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Emile Friant (Dieuze 1863-Paris 1932)


Généalogie par Brigitte Hellio Caquelin

Association Emile Friant

La gravure, un pan méconnu de l’œuvre d’Émile Friant

Le peintre Émile Friant est né à Dieuze le 16 avril 1863. Il vint à Nancy avec ses parents après 1871. Il entre à l'École Tabellion, qui devait devenir l'École Professionnelle de l'Est. Là, il reçoit ses premières leçons de L. Larcher, alors futur directeur de l'École des Beaux-Arts de Nancy. Il entre en relations avec Ernest Charbonnier, puis avec le peintre Petitjean. Il fréquente ensuite l'École municipale de dessin de Nancy, dirigée par le messin Théodore Devilly. Il part ensuite à Paris, à l'âge de seize ans, pour suivre les cours de l'École nationale des Beaux-Arts, en même temps qu'il entre à l'atelier de Cabanel, où il devait retrouver son camarade d'enfance, Victor Prouvé.

En 1883, il remporte le second grand prix de Rome. En 1889, avec son tableau La Toussaint, il remporte le prix du Salon, la médaille d'or. La croix de chevalier de la Légion d'honneur lui est décernée.

Depuis ces premiers succès, toute sa vie d'artiste ne fut qu'une ascension continue. Officier de la Légion d'honneur en 1901, il est nommé professeur de dessin à l'École nationale des Beaux-Arts en 1909, puis, le 9 juin 1923, il est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts.

Il conserva toujours Nancy comme siège principal de son activité créatrice. Il a largement contribué à former le goût esthétique des habitants de notre région par des œuvres comme "Les Jours heureux" qui ornent le grand salon de l'Hôtel de Ville, comme les tableaux qui font la gloire de notre Musée de peinture, comme le plafond du salon d'honneur de la Préfecture.

Membre de la Commission du Musée de peinture, sa voix était très écoutée. Il apportait en outre sa précieuse collaboration au jury d'admission de la Société lorraine des Amis des Arts.
Il était également associé correspondant de l'Académie de Stanislas depuis le 4 juillet 1924.



Emile Friant, Le Coin Favori, Portrait de Victor Prouvé (1883)
Musée des Beaux-Arts, Nancy

M. Friant nous ramène à l'atelier. Son ami Prouvé s'est
 assis à sa table chargée de livres, de statuettes, de papiers.
 Aux murailles pendent des draperies chatoyantes, des
 études, esquisses de tableaux, des écrans japonais ; sur
une console blanche le plâtre d'un buste italien. L'en-
semble est lumineux et très fin. Bon artiste, M. Friant ne
vise pas à l'esbroufte, il ne cherche pas à en imposer au
public, à tirer son coup de pistolet plus fort que les
autres ; il se contente d'avoir du talent et il en a beaucoup
Nancy Artiste 1884




Emile Friant "la douleur" Oeuvre de 1898 au MBA de Nancy



Étude pour la Douleur
Crayon sur papier signé et titré en bas à droite 43,5 x 27,5 cm

Étude pour le tableau La douleur, 1898, conservé au musée des Beaux-Arts de Nancy.
 1500 € le 14/10/22 Paris
650€ le 31/03/23 Paris



La leçon de mandoline
Crayon sur papier signé et daté 1906 en bas à gauche
Timbre sec chiffré acf (?)
50 x 40,5 cm- 1000€ le 31/03/23 Paris



Étude pour La Douleur, 1898 - 1899 Support: Fusain sur papier vélin




La Toussaint
1888 MBA Nancy

La Toussaint  vaudra à Emile Friant une reconnaissance internationale. L’immense composition représente des femmes en habit de deuil, en route pour fleurir des tombes. Le réalisme est stupéfiant.

Médaille d’or au Salon de 1889, cette toile ainsi que l'autre composition funèbre, "La Douleur", voir illustration précédente)  va valoir définitivement à l’artiste l’étiquette de
 « peintre des cimetières » !


