l'hôtel Lunati-Visconti qui, démontée à Nancy, était sur le point de partir vers Paris.
Jules Gouy fut maire de Jarville de 1842 à 1848 puis de 1850 à 1857.
Après le décès d'Albert Gouÿ en 1923 sa fille Pauline vendit le domaine à l'Evêché de Nancy qui y construisit son Petit Séminaire.
Plus récemment l'Evéché revendit l'ensemble qui est devenu un centre de Formation Professionnelle.
La façade Lunati-Visconti et les bâtiments anciens viennent de bénéficier de travaux de restauration bienvenus."



Château de Renémont avec la façade de l'hôtel Lunati-Visconti

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Hôtel d’Haussonville construit pour Jean III d’Haussonville sénéchal de Lorraine
 vers 1540
 Balustres de style gothique flamboyant et renaissance, fontaine de Neptune, fenêtres à meneaux, décor renaissance ( coquille Saint-Jacques), belle toiture,…
 Situé rue Roboam ou  Point du Jour ou Trouillet



Fontaine, hôtel du marquis de Ville, 10 rue de la Source 1896
Phototypie Jules Royer



Hôtel de Lignéville pour Ferry de Lignéville dernier bailli lorrain; vers 1630
 Belle façade de style louis XIII avec chaînages d’angle et chaînage en harpe d’encadrement  des fenêtres; belle porte d’entrée; 3ème en attique; 23 Grande-Rue. Un second hôtel de Lignéville au 101 Grande-Rue.



Ancien hôtel de Ligniville -Photo de 1896
façade avec briques et pierres et escalier dans la cour



Hôtel de Ligniville, gargouilles et porte d'entrée



Hôtel de Ligniville ou de Lignéville
Protection en 1946: façade sur rue y compris le vantail en menuiserie de la porte ; escalier et galerie à entrelacs sur cour



Portes d’hôtels nobles rue de la Boudière (Grande-Rue)
 mais d’où vient ce nom ?
 du ruisseau de Boudonville



Puits du 16ème siècle à l' Hôtel Lambert (valet de chambre de Charles III), 13 Grande- Rue
(Photos F. Maguin)



                                            Maison dite "de Callot"    Photo JP Puton

On ne peut faire que des hypothèses sur le lieu et la date de naissance et de baptême de Jacques Callot. Il faut procéder par déductions et hypothèses.
D'après le « Rôle des Bourgeois, manans et habitans de Nancy pour la levée des sols en 1589,
Jean Callot, archer», père de Jacques, avait quitté le toit paternel de Bainville et s’était, avec sa jeune femme,
installé paroisse Saint-Epvre , rue de la Boudière, près de la rue
des Comptes, entre la rue des Maréchaux et la petite Carrière, peut-être le n" 14 ou
16 de la Grande-Rue actuelle, qui fit partie de la succession laissée plus tard par la
veuve de Jacques. Jacques nait cinq ans plus tard. Les registres de baptême de la paroisse ont été mal gardés, s’ils
ont jamais été tenus à cette époque : les prescriptions du Concile de Trente n’avaient,
pas plus en Lorraine qu’en France, acquis force de loi, évidemment. Le premier des
livres conservés date de 1604. Rien n'indique que cette maison dite de Callot fut habitée par Jacques Callot (cf)




1896 Phototype Jules Royer

Maison à tourelle au coin de la rue Callot et de la Grand-rue; Jacques Callot y serait né en 1592 selon la tradition. Le grand-père de Jacques Callot, Claude, archer, habitait bien dans cette rue de la Boudière en 1572;
 Son père  Jean était héraut d’armes des Ducs 

  la rue Saint-Antoine (puis du Duc- Antoine) qui doit son nom à une statue de ce SaintLes petits vieux n’ont pas dit leur dernier mot est un roman à l’atmosphère pesante Les petits vieux n’ont pas dit leur dernier mot est un roman à l’atmosphère pesante (photo en haut à droite)
 



Bâti au 16ème siècle pour l’écuyer du duc, conseiller d’état, auditeur des Comptes, contrôleur des fortifications,  trésorier des guerres. Belle sculpture renaissance à la porte, pilastres cannelés, écoinçons ornés de rinceaux,…
Hôtel de François de Chastenoy

 Construit pour l’écuyer, auditeur des comptes, conseiller du Conseil du Duc, contrôleur des fortifications Porte Renaissance avec pilastres cannelés surmontés de consoles à têtes de lion; à l’intérieur galeries ajourées, escalier
 il avait remplacé le peintre officiel Hugues de la Faye en 1539 Il a été anobli par Charles III en 1567




Le duc de Lorraine Nicolas-François, cardinal- évêque de Toul, et sa femme Claude, fille du duc Henri II se refugièrent dans cette maison le 31 mars 1634 avant de s’échapper de Nancy
 Ancien Hôtel Bouvet ou Maison des deux sirènes: décor renaissance fin 16ème, tritons, porte d’entrée à tête d’indien, entrelacs de l’escalier
Situé rue du Four-sacré ou  Saint-Michel ou  Saint-Epvre



Ancienne maison des étuves ( bains, lavoir), construite pour Claude Beauvau par Nicolas La Hire en 1578 puis vendue au Duc de Lorraine; Charles IV la cède à sa fille Anne épouse du Prince de Lillebonne



Hôtel de Lillebonne (suite)
 plafonds sculptés, fer forgé, fronton en cintre brisé à volutes, cartouche central surmonté d’une palmette



Toit d’ardoise à quatre pans, inspiration italienne pour la façade, belle porte d’entrée, fenêtres avec volutes et cartouche, plafonds à motifs sculptés, escalier en pierre, cul-de- lampes, entrelacs, belle porte, garde-corps en fer forgé,….



Puits en hémicycle et voûte en cul-de-four, tête de lion,…
 ….au coin de la rue du Cheval-Blanc et de la rue de la Source
  cette source, résurgence du ruisseau de Boudonville, se trouvait devant l’hôtel d’Olonne



Hôtel Philbert : Didier Philbert, médecin des enfants de Charles III
 et Hôtel du Marquis de Ville
 rue de la Source (anciennement Nachon)



La très belle fontaine de l'hôtel du Marquis de Ville (10 rue de la Source). Pour en savoir plus



Cour: escalier du 15 rue de la Source



Charles de Rennel, auditeur à la Chambre des Comptes et secrétaire du
 Duc Charles III; ancêtres anoblis vers 1530 par le Duc Antoine
Hôtel de Rennel au 29 Grande- Rue et marquage "1477" au 30  Grande-rue

 Au 30 de la Grande- Rue fut déposé le corps de Charles le téméraire
Ce pavage rappelle le souvenir de l'emplacement de la maison de Georges Marqueiz où fut apporté dans Nancy le corps du Téméraire.

