retour à l'accueil NANCY

Maison Majorelle, maison emblématique de l'art nouveau nancéien.




La maison Majorelle en 1902 (autres photos)

Afin de pouvoir agrandir ses ateliers, Louis Majorelle (1859-1926) achète en 1897 un terrain situé sur la commune de Médreville plus tard annexée par Nancy. Ces ateliers sont construits par Lucien Weissenburger et achevés en 1898.

En 1898, Henri Sauvage fait appel à Majorelle pour le mobilier des salons du Café de Paris (voir 18/34). Outre l’amitié qui les unit, Majorelle comprend l’intérêt de s’allier les services d'un jeune talent si bien introduit.

Baptisée "Villa Jika", des initiales de Jane Kretz, l’épouse de Louis Majorelle, la villa s'élève entre 1901 et 1902 sous la direction de Lucien Weissenburger, architecte d’opération.

La géométrie rigoureuse, la volumétrie des toitures, la variété des ouvertures, le contraste des matières, les éléments de second oeuvre affirmés au moyen d’une riche décoration, expriment le plan et les fonctions. Des réminiscences néo-gothiques apparaissent dans la forme de la tour de l’escalier, l’isolement des motifs décoratifs ou l’absence de la régularité et des proportions classiques. Une certaine brutalité, notamment la rupture entre la maçonnerie et la verrière sommitale de la tour de l’escalier, éloigne la villa Jika du formalisme de l’Art nouveau et la situe plus globalement dans le courant rationaliste. L’esthétique émane de sa logique constructive que, néanmoins, elle formalise : les jambes qui amortissent, dans le projet, l’encorbellement des angles de la tour d’escalier ne se justifient pas et l’arc-boutant qui relie le pignon de l’atelier à une souche de cheminée inspirée des pinacles gothiques n’a aucun rôle tectonique.

Lançant localement ce qui aurait pu être une architecture de l’Art Nouveau, la villa rompt avec l’esthétique "botanique" qui domine encore l’Ecole de Nancy.

Sauvage conçoit aussi une partie de la décoration et du mobilier réalisé par Majorelle et la ferronnerie réalisée par Victor Prouvé. Le balcon de la terrasse de l’étage est publié dans "Eléments d’Architecture Moderne".

Louis Majorelle est encore par deux fois le client d’Henri Sauvage (voit 18/83 et 18/89).

La villa Jika a été inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 15 janvier 1975. (Fonds Henri Sauvage)

La villa Majorelle
a été donc construite par Henri Sauvage, architecte parisien. Pour la première fois est exposée l'alliance arts décoratifs / architecture . A ce chantier ont été exposés le céramiste Alexandre Bigot, le peintre-verrier Jacques Grüber, les peintres Francis Jourdain et Henri Royer. L'architecte nancéen Lucien Weissenburger est chargé des travaux; maison à vivre et showroom pour la présentation des productions de Louis Majorelle ( ébéniste et décorateur), la maison JiKa ( du nom de sa femme Jane Kretz) est l'un des fleurons de l'Art Nouveau.
Au tournant de 1900, Majorelle a ajouté un atelier de forge à son atelier d'ébéniste afin de produire des poignées et des charnières dans l'esprit des lignes fluides de son travail de menuiserie. Son atelier était aussi responsable de la réalisation des balcons forgés, des rampes d'escalier et des détails extérieurs de nombreux bâtiments de Nancy au changement de siècle ( voir ici la fenêtre et la marquise)

Depuis 2012, la maison est labellisée "Maison des illustres" par le Ministère de la Culture et de la Communication; ce label contribuant à mettre en valeur la mémoire d'hommes et de femmes qui se sont illustrés dans l'histoire politique, sociale ou culturelle de la France.



Entrée:
-Vitraux de Grüber à décor de monnaie- du- pape, verre américain restauré en 2008 par l'atelier Bassinot







Quatre impostes: vitraux par Jacques Grüber en verre dichroïque
 décor de coloquintes


Ci-dessus, photos jcb et Ville de Nancy

L'intérieur: boiseries, mosaïques, cheminées, décors,...