 Une galerie de portraits avec cette grande famille nancéienne aux portes du cimetière de Préville, avec ses rites du deuil, sa conception de la charité et les principes d'éducation qui en découlent. De la petite fille au vieillard, les personnages sont liés les uns aux autres par la pièce de monnaie, geste de charité et seul échange entre deux classes sociales.
La jeune femme portant un pot de fleurs sort de ce cadre comme si elle marchait véritablement dans la peinture. » (Commentaire MBA de Nancy)

Prix du salon de peinture et de sculpture de 1889 avec ce tableau:

FRIANT (ÉMILE), né à Dieuze (Alsace-Lorraine), élève de Cabanel et de M. Devilly. — Méd. 3e cl. 1884, 2e cl. 1885. — A Nancy, rue Jeanne-d'Arc, 26, et à Paris, boulevard de Clichy, 11. (Voir les Livres d'or de 1884 et 1885.)

N° 1081. La Toussaint.

H. 2m54. — L. 3m28. — Fig. grandeur naturelle, en pied.

A gauche, de face, assis contre un mur, un aveugle, la tête encapuchonnée, le corps enveloppé d'un manteau vert sombre, un écriteau sur la poitrine, les jambes sous une couverture rayée, tenant, de ses mains gantées, sur ses genoux, une petite sébile. De la gauche, arrivent vers lui, vus de profil, tous en vêtements de deuil, une petite fille, coiffée d'un bonnet de fourrure, qui avance la main droite en présentant une pièce de monnaie, deux dames en chapeau, dont la plus proche tient un gros bouquet de chrysanthèmes, un homme d'âge mûr, coiffé d'un chapeau de soie à haute forme, ayant sous le bras un parapluie, une jeune fille, en chapeau noir, portant un pied de chrysanthèmes en fleur dans un pot de terre rouge. Derrière eux, au fond, à travers une grille, au-dessus d'un mur bas, on aperçoit, au loin, l'intérieur d'un cimetière, avec de nombreux groupes de visiteurs. Le sol, les bâtiments, les arbres, sont couverts de neige.

Signé à gauche, en bas : E. Friant 1889.





« Mendiant dans une église »  ou "l'aveugle"par Emile Friant et étude
Panneau d'acajou, deux planches, non parqueté.
Signé en haut à droite E. Friant et daté 87.
66,5 x 48,5 cm
Provenance : collection Constant Coquelin, dit Coquelin aîné.
25000 euros le 24 mai 2022 à Drouot

« Le tableau représente le mendiant Auger assis endormi à l'entrée d'une église plongée dans l'obscurité. Auger était une figure populaire et connue de tous les Nancéiens si l'on en croit Charles de Meixmoron de Dombasle. On le trouvait fréquemment rue Saint-Dizier. Le sujet est d'un réalisme sans concession ; néanmoins l'atmosphère est empreinte d'une certaine spiritualité, due peut-être à la clarté rouge d'un vitrail à l'arrière- plan et à celle, vacillante, d'un cierge, tranchant sur l'obscurité de l'église et reliées, par une oblique symbolique, aux mains d'Auger croisées dans un geste évoquant la prière et la résignation. De cette composition au cadrage serré, d'une grande sobriété de moyens et de coloris, émane un sentiment de paix et de sérénité. Au- delà de la compassion, Friant exprime toute la sympathie et le respect qu'il éprouve envers les déshérités. Il n'y a pas d'arrière-pensée politique ou sociale mais uniquement un message d'humanité. »  (notice Pascale Pavageau).
L'entrée représentée est manifestement inspirée de la Porterie du Palais
ducal et on peut supposer également un rapport avec l'église Saint-Georges qui était située à côté du Palais ducal.
On retrouve ici le mendiant du tableau "la Toussaint" peint en 1888.
"L'aveugle" n'était à ce jour connu que par les descriptions figurant dans les deux catalogues de vente de la collection du fameux acteur Constant Coquelin, dit Coquelin aîné, en 1893 et 1906. 



Auto portrait à quinze ans 1878

Musée de la Cour d’Or, Metz.