 Au début du 18ème siècle, le propriétaire de la maison (Rennel, président de la cour souveraine), pava de pierres noires le trottoir qui longeait sa maison sur la Grande-Rue ainsi que celui de l'autre côté sur la place de la Carrière.

Ce pavé dont la couleur attirait le regard rappelait l'exposition du cadavre trouvé dans l'étang Saint-Jean.
Avec le temps, ces pierres disparurent mais Lionnois voulut les rétablir en souvenir de:
« l’action la plus importante qui se soit passée en Lorraine et sous les murs de Nancy »

L’historien Jean Cayon demanda en 1839 de refaire le pavage historique qui avait disparu; ce fut réalisé en 1883 seulement sous la forme que nous connaissons aujourd’hui et avec les pavés noirs anciens retrouvés.
   


Au 37 Grande- Rue, l’hôtel de Courcol
 Jean Courcol était conseiller à la Chambre des Comptes au début 17ème

 Maison Vallée au 31 Grande-Rue
 



Second Hôtel du marquis de Lignéville
 Porte du 16ème



Hôtel de Martigny 1608- 1610 pour Pierre Fournier, cellérier de Charles III; anobli par Henri II et confirmé dans sa fonction
 Belle porte à fronton semi-circulaire et pilastres vermiculés




Façade et toit renaissance
 au coin de la rue du Duc Raoul (ancienne rue de la Boucherie)  et
 maison au boulet avec tourelle d’angle 16ème- 17ème siècle



Cour des 4-6 rue Saint-Michel et maison au boulet 83 Grande-rue
Phototypies Jules Royer 1896



un exemple de cour intérieure au 4-6 rue Saint-Michel

Façades sur cour avec tourelle et balcons de bois sont inscrits aux MH depuis 1928



1828 Plan de la vieille ville

Sur les maisons du Vieux Nancy, on pourra lire CET OUVRAGE
 

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Les réalisations de Germain Boffrand sous le règne du duc Léopold 

Après quelque 70 ans de guerre, d’occupation, le traité de Ryswik et le retour de Léopold donnent beaucoup d’espoir à la Lorraine, qui s’enrichit alors de demeures et châteaux remarquables et trouve un nouvel élan comme ce fut le cas précédemment sous René II, Antoine ou Charles III. Ainsi, l’architecte Jules Hardouin Mansart est envoyé par Louis XIV pour que de grands travaux soient réalisés ; son collaborateur l’architecte Germain Boffrand devient le premier architecte de Léopold en 1711 et travaille en Lorraine jusqu’en 1726, en même temps qu’à Paris et en Allemagne.

  Les grands principes d’architecture de ce dernier figurent dans son « livre d’architecture » de 1745 dédicacé à Louis XV et où figurent également des plans et des dessins d’élévations et de profils de nombreux édifices lorrains. Boffrand s’inspire d’Andréa Palladio, architecte de la Renaissance italienne et de son traité « les quatre livres de l’architecture » ; il s’éloigne du baroque de Borromini. La destination du bâtiment, ses dimensions, les matériaux utilisés, le lieu d’édification, le voisinage, le climat du lieu, l’exposition,… sont pris en considération : Boffrand parle d’esthétique, de « bon goût ».

La Lorraine et Nancy en particulier, doivent à Germain Boffrand un nombre considérable d’édifices somptueux, soit élevés à la demande de Léopold, soit bâtis par les personnages importants de la noblesse lorraine aidés en cela financièrement par le duc grâce à des prêts.
 Ces constructions servirent d’ailleurs de modèles à ceux élevés plus tard sous le roi Stanislas dont l’architecte Héré avait été l’élève de Boffrand.

 une liste de d’édifices bâtis ou restaurés par Germain Boffrand à Nancy est donnée ci-après, édifices pour lesquels on retrouve toujours la même recherche de force, de puissance, le même caractère : pierres de taille et fenêtres de grandes dimensions, toits élevés, façade souvent sur rue faute de surface de terrain suffisante, grands vestibules, escaliers en pierre de taille avec rampes en  fer forgé, décors souvent allégoriques ou perspectives sur les murs et plafonds, grandes pièces de réception, unité de style dans l’ensemble et dans les détails.

 Lorsque le terrain le permet, palais ou hôtel est précédé d’une cour et parfois d’une avant-cour permettant la circulation et le stationnement des carrosses, les dépendances sont derrière avec le jardin et le parc. Les pièces de réception sont au rez-de- chaussée et les pièces d’habitation au premier. La circulation est facilitée par de grands escaliers. Il y a unité de style. Plusieurs ordres en décoration de  façade, peu de sculptures, frontons, balustrades avec vases et statues , grands balcons, larges perrons, clés et agrafes, écussons, moulures, voilà pour le décor des façades. Les murs en pierre de taille sont épais, les proportions de l’édifice sont respectées. L’architecture de Boffrand est une science et l’imagination est bridée. « Le livre d’architecture contenant les principes généraux de cet art » permet de comprendre les réalisations de son auteur Boffrand .
 

L’œuvre principale de Boffrand prévue par Léopold à savoir le Palais Neuf de Nancy  ou Louvre de Boffrand (1714) (voir photo) est décrite dans le détail dans « le livre d’architecture » ; il ne fut jamais achevé et la partie construite  fut hélas démolie par Stanislas ;

 Boffrand participa à la construction et la décoration de la cathédrale Notre-Dame-de- l’Annonciation, primatiale et basilique de Nancy. Voir par exemple « la vie et les œuvres de Germain Boffrand » par P. Morey.


  A Nancy, les principales réalisations dues à Boffrand pour la noblesse, sont les suivantes :

- L'hôtel de Beauvau-Craon pour Marc de Beauvau, aujourd'hui Cours d’appel.
 Construit en 15 mois, achevé et meublé en 1713, il servit de modèle plus tard à Héré, élève de Boffrand, pour les façades des édifices de la place Stanislas ; décors avec panneaux de menuiseries pour les petites pièces, grandes glaces surmontées de trophées ou tableaux, peintures, tapisseries en haute lisse ou soies pour les murs des chambres , sculptures appropriées à la pièce, velours sur les murs pour l’hiver et taffetas pour l’été,… tous les grands principes décrits dans l’ouvrage de Boffrand sont appliqués.






 l'hôtel de Craon place Carrière au 18ème siècle; aujourd'hui les balustrades ont disparu

Rue du Haut- Bourgeois

 - l’hôtel  Ferraris (ou Ferrari ou Ferrary) construit après 1715 pour Louis de Ferrari, d’origine italienne, aujourd’hui siège de l’inventaire des monuments historiques de la DRAC de Lorraine. Louis de Ferrari était marié à Anne-Thérèse de Saint-Rémy de Fontette, demoiselle d’honneur de la duchesse de Lorraine. Louis de Ferrari était chambellan de l’empereur d’Autriche. On retrouve les deux « F » de Ferrari-Fontette sur la ferronnerie de l’escalier.
 On admire le décor en trompe l’œil de la sous- face de la galerie, attribué à Giacomo Barilli de Bologne qui travailla avec les peintre nancéiens de l’époque Claude Charles et Claude Jacquart  ; oiseaux et putti pour la peinture du plafond.
Aujourd'hui pôle inventaire de la région Grand-Est.