Lustre aux algues dans l'escalier



Rampe d'escalier à décor de lierre, en bois de chêne (Majorelle, dessin d'Henri Sauvage) et vestibule avec meuble portemanteau en fer forgé et décor de monnaie-du-pape




Mosaïques du sol



GrANDS CARREAUX DE C2R

Frise peinte en 1905 par Henri Royer portraitiste et paysagiste nancéien (thème symboliste de la fin du jour) et grands carreaux de céramique sur le mur intérieur de la terrasse par Bigot.








Le vitrail initial par Jacques Grüber a été détruit par un bombardement le 1er janvier 1916. Il avait pour décor des arbres en fleurs et des chouettes perchées. il a été remplacé par un vitrail d'inspiration mauresque. On sait que Jacques Majorelle le fils de Louis était de santé fragile et attiré par les pays méditerranéens.Il s'établit au Maroc en 1917.

Grande cheminée en grès flammé par Alexandre Bigot sur le thème de l'épi de blé.

Salon: cheminée avec meuble à décor de pomme de pin symbole de richesse (Louis Majorelle),à droite
Bois sculpté, laiton, cuivre, céramique, miroir, vitrail en céramique de verre.








Frise à décor d'animaux de basse-cour, de fruits et de légumes réalisée par Francis Jourdain



Escalier: vitraux à décor de monnaie-du-pape par Jacques Grüber, verre américain et anglais
Vestibule: porte à décor de monnaie-du pape, en fer forgé par Majorelle




Chambre à coucher


***********

L'architecture:



Façade Nord en haut avec à gauche la partie réservée au service, la cage d'escalier au centre et la partie habitation à droite

Façade Est en bas à gauche : partie réservée au service

Façade Ouest en bas à droite avec la partie habitation et l'atelier

Partie Est réservée au service: ferronneries Majorelle, céramiques dessinées par Sauvage, vitraux simples



Porte d'entrée: marquise et les décors de branches d'orme
Grès flammés d'Alexandre Bigot sur la terrasse devant le salon

Après 1889, ALEXANDRE BIGOT avait procédé à des expériences sur les réactions de divers minéraux appliquées sur toutes sortes de pâtes cuites au grand feu. Il avait mis au point le procédé des grès et des porcelaines "flammées" avec Ernest Chapelet. Vers 1900, Bigot s'installe à Paris et s'adonne à la décoration architecturale, exécute notamment des cheminées, des revêtements intérieurs et même des façades. En 1902, il participe à la décoration de la villa Majorelle (voir le perron).
La décoration en grès flammé est donc signée A. Bigot et H. Sauvage. Alexandre Bigot (1862-1927), dont la fabrique est installée dans la commune de Mer (Loir-et-Cher), fut encouragé par la commande de Guimard pour le Castel Béranger

Architecture de la porte d'entrée et gouttière aux motifs floraux


Vitrail de la cage d'escalier
Porte d'entrée

Motifs: Monnaie-du-pape

Détail de la porte d'entrée : motif de monnaies- du- pape

Architecture de la fenêtre à gauche de l'entrée ( partie réservée au service)

Fers forgés fabriqués dans les ateliers Majorelle
Les produits plats constituant la porte sont issus des Aciéries de Pompey

Ce qui se dit en 1902 sur les fers « De son côté, le fer n'affiche aucunement le désir de prendre la place d'autres matériaux, en reniant ses qualités et son caractère propres. La grille -ainsi que les consoles de la marquise- traitées avec une grâce légère et souple qui pare d'élégance ce côté de la maison. Mais le métal qui n'est ni ratissé, ni pelé, ni appauvri, ni défiguré, conserve l'empreinte de la main de l'homme, on y lit la lutte avec le feu sous la volonté victorieuse d'un cerveau et d'un bras. »


Ferronneries



Balcons de l'atelier de Majorelle au Nord et balcon de la façade Ouest
Arc en plein cintre pour la grande baie de l'atelier de Louis MAJORELLE
Le balcon de bois au Nord comporte des encorbellements en fer dessinés par Sauvage

Cheminée Art Nouveau: les matériaux utilisés sont la brique le calcaire et le grès ; grès émaillé pour le couronnement
Balcon en bois d'espect japonisant sur la façade Ouest