Autoportrait ou l'étudiant



en 1887 MBA Nancy



Autoportrait d'Emile Friant conservé au Musée des Beaux-Arts de Nancy .



Autre autoportrait 1892



Autoportrait



Emile Friant, fonds Corbin





Photographies figurant E.Friant signée Eugène Pirou en haut
 et studio Henri Manuel, en bas   (*)




1913 Emile Friant par Léopold Poiré



Portrait de Friant par Jean-Louis Burtin 1912 (*)
Jean-Louis Burtin Généalogie par Brigitte Hellio Caquelin

 (*) Le sculpteur Jean-Louis Burtin (1878-1940), ami d'Emile Friant et des artistes lorrains de la fin du XIXe et du début du XXe, est l'auteur des décors de nombreux édifices nancéiens (Excelsior, Chambre de commerce, immeuble de l'Est républicain...). Il réunit au cours de sa vie une collection de tableaux et d'objets d'art. Les deux portraits ci-dessus ont fait l'objet de la vente de la collection Jean-Louis Burtin  par Nabécor Enchères à Nancy en octobre 2018.

A la mort d’Emile Friant, Jean-Louis Burtin devient, avec la ville de Nancy, le légataire de ses gravures.
 

"A partir de 1900, la gravure occupe une place grandissante dans la production d’Emile Friant. A travers la technique de l’eau-forte et de la pointe sèche, son style réaliste et son dessin minutieux s’épanouissent pleinement dans ses portraits, ses scènes intimes ou ses allégories politiques. L’artiste décline dès lors un même sujet en plusieurs gravures quasiment identiques. "(Interenchères)



Emile Friant pat Victor Prouvé
,1938
Médaille en bronze 6X4.8 cm

Victor PROUVÉ (1858-1943), d'après. Médaille de table à la mémoire d'Emile FRIANT (1863-1932), en 1938, porte l'inscription au revers sur 14 registres A / la mémoire / d'Emile FRIANT / né à Dieuze le 13 avril 1863 / décédé à Paris le 3 juin 1932 / Peintre dessinateur graveur / Premier Second Grand Prix de Rome / en 1883 / Prix du Salon en 1888 / Membre de l'institut / le 9 juin 1923 / Commandeur de la Légion d'Honneur / le 16 aout 1931 / Ses Amis ses Admirateurs. Bronze. 6 x 4,8 cm.




Emile FRIANT
 Portrait d'homme Pointe sèche signée en bas à droite daté 1927 et dédicacé « à mon cher ami Ernest Rollin affectueux souvenir ». 21.5 x 14.5 cm- 260€ mai 2023

Portrait de Louis Burtin par Friant



Deux dessins de Friant:
"intérieur de boucherie", sanguine et "taureau chargeant un homme", fusain





L'Alsace et la Lorraine accourant dans les bras de la France
1915
Dessin préparatoire au fusain pour une lithographie et pour des bons émis par la ville de Strasbourg à partir de l'armistice du 11 novembre 1918.

 "La France reçoit dans ses bras l'Alsace et la Lorraine". Lithographie, signée et datée "1916"

et

"Honneur à ces vaillants"



Venez en aide aux soldats Alsaciens Lorrains 1916



Le départ du conscrit
estampe en noir signée dans la planche et datée Nancy mai 1916. 82x63 cm



Émile FRIANT Gouache et aquarelle signée BG 25x16 cm

« La République embrasse l’Alsace » 1500 euros le 30/11/22 Paris



Polynice maudit par Oedipe, 1883
Huile sur toile - 145 x 115 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts Photo MBAR
 Il s’agit du 1er Second prix de Rome accordé cette année là à Émile Friant . Malgré les qualités évidentes
de l’œuvre, Friant n’obtint donc pas le Grand Prix qui fut attribué à André-Marcel Baschet, et en dépit de deux
tentatives les années suivantes, il ne réussit jamais à être lauréat du prix de Rome.