Façade de l'hôtel Ferraris rue du Haut-Bourgeois, beau balcon avec grille, cartouche  aux lions
La fontaine avec Neptune visible depuis la porte d'entrée



Hôtel Ferraris: masque grimaçant et fontaine de Neptune actuelle à gauche




Fontaine primitive dont les groupes sculptés d'enfants sont partis semble-t-il vers l'Amérique au lendemain de la première guerre mondiale

La fontaine, campée sous un arc surbaissé, est veuve de deux groupes d'angelots pêcheurs qui encadraient la statue de Neptune appuyé à un cheval marin ; c'est au début du XXème siècle que les angelots furent séparés du dieu de la mer. Les sculptures se détachaient sur un trompe l'œil de concrétions et coquillages en grisaille dont on devine encore les motifs, cette niche peinte avait été restaurée à la Belle Epoque par le peintre Ramel."

Les putti sont présents de nos jours; sont-ce des originaux ou des copies?



"La cour s'orne d'un joli puits rehaussé d'un visage de femme souriant, dont les tresses sont nouées sous le cou ; la niche du puits s'adosse à l'imposante cuisine au sol de pierre et dotée d'une cheminée au vaste manteau.




Hôtel Ferraris: décor en trompe l'oeil de la sous-face de la galerie, décor en grisaille et caissons de la "quadratura"
 décor de Barilli.L'aigle sert de girouette.




Grilles







Rue du Petit-Bourgeois; encorbellement et jolie trompe correspondant à un couloir de service de l'Hôtel Ferrari situé
 rue du Haut-Bourgeois.



 - l’hôtel de Fontenoy ou de Vitrimont, siège administratif de la cour d’appel de Nancy
 Bâti pour P. Georges de Vitrimont et la dame des Armoises, son épouse.

 L’hôtel de Fontenoy du nom de son deuxième propriétaire date probablement d’avant 1723 puisque cette date figure sur la ferronnerie du balcon. L’espace consacré à cet hôtel a permis de réaliser, comme pour l’hôtel de Custine, un corps principal de bâtiment sur la rue du Haut-Bourgeois avec cour et bâtiment des communs en fond . Le jardin présent a été modifié avec l’établissent du square actuel et de la rue des Frères Henry ; par ailleurs, l’hôtel a subi des modifications au 19ème siècle.



Hôtel de Fontenoy: ordres d'architecture à l'entrée et fontaine près des anciennes écuries

Autres Hôtels:

- L'hôtel du Marquis de Ville, négociateur du traité de Liverdun




Fontaine de Neptune du 16ème siècle, 10 rue de la Source


- l'hôtel de Ludres est situé rue Lafayette
Il a été reconstruit au 18ème siècle sur l’emplacement d’un hôtel renaissance appartenant à une petite seigneurie lorraine, les Ludres- Frolois
Le lion est symbole de puissance et de pouvoir : c’est l’œuvre du sculpteur Lépy
 L’hôtel s’inspire des hôtels parisiens de l’époque avec cour devant l’hôtel, pour le carrosse, et jardin derrière ; l’hôtel n’est pas en bordure de rue.



Les lions à l'entrée de l'hôtel de Ludres


- l’hôtel de Custines construit pour le Marquis de Custines, gouverneur de Nancy, devenu ensuite hôtel de Ludres, place des Dames / place du Colonel Fabien est aujourd’hui trésorerie municipale.
 Il fut bâti en 1715 entre la rue du Cheval-Blanc et une maison des Dames Prêcheresses, place des Dames ; au-dessus de la porte le décor représentait des armes et deux « sauvages », ceci à la place de la fenêtre actuelle. C’est un bâtiment principal avec une cour, deux ailes (construites en partie après), et un bâtiment dans le fond pour les communs. Des modifications ont été faites au 19ème siècle, fontaine avec décor aquatique dans le fond de la cour.

- L'Hôtel des Salles



A gauche, la place des Dames en 1865 (Place du Colonel Fabien aujourd'hui) et l'Hôtel des Salles (ou immeuble Maffeoli) avec son élégante tourelle, hôtel disparu ainsi que le groupe de maisons et le clocher-tour de l'ancienne église Saint-Epvre, point haut de la vieille ville qui servait de tour de garde. L'Hôtel des Salles a été construit au 15ème siècle pour Pierre des Salles et sa femme Nicole de Vernaucourt. On trouve aujourd'hui une fontaine Wallace à son emplacement. Sur la destruction du vieux Saint-Epvre, c'est ici. Photo de la tour de l'ancienne église avec la nouvelle église Saint-Epvre, c'est ici.
A droite,  le clocher-tour de l'ancienne église Saint-Epvre est toujours là alors que la nouvelle église Saint-Epvre est en construction.  Date probable de cette représentation 1864-1865. Qui est ce Lévy en signature de cette belle lithographie ? Détail 1 /// Détail 2 ( groupe groupe facebook nancyretro)

)

Le n° 8 de la place des Dames (place du Colonel Fabien) est sur l'emplacement d'un ancien hôtel Bassompierre, entièrement reconstruit par le curé Trouillet qui voulait en faire le presbytère de Saint-Epvre. Au-dessus de la porte, on a replacé l'écu de Bassompierre, aux trois chevrons. On a suivi pour la reconstruction de ce bel hôtel la gravure de La Ruelle et le plan de 1611. Durant la démolition,, on découvrit nn important trésor de monnaies anciennes. Phototypie Royer 1896.


- l’hôtel de la Monnaie, aujourd’hui Archives départementales
 Léopold a fait détruire l’ancien "Antiquum Palatium" des premiers ducs de Lorraine et fait agrandir l’atelier de la Monnaie de Ferri III pour installer une Chambre des Comptes ; on admire surtout la grandeur de cet hôtel et la porte d’entrée avec fronton  avec les armes pleines de Lorraine et des aigles héraldiques.