Après rénovation 2015-2017 pour 833k€ :




Photo S. Dézavelle               

Les cheminées ont été déposées en 2005 ainsi que les mitres de cheminée. Ornées d'éléments en grès de Bigot, elles ont été consolidées et remises en place en 2017 pemettant à la villa de retrouver sa silhouette d'origine.  La maîtrise d'oeuvre des travaux de restauration de la villa (façades, toiture à ardoises à pans coupés respectant les ardoises d'origine) ont été confiés à l'Atelier Grégoire André et ont été réalisés entre 2016 et 2017. Les menuiseries et ferronneries ont également été remises en peinture respectant la couleur d'origine.




Les balcons Nord, Sud et circulaire (photo) ont été également consolidés et rénovés.

Louis MAJORELLE (1859-1926)
« Après avoir suivi les cours de Théodore Devilly et Charles Pêtre à l'école des beaux-arts de Nancy, Louis Majorelle est admis à l'école des beaux-arts de Paris en 1877 dans l'atelier du peintre Aimé Millet. Deux ans plus tard, le décès de son père l'oblige à revenir à Nancy. Il reprend avec son frère Jules l'entreprise familiale de fabrique de mobilier et de faïence.
En 1894, après une production d'inspiration historique, Louis Majorelle remplace le décor vernis ou peint du mobilier rocaille et japonisant au profit du décor marqueté à références naturalistes et symbolistes. Reconnu essentiellement pour son travail d'ébéniste, Louis Majorelle développe une production de meubles à deux niveaux : la première concerne le mobilier de luxe, fabriqué à Nancy rue du Vieil Aître, et la seconde, le mobilier bon marché de série qui est réalisé à partir de 1905 dans les ateliers de Pierre Majorelle à Bouxières, près de Nancy.
Le travail du métal est développé dans ses ateliers pour la réalisation des bronzes ornant le mobilier, mais aussi pour les luminaires en collaboration avec Daum à partir de 1898.
Il fait éditer ses céramiques dans différents ateliers de la région lorraine et réalise des modèles d'objets en grès pour Alphonse Cytère (Rambervillers) et les frères Mougin.
Ses multiples activités l'amènent à ouvrir de nombreux magasins d'exposition, notamment à Paris, Lyon et Lille. En 1901, il est un des vice-présidents de l'Ecole de Nancy. »

(Source : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=louis-majorelle)


L'histoire de la construction (texte Ville de Nancy)


Chronologie par Ville de Nancy






Plan d’origine de la villa Majorelle,
par la suite l’arc surbaissé a été recouvert par une construction en bow-window

L’entrée principale brisant la symétrie habituelle partage de façon claire les trois fonctions de la maison.
 La partie basse dédiée au service, puis un avant-corps strict, éclairé d’une immense baie-vitrail de Jacques Grüber abrite la circulation aux étages dans un style néo-gothique, très prisé lui aussi à cette période.
Quant à la partie noble, faite de fenêtres en arc de plein cintre ou surbaissé, déploie avec élégance les différents courants d’influences de cette architecture… Des carreaux de céramique au motif d’orchidée soulignent chaque ouverture de fenêtre, conférant ainsi une continuité et une unité à cette originale conception de l’architecte Henri Sauvage (cf)














1902-  Photos de la maison Majorelle juste après sa construction
(documents Benoit Braibant groupe facebook nancyretro)



Louis Majorelle et son fils Jacques
Façades nord et ouest et intérieur de la maison
Document Weber Williams NancyRetro Facebook




Jane et Louis Majorelle en 1908
Musée Ecole de Nancy



Jane Kretz, Madame Majorelle
sur les marches de sa maison JK



Jane Majorelle devant la pièce d'eau de la maison Majorelle
Autre personnage, Suzanne Majorelle, nièce de Louis Majorelle



La famille Majorelle en 1911



Louis, Jane et Jacques Majorelle en 1911




Fonds photographique Majorelle Louis Majorelle et Jika
Musée Ecole de Nancy

L'album photographique Majorelle


*****



Le quartier en 1908,  la maison et les ateliers Majorelle



Plan de 1931, la rue Palissot s'arrête sur le jardin Majorelle
voir aussi