"Jeune garçon à la veste col marin " 1884

Excellent portraitiste, Emile Friant se situe à la charnière entre une technique classique et l’impressionniste naissant, comme son compatriote Bastien-Lepage, également originaire de Lorraine. S’il excelle dans les sujets charmants comme les amoureux, ses tableaux les plus célèbres comme la Toussaint ou La peine capitale montrent un réalisme qui permet de le cataloguer comme l’un des derniers naturalistes.

Aussi brillant dans le dessin qu’en peinture, il ne cherche pas à embellir ses modèles.

S’il nous est présenté, et avec un certain flou pour l’arrière-plan, dans une tenue de la bonne société, ce jeune garçon laisse apparaître de façon éclatante la maladresse et le tourment bien typiques d’une adolescence inachevée.




Amis à la campagne

Emile Friant représente deux de ses proches amis se reposant dans la campagne près de Nancy : le peintre Camille Martin (1861 - 1898) qui fut son condisciple à l’école de dessin de Nancy, et Mathias Schiff (1862 - 1886) peintre et sculpteur mort prématurément, dont plusieurs œuvres sont conservées au musée des Beaux-Arts de Nancy.
 Le tableau peut être daté de 1880. A cette époque, Friant s’intéresse au paysage et pratique la peinture en plein air. Il exécute alors une série de paysages pris sur le vif en ville ou à la campagne. Ces toiles, ancrées dans la réalité, sont appréciées par la critique qui admire la facilité d’exécution du jeune Friant et la sensibilité avec laquelle il représente la nature. Estimation Sotheby's 8000-12000 euros

Dans ce tableau, le peintre lorrain Emile Friant peint deux de ses amis les plus proches se reposant dans la campagne Nancéenne. Il s’agit du peintre Camille Martin (à droite), qui a étudié avec lui à l'École des Beaux-Arts de Nancy et de Mathias Schiff (à gauche) peintre et sculpteur décédé prématurément. A coté des deux jeunes artistes allongés dans l’herbe, on remarque tout l’attirail du peintre de l’époque: le chapeau a large bord pour protéger les yeux de la trompeuse lumière du soleil, le parasol, et la boite à gouaches tenue par deux anses surmontée de feuilles de papiers et de cartons à peindre. L’arrivée d’une jeune jolie dame sur le chemin avec un panier de pique nique sous le bras, semble avoir réveillé d’une longue sieste ces deux jeunes artistes galants et un peu paresseux. Ils produiront pourtant l’un et l’autre de nombreuses œuvres .
Mathias Schiff reste surtout connu pour un monument imposant, encore visible aujourd’hui à Nancy en plein cœur de la vieille ville, Place Saint Epvre ; il représente René II, personnage emblématique de la Lorraine indépendante et souveraine, victorieux de Charles le Téméraire à la bataille de Nancy en 1477.
Camille Martin lui fait partie des rares peintres nancéiens qui ont eu une influence sur la peinture de l’Ecole de Nancy avec le célèbre Victor Prouvé et Emile Friant avec lequel il resta ami toute sa vie durant.
(Sotheby's)
40000 euros en 2018 à Paris



Peinture décorative

"Émile Friant pratiqua peu la peinture décorative. Il aura cependant deux commandes importantes, une en 1891 par la ville de Nancy pour le décor du grand salon de l’hôtel de ville, Les jours heureux (MBA Nancy), composé de deux panneaux au thème champêtre : L’enfant couronné de fleurs et L’enfant endormi. La seconde pour la préfecture de Nancy ou il réalise le plafond pour la salle des fêtes sur le thème de la Lorraine protectrice des arts et des sciences Cupidon et Psyché ; Apollon et le serpent (vers 1906), déposé aujourd’hui dans la réserve du musée des Beaux-Arts.



L'entrée des clowns



Homme et son chat près du poêle

Huile sur panneau signée et datée 89 en bas à droite




Madame Coquelin 1885

Au salon de peinture et de sculpture de 1885:
livre d'or de 1886

FRIANT (EMILE), né à Dieuze (Alsace-Lorraine), élève de MM. Cabanel et Devilly. — Méd. 3e cl. 1884, 2e cl. 1885. —

A Nancy, rue Jeanne-d'Arc, 26, et à Paris, chez M. E. Petitjean, rue Alfred-Stevens, 3. (Voir les Livres d'or de 1884, p. 12, et 1885, p. 5.) N° 979.
 Portrait de Mme C.