- l’hôtel des Loups (ou Hôtel Curel) situé entre cour et jardin ;
 L’hôtel porte le nom de Nicolas-François Hennequin, baron de Curel, Grand Maître de Louveterie de Lorraine en 1702 puis conseiller d’état du duc Léopold. Lépy serait l’auteur des deux loups de l’entrée. La décoration de la travée centrale montre des attributs de chasse: hure de sanglier, cor de chasse, gibecière, carquois et un fusil à capsule de fulminate datant ce décor du début du 19ème siècle. Voir photo en galerie et ici.





Fronton de l'entrée de l'Hôtel des Loups.


Le fronton de l'entrée principale est rehaussé d'une tête de sanglier et de trophées cynégétiques;
 fusil à capsule de fulminate permettant de dater le décor (19ème).


 Diane déesse de la chasse est en mascaron. Diane (Artémis en grec) est la déesse de la chasse et de la lune; elle porte ici un croissant de lune sur le front.

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 Au début du 18ème siècle, d’autres hôtels furent bâtis par Boffrand ( ou modifiés selon ses principes) comme l’hôtel de Gellenoncourt près de l’église Notre-Dame presqu'en face de l'hôtel des Loups, l’hôtel d’Helmstat à la place de celui d’Haraucourt, rue de la Monnaie, l'hôtel de Raigecourt, l'hôtel du Hautoy rue Callot.



Détails de l'entrée de l'hôtel de Gellenoncourt avec un puits à gauche

L'hôtel de Gellenoncourt appartenait à François de Gellenoncourt, grand veneur de Lorraine, et donc en charge des chasses royales.


Hors de Nancy mais en Lorraine, rappelons les principales réalisations de Boffrand (voir le livre d’architecture de Boffrand):

- le château de la Malgrange;
- le château d'Haroué;
- le château de Lunéville 1709  puis 1719-1723;
- le pavillon du Trèfle, dans les bosquets du château de Lunéville;
- le château de la Favorite (ou Petit Château du Prince Charles);
- l’hôtel de la Gendarmerie à Lunéville;
- le château de Croismare ou de Craon;
- l’ hôtel de Craon, à Lunéville ;

 

Fontaine et statue de René II sur la place Saint-Epvre.

 En 1495, René II modifie complètement le quartier de la Place Saint-Epvre, démolit plusieurs maisons et édifie une fontaine monumentale à la place d’anciennes halles afin de satisfaire les marchands de poissons; les marchands de légumes et fruits partent s’installer sur la place aux Dames.

 Cette fontaine était alors surmontée de la statue de Saint Georges dont la date d'édification n'est pas connue mais on peut en retrouver trace en 1603.  Vers 1625, une statue de René II la remplace, la fontaine est hexagonale et en pierre de taille ; la statue sera détruite à la Révolution en Août 1792.  Le Musée Lorrain de Nancy en conserve la tête.  « La statue est équestre, et le Prince tient l'épée élevée, comme pour en frapper les ennemis. Elle est petite, mais dans une belle proportion et d'un bon dessin pour le temps ».
  En l'année 1753,  Stanislas détruit la fontaine de René II et la remplace par une fontaine située précédemment sur la Carrière. La statue de René II y est repositionnée jusqu’à sa destruction en 1792:

"1er septembre 1753. Adjudication de la démolition de la fontaine actuelle de la Carrière et de son « remplacement » sur la place Saint-Epvre. « Les quatre bassins seront chacun d'une seule pierre, ornés de moulures proprement travaillées Les quatre têtes de sculpture, placées dans les niches actuellement, seront conservées pour les adapter au second bassin Les deux bassins faisant la nappe d'eau seront enrichis d'oves et dentelés par le haut pour former la nappe J) Adjudication est faite à Joseph Demange, architecte, de la démolition de la fontaine, « à charge de la rétablir sur la place Saint- Epvre et de poser sur icelle la statue équestre du duc René qui s'y trouve actuellement placée, et de l'orner de tous les trophées désignés sur le plan (qui n'existe malheureusement plus) qu'il a entre les mains, et de lui donner, en outre, les couleurs en huile qui seront trouvées les plus convenables et les plus belles ". (archives de Nancy)

 En 1828, on place une statue réalisée par Lépy aîné, statue qui sera transférée en 1883 dans la cour du Palais Ducal avec son piédestal. Elle est élevée sur la même fontaine que la statue précédente par les soins du maire de Nancy Raulecour.
  Enfin en décembre 1883, à l’occasion de ses noces d’or sacerdotales (50 ans dans les ordres), le curé de Saint-Epvre Trouillet fait édifier une nouvelle fontaine monumentale œuvre d’Albert Cuny. On y place la très belle statue de bronze visible aujourd’hui, œuvre de Mathias Schiff réalisée par la maison Daubrée à Paris. Cet ensemble est placé dans l‘axe de l’hémicycle de la Carrière donc à un emplacement un peu différent du précédent ensemble fontaine-statue.
 René II y est plein de noblesse et de vaillance, le jeune duc  est  fièrement campé sur son cheval donnant le signal de la bataille de Nancy. L’œuvre de Mathias Schiff s’inspire du chef-d’œuvre de Verocchio sur la place Saint-Jean et Saint-Paul à Venise et qui représente Bartoloineo Golleoni .
  Rappelons que l’ancienne église paroissiale de la Ville-Vieille datant de 1436-1451 a été démolie en 1863 pour être remplacée par la basilique actuelle construite entre 1863 et 1875.


Sur le socle de la statue il est écrit : René II duc de Lorraine et de Bar, roi de Jérusalem, de Sicile et d’Aragon, 1473-1508 et à l’arrière : né à Joinville le 26 mai 1451 mort à Fains le 10 décembre 1508. Cette inscription est donc fausse puisque René II est né à Angers en mai 1451. 




L'ancienne église Saint-Epvre et la première statue de Renée II



La statue de René II par Lépy



La fontaine circulaire avec une pelouse, début 20ème siècle et le tableau "le rémouleur" de Charles WITTMANN (1874-1953).

Statue de Mathias Schiff




Photos de la fontaine avec la statue de Mathias Schiff ( Est Républicain 2004 et inconnu, début 20ème). On trouve dans cette fontaine avec fontaines secondaires ( dernière photo) plusieurs petits bassins à l'intérieur, non visibles ici.

Des modifications conduiront à la fontaine représentée par les deux photos précédentes (forme de l'intérieur de la fontaine modifiée et fontaines secondaires supprimées), présence puis suppression d'une pelouse.



La place Saint-Epvre depuis la basilique Saint-Epvre
(photo groupe nancyretro Daniel Pesce)



Fontaine de la place Saint-Epvre au début du 20ème siècle




Place Saint-Epvre, avant la démolition de la rue de la Cour (entre les deux pâtés de maison)
Document du groupe Facebook nancyretro



Autochrome de Julien Gérardin (fonds ENSA de Nancy)  Place Saint-Epvre Août 1904

Le mystère Gérardin, notaire-photographe (page facebook)




Autre autochrome de la place Sain-Epvre de Julien Gérardin 1909 (avec augmentation de la luminance)



Place Saint-Epvre /  Photo Belliéni 1900
Publicité murale des établissements L. Grignon spécialisé dans la construction de vélocipèdes, installé pace Saint-Epvre à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Ayant-droit photo Jacqueline Ritter


Sur la rue du Maure-qui –Trompe :

Ses anciens noms : 1551, rue derrière Saint Epvre ; 1754, rue de la Mort qui Trompe; 1768, rue du Mort qui Trompe; 1793, rue du Maximum; 1794, rue des Bons-Enfants ; 1795, rue de la Mort qui Trompe ; 1830, rue du Maure qui Trompe. La rue Pierre Gringoire, entre Duc Antoine et place Saint-Epvre, faisait partie de la rue du Maure-qui-Trompe avant la démolition de l'ancienne église Saint-Epvre.

En 1704, la Chambre de ville de Nancy prend diverses précautions contre les incendies et en 1719, la ville achète des pompes à incendie à Strasbourg et des chariots pour les déplacer(*). Ces pompes seront placées rue du Maure-qui Trompe (du nom d’une auberge avec enseigne représentant un Maure jouant de la trompe) dans une maison la Sommerhaus avec des seaux en cuir bouilli. ….les premiers équipements de pompiers à Nancy; Outre les pompiers (on parle alors du magasin des pompes), on voyait jadis dans cette rue l'Hôtel de Ville (1594), la Grande Ecole (1551), le presbytère de Saint-Epvre, l'hôpital Saint-Julien (1335)…
(*) Histoire des sapeurs-pompiers de Nancy, par Albert Barbier

Les Jésuites avaient créé une école près de la Collégiale Saint-Georges, et ce dès le 14 ème siècle pour instruire les enfants de la bourgeoisie. Cette école fut transportée en 1571 rue du Maure-qui-Trompe. On parle de « Grande Ecole » mais en fait on n’y apprend que des rudiments de latin. Il faut alors aller à Paris pour « poursuive ses études ».ou à Pont-à-Mousson puisque en 1572 on y créa l'Université C’est cette école située derrière le chevet de Saint-Epvre qui servait d’hôtel de Ville. Les commis de ville et les douze conseillers s’y réunissaient jusqu’à son transfert en 1610 dans la maison de Jean Vincent achetée par la ville, entre rue des Pont et rue des Quatre-Eglises. Ce nouvel Hôtel de Ville recevra alors également la prévôté et le tribunal des Echevins.



Hôtel-de-ville de la rue du Maure qui Trompe

La maison d’école  de la rue du Maure-qui-Trompe  ne fut Hôtel de Ville que de 1594 à 1610. Avant 1592, les assemblées de la communauté de Nancy se tenaient dans l’église Saint-Epvre puis pendant peu de temps du côté de la rue du Haut-Bourgeois. En 1610, la ville achète l’hôtel de Jean Vincent pour y installer son nouvel Hôtel-de-ville jusqu’en 1751, date de sa démolition et du transfert vers la place Stanislas.





Plan de la ville-vieille en 1835


La rue du Maure-qui-Trompe avant la destruction de l'ancienne église Saint-Epvre (photo de gauche, plans de 1611 et 1835). Elle est en grande partie parallèle à la Grande-Rue et debouche alors place Saint-Epvre en face de la rue de la Charité.

Dessin par Morey de la rue au niveau du prebytère (photo de gauche / voir plan de 1835, le presbytère est situé sur la rue)

 et

 porte de l'hôpital Saint-Julien Grande-Rue (photo de droite) où il est resté quelque 250 ans. Créé sous le règne du Duc de Lorraine Raoul (1329-1346), l'abbé Wernier fonde, le 2 février 1335, le premier Etablissement Saint-Julien situé aux numéros 29, 31 et 33 de la Grande-Rue. Devenu trop étroit et étant mal situé, Charles III fait transférer l'Hôpital Saint-Julien au coeur de la Ville-Neuve



La porte de l'hôpital Saint-Julien (de la Ville-Vieille) au Musée  Lorrain maintenant



Chimère sur la basilique Saint-Epvre, rue du Maure-Qui-Trompe
Fenêtre de maison accueillante, même rue

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Angle du Cheval-Blanc rue de la Charité-  Phototypie Jules Royer 1896 et aujourd'hui



Angle rue du Cheval Blanc et rue de la Charité 1896

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L'ancienne gendarmerie devenue bâtiment administratif
La statue du maréchal Lyautey



L'emplacement de l'ancienne gendarmerie fut successivement occupé par le jardin du couvent des cordeliers (16e siècle) puis l'opéra construit par Bibiena pour le duc Léopold (1715), transformé en salle de comédie sous le règne de Stanislas puis en caserne (1758) dite "le quartier-neuf" puis caserne de la Pépinière ; cette dernière est détruite en 1818. La gendarmerie était alors installée dans le Palais ducal. Après l'incendie du Palais ducal (1871), un projet de nouveau bâtiment est présenté en 1872 afin d'abriter la gendarmerie et de loger les gendarmes et leur famille. (voir)



A gauche, monument du maréchal Hubert Lyautey, rue des Cordeliers
Bronze coulé par Huguenin à Vézelise / 1994, copie de la statue se trouvant à Paris (à droite) réalisée par l'artiste François Cogné

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Place (de) Vaudémont et les chameaux



La voûte des chameaux ultime vestige de la première porte Saint-Nicolas et des restes du bastion d'Haussonville,, détruite en 1841
et la place de Vaudémont actuellement avec la Grande-Rue (Bibliothèque municipale de Nancy et Google Maps)

 
La place (de) Vaudémont, nom donné en 1867, s'appelait précédemment place des Chameaux en souvenir de la voûte.
 La place est en réalité située sur l'ancien bastion d'Haussonville et non sur celui de Vaudémont. Le nom honore en fait l'une des plus glorieuses familles seigneuriales lorraines, les comtes de Vaudémont. Ces Vaudémont, hardis batailleurs en leur temps, furent la tige de la branche ducale de Lorraine, d'où sortirent René II, Antoine, Charles III, Charles IV, Charles V, Léopold, François III....et la maison impériale d'Autriche.