H. 1.24m — L. 0.98 — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux.

Dame d'âge mûr, brune, en cheveux, vêtue de noir, assise, de face, devant une cloison tendue de papier gris très clair. Elle incline légèrement la tête sur l'épaule gauche et tient ses mains tombantes et croisées.

Signé à gauche, en bas : E. Friant. 85.



Portrait d'Emile Hinzelin 1908

Au dos: A Emile Hinzelin, cordial souvenir E. Friant

Emile Hinzelin (Nancy 1857-Flin 1937)
écrivain, poète, journaliste, romancier



Portrait de Monsieur Sidrot 1881

"Friant est de tous les jeunes celui qui nous intéresse le plus, celui sur lequel nous fondons les plus fortes espérances ; c'est un tempérament d'artiste très moderne, qui s'est révélé de bonne heure et qui a fait rapidement de sensibles progrès ; il dessine bien, il a un sentiment juste de la couleur, et un faire indépendant. Son Portrait de M. Sidrot est, après celui de M. Bastien-Lepage (ndlr portrait de son frère Emile), le meilleur du Salon, non seulement au point de vue de la ressemblance qui est parfaite, mais à cause du naturel et de l'exécution.
Notre jeune peintre est de ceux qui, si je puis dire ainsi, ne rougissent pas de leur pinceau; il aime à laisser sur la toile la trace de l'instrument dont il se sert ; il a raison : ainsi faisaient les grands portraitistes d'autrefois et surtout Velasquez, Rembrandt et Frans Hals. On est tenté de rapprocher Friant de ce dernier, lorsqu'on regarde le Portrait de M. Sidrot, et je sais bien que, si j'étais artiste, il n'y aurait guère de comparaison que j'eusse ambitionnée autant. A l'image de Frans Hals, Friant prend la nature sur le vif et la traduit toute palpitante sur la toile ; ceux qu'il nous représente n'ont pas l'air endormi ou ennuyé de gens qui posent, ils restent tels qu'ils sont, bien vivants, de belle humeur, et la lèvre entr'ouverte par un demi-sourire. La ressemblance entre les deux peintres ne s'arrête pas là ; elle se poursuit jusque dans leur manière ; tous deux brossent largement, tous deux ont une touche ferme et solide, prompte et hardie. — Le Portrait de M. Sidrot est une œuvre forte et vigoureuse ; pour moi je n'y vois rien à reprendre, je n'exprime qu'un désir, c'est que Friant fasse recouper sa bordure et un peu raccourcir sa toile par le haut ; il a laissé au-dessus de la tête de son modèle un trop grand espace vide qui nuit au portrait et semble l'écraser. "
Salon de Nancy / l'Art à Nancy en 1882


Emile Friant Portrait de Louis Guingot
(voir texte ci-dessous (*))