Porte Saint-Nicolas de la Ville-Vieille (cf):

Située à l’emplacement de la place Vaudémont actuelle, la porte Saint-Nicolas  construite au XIIe siècle, ferme la ville au sud. Renforcée de deux tours rondes au XIIIe siècle, son architecture continue d’évoluer (construction d’un ouvrage avancé, fin XVe-début XVIe s.) jusqu’à être englobée au XVIe siècle, au moment de la modernisation des fortifications, dans l’ouvrage du bastion d’Haussonville (ces vestiges sont visibles au sous-sol du musée des beaux-arts).
Sur le plan de la Ruelle, les tours ont disparu. A cette date, de l’ancienne porte ne restent que les galeries qui, au sein des fortifications, continuent à rejoindre le pont qui franchit les fossés.
Ce n’est qu’au XVIIe siècle, alors qu’est percée une nouvelle sortie de ville au bout de la place de la Carrière, que l’ouvrage tombe définitivement en désuétude.
Le duc Léopold en fait toutefois bon usage en transformant l’endroit en ménagerie pour y abriter les animaux qu’il ramène comme prises de guerre sur les Turcs. La porte est rebaptisée « voûte des chameaux ».
La démolition du mur d’enceinte, qui va permettre la création de la place Vaudémont et la rue Gustave Simon, fait ressurgir les vestiges.
Entre 1823 et 1847, de nombreux croquis, dessins et peintures témoignent des aménagements intérieurs avant leur destruction définitive.
Soixante chameaux richement caparaçonnés et conduits par des hommes de couleur, ont été ramenés à Nancy par le duc Léopold en 1698 lors de son entrée solennelle à Nancy, animaux pris aux Turcs par son père Charles V de Lorraine lors du siège de Vienne en 1683.
 
 La voûte de l’ancienne porte Saint-Nicolas (photo) servait d’écurie aux chameaux. Ces chameaux avaient fait partie du cortège funèbre de Charles V.

 On trouvait également à cet endroit une auberge des chameaux.

 (*) l’ancienne porte Saint-Nicolas a d’abord été remplacée, à quelques pas de là, par la porte Royale construite par Louis XIV, porte remplacée ensuite par l’arc de triomphe actuel en 1751.

Fontaine de Jacques  Callot



Inauguration de la statue de Jacques Callot le 26 juin 1877 (cf)





La fontaine Callot, place de Vaudémont, ancienne place des Chameaux jusqu’en 1867 (les chameaux ont été pris aux Turcs par Charles V, voir ci-dessus); c’est l’une des dernières fontaines monumentales construites avec la fontaine Lafayette. Ces fontaines sont des fontaines d’agrément puisque l’eau est alors distribuée à domicile.
Jusqu’en 1847, date de formation de cette place des Chameaux, des bâtiments étaient encore construits sur la voûte et mitoyens de l’Arc de Triomphe Héré. La façade monumentale date de 1877 et s’appuie sur l’Arc de Triomphe.
 Le fondeur parisien de la statue représentant Jacques Callot  est Alfred Daubrée et l’œuvre est due au sculpteur parisien Laurent. De part et d’autre de la fontaine on ajoute en 1881 les bustes en bronze des graveurs Israël Silvestre et Ferdinand de Saint-Urbain  (l'auteur du célèbre médaillier  (voir ici le médailler au Musée Lorrain et  les documents de Lepage dont la signature de l'artiste page 11).

Sur Saint-Urbain: " Etant allé à Rome , il s'y perfectionna , et y passa bientôt pour un Graveur du premier ordre en monnaies et en médailles .
Après avoir exercé cet emploi et celui d'architecte , sous les pontificats d'Innocent XI , il revint de Rome en Lorraine , auprès du Duc Léopold , qui voulut absolument l'avoir à son service , le gratifia de deux pensions , l'une comme graveur , l'autre comme son premier architecte , et le logea dans l'Hôtel des Monnaies de Nancy , où il demeura jusqu'à sa mort arrivée le 10 janvier 1738 ) , tant pour la façon d'un coin nouveau ( pièce en métal gravée en creux servant pour frapper de la monnaie ou des médailles ) , que pour les soins qu'il a pris en fabricant les jetons pour plusieurs de Messieurs de Ville , suivant l'usage"

 Le monument est inauguré le mardi 26 juin 1877, pendant la tenue du Concours régional agricole et hippique. La fontaine fonctionnait-elle dès 1877 ou bien à partir de 1879, année d'arrivée de l'eau de la Moselle?
Ci-dessus les différentes maquettes proposées par les artistes lors du concours.


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La basilique Saint-Epvre est dédiée à Saint Epvre, évêque de Toul, dont des reliques sont conservées dans une châsse dans le maître-autel.

Une première église est construite en 1080 par le duc Thierry II de Lorraine remplacée vers 1436-1451 par une autre de style gothique qui sera démolie en 1863. Un nouvel édifice de style néo-gothique est alors construit à partir de 1863 à 1875 avec Proper Morey pour architecte. Les fonds ont été en partie obtenus à partir de dons recueillis par le curé Monseigneur Joseph Trouillet mais également avec le soutien  de Napoléon III et de François Joseph Charles de Habsbourg-Lorraine. Le 26 novembre 1874, l'église est élevée au rang de basilique mineure par le pape Pie IX.

A voir en particulier :
- l'escalier monumental du parvis est un don de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, héritier des maisons d'Autriche et de Lorraine ;
- la statue de monseigneur Trouillet par Ernest Bussière ;
-  la chaire à prêcher des frères Klem de Colmar ;
- le maître-hôtel dont une maquette est visible au Musée Unterlinden - Théophile Klem;
- les quelque 2300m2 de vitraux,74 verrières dont 71 sont réalisés par les ateliers Geyling de Vienne;
- les grandes orgues néo-gothiques (tribune) construites par le facteur Joseph Merklin (société « Merklin-Schütze ») et inaugurées par Anton Bruckner;
 l'orgue de tribune de Saint-Epvre est, avec le grand orgue Cavaillé-Coll de la Cathédrale, le Dalstein-Hærpfer de Saint-Sébastien et le Didier de Saint-Nicolas, l'un des grands représentants de la facture d'orgue symphonique à Nancy.
- les boiseries issues des ateliers allemands Margraff de Munich ;
- 25m2 de dallage provenant de la Via Appia offerts par Pie IX.

En décembre 2012, l'archiduc Christophe d'Habsbourg-Lorraine, descendant des ducs de Lorraine, s'est marié à la basilique.
Le 15 décembre 2013, au cours d'une messe pontificale, une relique du Bienheureux Charles Ier de Habsbourg-Lorraine a été transférée dans la basilique.




L'ancienne église de Saint-Epvre



L'ancienne église Saint-Epvre, vision artistique par Raymond Simonin 1974

Autres représentations de l'église Saint-Epvre;

à gauche, autre vue de l'église et de son environnement

à droite représentation, datée de 1867, du clocher de l'ancienne église et de la nouvelle église Saint-Epvre pendant sa construction

1863: démolition de l'ancienne église Saint-Epvre. La tour, qui ne servait plus que de beffroi, est conservée jusqu'en 1867.
Pose de la première pierre de la nouvelle église Saint-Epvre — Elle est bénite en 1871, consacrée solennellement en 1876. —Installation, en 1878, des emblèmes des quatre évangélistes (saint Jean, saint Luc, saint Marc et saint Mathieu) devant le portail. A coûté : pour acquisitions de terrains, non compris le sol de l'ancienne église, 700000 F ; construction, 1800000 H ; mobilier, 300000 F ; total 2800000 F




L'ancienne église Saint-Epvre et sa démolition



Eglise Saint-Epvre en Vieille-Ville par Auguste Michel Colle, peintre lorrain
Une description de l'église Saint-Epvre



Plan du quartier Saint-Epvre  précisant les maisons concernées par la construction de la nouvelle église Saint-Epvre.
(document FB Nancyretro, D. Pesce)



Un marché place Saint-Epvre fin 19ème ou début 20ème siècle (cf D. Pesce)



Nouvelle église Saint-Epvre et clocher de l'ancienne église non encore démoli

Rappel sur la reconstruction: En 1857, l'église Saint-Epvre, ne présente plus les conditions de sécurité nécessaires à sa fréquentation. Elle est exigüe et insalubre.
Un concours officiel est organisé, puisque le projet d'une telle construction retient toute l'attention publique et le 28 janvier 1862, le programme du concours est rédigé.
Le projet n°6, "Domine dilexi decorem domus tuae" (Seigneur, j'ai choisi l'ornement de votre maison), est celui qui remporte la première place. Son auteur est le jeune architecte nancéien Léopold Gigout, né à Nancy en 1836. Il propose un plan en croix de Lorraine, ce qui séduit fortement la fibre patriotique des nancéiens. Mais une clause précise que « la mairie se réserve expressément la faculté de faire exécuter le projet qu’elle aura adopté par l’architecte de son choisi. »
Le projet de Morey est alors retenu, il sera l’architecte qui mènera la reconstruction. Le lauréat du concours, Léopold Gigout, victime de cette clause du règlement, doit se contenter de la prime de 2000 Francs, et d’une médaille d’or.
Le ressentiment provoqué par son éviction lors du concours de Saint-Epvre poussera Léopold Gigout, en 1891, à publier « La vérité sur la reconstruction de l’église Saint-Epvre », dans laquelle il relate le déroulement officieux du concours, mais surtout où il accuse Morey de plagiat. En effet, selon lui, le portail de Saint-Epvre est une copie du portail de la basilique Bon Secours de Rouen, œuvre de l’architecte Barthélémy.

Les liens (très) intéressants :
- « la vérité sur la reconstruction de l’église Saint-Epvre » avec les imperfections de Saint-Epvre (de Morey), lea photo du portail de l’église Bonsecours de Rouen page 102,….

Sur le concours relatif à la reconstruction de Saint-Epvre
la vérité sur la reconstruction de l’église Saint-Epvre

- Sur la généalogie de Léopold Gigout
Outre l’immeuble du 23 rue Saint-Dizier (photo voir le premier commentaire) notons que Léopold Gigout a été également l’architecte du 10 rue Gambetta à Nancy, immeuble de 1869 ….et d’autres églises ou immeubles.





Photographie entre 1863 et 1867. Ancienne tour-beffroi de la vieille église Saint-Epvre qui sera d"truite en 1867,
 nouvelle Saint-Epvre en construction




L'église Saint-Epvre en construction avec au premier plan à gauche l'hôpital Saint-Julien et l'hôtel de Rouerke au centre
  Architecte de la nouvelle Saint-Epvre, Prosper Morey.
L'ancienne église a été démolie en 1863 et le clocher-tour quelques années plus tard.
Pose de la 1ère pierre de la nouvelle Sain-Epvre, le 29 mai 1864.
Fin des travaux en 1871.
Consécration les 6 et 7 juillet 1875.
Le 26 novembre 1874, l'église avait été élevée au rang de basilique mineure par le pape Pie IX.

D'autres sources donnent: "1863: démolition de l'ancienne église Saint-Epvre. La tour, qui ne servait plus que de beffroi, est conservée jusqu'en 1867.
Pose de la première pierre de la nouvelle église Saint-Epvre — Elle est bénite en 1871, consacrée solennellement en 1876. —
Installation, en 1878, des emblèmes des quatre évangélistes (saint Jean, saint Luc, saint Marc et saint Mathieu) devant le portail. A coûté : pour acquisitions de terrains, non compris le sol de l'ancienne église, 700000 F ; construction, 1800000 H ; mobilier, 300000 F ; total 2800000 F"




La Ville-Vieille depuis la basilique Saint-Epvre
le clocheton carré que l'on voit au -dessus de l'église des Cordeliers a été démoli en Août 1909




Rue de la Charité depuis le basilique Saint-Epvre



Inauguration de l'église Saint-Epvre le 20 mars 1871.  Ici, consécration de l'église en 1875 (Le Monde Illustré)
- sur le campanile de l'église Saint-Epvre, les sculptures,...(1874)
Les réverbères au gaz  devant Saint-Epvre datent de 1895 (photo juste avant, article de 1896) , ceux électriques de 1908 et de forme différente



- sur le Tétramorphe de l'église Saint-Epvre décidé en 1875 (article de 1878)
- sur MM Dehin fondeurs belges  (l'Espérance du 4 mai 1878 sur la pose des statues)

Devant la basilique, au-dessus du perron, se trouvent quatre gros piédestaux en pierre, surmontés des quatre figures allégoriques se rapportant à chacun des Evangélistes. Le Lion (Saint Marc) ; l'Ange (saint Mathieu); l'Aigle (saint Jean); le Bœuf (saint Luc).
Ces statues, en cuivre rosette, se dressent sur une colonne de même métal soutenue par quatre arcboutants, et terminée par un globe représentant la Terre et servant de piédestal aux emblèmes évangéliques.