Portrait de Roger Marx par Emile Friant 1906



Emile Friant-  Portrait de Mme Parisot lisant son journal 1888

 (*) Les Friant , originaires de Picardie , avaient été déportés dans une Lorraine dévastée par les Français et les Suédois au cours de la guerre de Trente ans , au XVIIe siècle , déportation qui eut lieu dans le but de repeupler notre malheureuse province.
 Émile , un de leurs descendants , est un peintre lorrain qui eut son heure de renommée.
 Émile est né à Dieuze , 1 place du Marché , fils unique de simples ouvriers.
 Son père , mécanicien de son état , était contremaître à la maréchalerie de la Saline de Dieuze .
 Émile Friant fut , dès son jeune âge , le protégé de Monsieur et Madame Parisot qui l'ont toujours considéré comme leur propre enfant .
 Après la débâcle de 1870 , suivant les Parisot qui s'expatriaient , la petite famille Friant vint s'installer à Nancy.
 Monsieur Parisot y ouvrit une pharmacie.
 Monsieur Friant trouva un emploi dans une serrurerie et Madame Friant resta au service de l'ancien maire de Dieuze.
 Le jeune Émile perdit son père très tôt.
 Toujours encouragé par le couple Parisot , il fréquenta l'école Loritz et ensuite le lycée de la ville qui ne portait pas encore le nom de Poincaré .
 Les Parisot auraient souhaité qu'il entreprenne des études de pharmacie , mais le jeune homme , attiré par la peinture , aimait passer son temps libre et ses vacances dans l'atelier du peintre nancéien Eugène Corbin.
 C'est donc à Nancy qu'il a accompli ses premières esquisses sous la conduite de Théodore Devilly alors directeur de l'Ecole des Beaux-arts.
 A 15 ans déjà il avait exposé , au Salon de la Peinture de Nancy , deux natures mortes qui avaient été très remarquées.
 Après avoir obtenu de la ville une bourse d'études, il partit pour Paris où il se perfectionna au contact d'Alexandre Cabanel et de Victor Prouvé.
 S'étant lié d'amitié à Paris avec le peintre Aimé Morot et à Nancy avec Louis Guingot, il partagea son temps entre ces deux villes durant de nombreuses années.
 En 1882 , lors du Salon de la Peinture de Paris, il se fit remarquer par la finesse, la délicatesse et la valeur de ses œuvres et obtint en 1883 le 2e prix de Rome.
 A 20 ans , il effectue son service militaire à Paris, ce qui lui permet de rester en contact avec les milieux artistiques de la capitale.
 En 1886 , attiré par les peintres flamands, il visite la Belgique et les Pays-Bas et en 1892  , il part visiter l'Algérie dont il s'inspirera.
 Son premier atelier fut établi rue de Thionville à Nancy , puis il s'est installé au 27 quai Ligier Richier,  se rapprochant ainsi de son ami Louis Guingot dont l'atelier se situait au 10 rue d'Auxonne.
 C'est ainsi que les deux peintres ont souvent travaillé ensemble.
 Les affaires d'Émile Friant prospéraient.
 Avantageusement connu tant à Nancy qu'à Paris, il mena une vie bourgeoise dans sa maison du quai Ligier-Richier, où il eut recours aux services d'une bonne à tout faire, d'une cuisinière et d'un concierge factorum.
(référence)



Le peintre illustrateur et graveur Pierre Georges Jeanniot

par Émile Friant - musée des Beaux-Arts de Dijon



Encore deux toiles d'Emile Friant issues de l'ancienne collection Corbin.
Ci-dessus le Trimardeur
,et ci-dessous, paysage à l'étang



Paysage à l'étang 1879



Le Lac Chambon
Huile sur bois signée en bas à gauche et daté 1914.
32 x 41 cm
Provenance : Famille Ledergerber par descendance.

Exposition: Emile Friant, Regard sur l'Homme et uvre, Musée des Beaux-Arts de Nancy,
8 juillet-4 octobre 1988, ref. 44, reproduit p.57 du catalogue (interversion des photos avec ref. 42)




Le port de Malzéville 1881

Sur ce port, l'un des ports de Nancy, ce qu'on dit en 1933

Un dessin du pont par Jean-Baptiste Claudot

Lorsque Louis XIII vint assiéger Nancy, en i 633, ce prince fit sauter deux arches du pont de Malzéville construit en 1499 par Jean et Jacques Jacquot. Ce pont souffrit beaucoup des inondations de 1717 et 1744 ; deux de ses arches furent emmenées ; en 1764, il en tomba encore une partie dans la Meurthe. Après la construction du pont d'Essey, il avait été décidé que celui de Malzéville serait démoli. Les habitants de ce village prévoyant le dommage qu'ils en souffriraient, s'offrir de faire à leurs dépens les réparations nécessaires pour en conserver l'usage ; ce qui leur fut accordé. D'autres réparations eurent lieu encore plus tard.