A noter les inscriptions gothiques, figurant sur les banderoles et sur les globes, inscriptions mentionnant : l'une le plus beau titre de gloire de chaque Evangéliste; l'autre motivant l'emblème qui le représente:

1-    LION (Saint Marc), côté gauche, grand portail.
Banderole :
Petri auditor et interpres ejus
« Il fut le disciple et l'interprète de Pierre » Globe :
Marcus ut alta fremit vox per deserta leonum.
« Il y a des frémissements dans la puissante voix de Marc »

2. ANGE (Saint Mathieu), côté gauche, grand portail.
- Banderole :
Relictis omnibus, surgens, secutus est eum
« Il se leva, abandonna tout et Le suivit »
Globe : Hoc Mattheus a genealogia generaliter implet
 « Le but général de saint Mathieu est d'établir la filiation humaine du Messie »

3. AIGLE (Saint Jean), côté droit, grand portail.
Banderole :
Discipulus ille quem diligebat Jesus
« Ce fut le Disciple que Jésus aimait »
Globe :
More volans aquiloe verbo petit astra Joannes
« Hardi comme l'aigle en son vol, la parole de Jean s'élève jusqu'aux nues. »

4. BŒUF (Saint Luc), côté droit du grand portail.
Banderole :
Laus in Evangelio per omnes Ecclesias
« Son éloge se lit dans l'Evangile parmi toutes les Eglises »
Globe :
Lucas bovis hostia obumbrat pontificem Christum
« Par son récit du sacrifice de Zacharie, Luc nous figure le sacerdoce du Christ »

Ce Tétramorphe, ces quatre allégories sont l'œuvre des frères Dehin, de Liège.

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L'hôtel de la Monnaie

On pourra lire: l'hôtel de la Monnaie des origines à nos jours de 1725 à 1980

 la Grande-Maison (voir plan ci-dessous) entre dans le domaine public quand le fils de Ferri de Lorraine devient duc de Lorraine.  On transporte en cette maison les blés el le foin produits par les terres domaniales, et souvent, pour ce motif, le bâtiment reçut le nom de la « Cellérerie de Nancy ». Par derrière la maison, on construisit des écuries, et voilà pourquoi la rue qui passait entre cette demeure et les remparts s'appelait autrefois rue des Écuries (aujourd'hui impasse du Bon-Pays).
 Au 17ème  siècle, vers 1687, fut installé à l'est de ce bâtiment, dans une maison qui fait saillie sur la rue, l'atelier monétaire de Nancy. Après le retour de Léopold, il faut pour l'atelier monétaire un espace plus considérable; et, dès lors, le duc se résoud de le transporter dans la Grande-Maison. Il fait abattre les vieilles constructions et élever par Boffrand, en l'année 1721, l'Hôtel de la Monnaie. Saint-Urbain s'installe dans cet hôtel et y meurt le 10 janvier 1788.
 Comme, au temps de Stanislas, la Lorraine cesse, d'avoir ses monnaies autonomes, on loge en ces bâtiments divers fonctionnaires publics, entre autres l'ingénieur en chef des ponts et chaussées, le major de la place, et un emploit les combles pour des magasins de blés. Sous le régime français, par arrêt du Conseil d'État du 3O octobre 1771, on donne l'édifice à la Chambre des Comptes qui en prend possession à la rentrée de 1773. On installe les archives de la Chambre dans de grandes salles voûtées. On place en outre dans cet édifice la maîtrise des eaux et forêts et le bureau du vingtième.
 En 1776, on construit, derrière le bâtiment, des prisons où l'on enferme les individus que la Chambre condamnait à la détention; ces prisons débordaiet sur la rue du Bon-Pays qui devient alors une impasse.
 Sous la Révolution, les bâtiments restent en partie inoccupés;  les archives demeurent  dans leurs caves, et on réunit ici les documents qui provennent des couvents.
 En 1821, on y installe à côté des archives lo tribunal de première instance; et longtemps la justice, les prisons et les archives ont occupé en commun ces bâtiments. Après la construction de la maison d'arrêt dans la rue de l'Equitation, les anciennes prisons ont été vendues en 1858, et, sur leur emplacement, s'est bâtie l'École Saint-Léopold .
Puis, en 1887, on a commencé à construire pour le tribunal le nouvel édifice à côté de la Cour d'appel; et alors les archives départementales occupent seules l'édifice élevé par Léopold. On continue par la force de la tradition de l'appeler la Monnaie et la rue qui le longe porte toujours le nom de rue de la Monnaie. on ne songe plus par contre à l'époque où se dressait ici la Grande-Maison de Vaudémont, élevée au temps de Charles II (cf)



L'hôtel de la Monnaie (28) sur le plan de Claude de la Ruelle de 1611
Rue de la Monnaie à gauche, impasse du Bon-Pays à droite, la Grande Maison (21)
On a cru longtemps à tort que cette "Grande Maison" était un débris de l'ancien palais cédé par le duc Ferri III aux Dominicainess. En réalité elle fui élevée à la fin du 14ème siècle par Jean de Prény, receveur de Nancy. Elle fut achetée par Ferri de Lorraine,  Comte de Vaudémont, frère de Charles II et prit le nom de Grande Maison de Vaudémont. A gauche de la rue de la Monnaie, l'ancien domaine des Dames Prêcheresses, à l'emplacement du premier "château" de Gérard d'Alsace. (cf).



Le portail de l'hôtel de la Monnaie, gravure sur bois (de 1934) de Raymond Simonin représentant l'entrée avec des marches tel qu'elle se présente encore au 19ème siècle avant réhaussement de la rue.
Le Grand escalier de l'hôtel de la Monnaie par Detaut de 1725.




Au-dessus:

Au fronton de l'entrée de l'hôtel de la Monnaie, les armoiries ducales
Dessin par Germain Boffrand copié par Prosper Morey (Musée lorrain)

En-dessous sur la façade du bâtiment neuf du 26 rue Gustave Simon dissimulant deux étages d'archives:
Le bas-relief de Jean-Jacques Staebler (cf), graveur, peintre et sculpteur regroupe divers symboles liés au département :

- Les blasons des quatre sous-préfectures :
A gauche, les armoiries de Longwy (les 2 poissons et la croix), en dessous, celles de Pont-à-Mousson (le pont et la rivière), puis en bas le "Tau" de Toul, surmonté sur sa droite par les 3 croissants de lune de Lunéville.

- Les principaux symboles liés aux ducs de Lorraine :
Les 3 alérions (en haut à droite), la croix de Jérusalem en haut et à sa gauche les barres verticales normalement rouge et jaune faisant allusion à la Hongrie. La croix de Lorraine, derrière Toul. Bien sûr, au centre, le chardon Lorrain.

- Le tout est enfermé dans des fortifications bastionnées à la Vauban
Elles font allusion aux fortifications par Vauban de Nancy (disparues) et de Longwy et Toul.
On peut penser que la croix à droite des 3 alérions fait allusion à la partie dont le département de la Meurthe a été amputé après 1870 et aux morts des 3 dernières guerres (document Micheline Montagne)


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