Jeune nancéienne dans un paysage de neige 1887
MBA Nancy
..... comme une photographie prise dans l'atelier de l'artiste avec en arrière- plan un paysage de neige



La rue de Toul et la Foucotte




Nancy 1882

 Que de talents ici représentés! Emile Friant (ici à 19 ans) montre à Mathias Schiff (20 ans) la porte d’un bahut réalisé par Majorelle. Sur le mur, un dessin représente Victor Prouvé (alors 24 ans) et en bas sur le tambourin « l 'ami Martin » (Camille Martin, alors 21 ans) par V. Prouvé.

Cette oeuvre comme d'autres d'Emile Friant (voir "intérieur d'atelier"), souligne les liens amicaux des artistes nancéens qui unissent Friant, Martin et Schiff. Friant représenta à plusieurs reprises ses amis, notamment avec le dessin chez le peintre, ancienne collection Roger Marx, où Friant se représente de dos, montrant à Schiff le panneau d'un meuble de Louis Majorelle. Sur le mur de l'atelier figure en pied le portrait de Victor Prouvé tenant un tambour basque sur lequel est peint le portrait de Martin. Friant, Henri Claude, Serge Domini Editeur, Metz, 2005




Victor Prouvé et Camille Martin par Emile Friant



Voyage à l'infini 1879

Réalisée en 1899, la toile présente à la fois la technologie humaine et la grandeur universelle de la nature. La montgolfière occupée par des hommes est submergée par des nuages tumultueux et l'éclat immaculé du soleil couchant. Les contours des nuages suivent les courbes et les angles des femmes, tout se concentrant sur l'objet étranger représenté par la montgolfière. L'imagerie de rêve ambiguë et intensément personnelle vue dans ce travail est révélatrice de l'influence du symbolisme au tournant du siècle.



Ernest Bussière, "le sculpteur dans son atelier" vers 1884


Emile Friant peint Ernest Bussière réalisant dans son atelier le bas-relief « Première communion » Nous sommes à Paris en 1884 et Ernest Bussière y fréquente assidument ses deux amis nancéiens des Beaux-Arts que sont Emile Friant et Mathias Schiff.
MBA de Nancy




Les buveurs ou le travail le lundi 1884

ne coutune populaire appelée Saint-Lundi
Une coutume populaire, dite Saint Lundi, voulait que les ouvriers chôment volontairement le lundi leur laissant le temps de s'adonner à la boisson.
La Saint Lundi a mauvaise réputation et sera remplacée à la fin du 19e siècle par le dimanche chômé, normalement consacré à la religion et à la famille.



La cuisinière 1887
Emile Friant représente ici sa mère Catherine, qui épluche des navets. Cette scène d'intérieur qui a été réalisée au retour d’un voyage en Belgique et aux Pays-Bas évoque certaines œuvres de Vermeer. MBA de Nancy.



"Les deux soeurs" (1897) devenant en 1898 " chagrin d'enfant" ( Frick Art Museum de Pittsburgh )



Chagrin d'enfant - Crayon sur papier avant le tableau 2500€ le 14/10/22 Paris

Étude pour Chagrin d'enfant à gauche
Crayon sur papier signé en bas à droite 45x29 cm
Au dos étiquette d'exposition « Collecting in the gilded age : art patronage in Pittsburgh, 890-1910, the frick art museum, Pittsburgh, 6 avril - 29 juin 1997.
Étude pour le tableau Chagrin d'enfant, 1898, conservé au Frick art museum, Pittsburgh.
2000€ Paris le 31/03/23



Les canotiers de la Meurthe 1887
Emile Friant est un sportif, il peint ici ses camarades de sport. Treize personnages comme pour la Cène...avec également du pain et du vin, comme un rappel à la peinture religieuse





Anniversaire d'Emile Friant, né le 16 avril 1863. Séance de pose dans son atelier à Nancy, en train de réaliser "Les Canotiers de la Meurthe", 1887-1888.
 Musée Lorrain, Palais des Ducs de Lorraine. Nancy Photos? (Jules Royer à vérifier)



Vue du Sport nautique, 1889
Huile sur bois
Signé, daté et dédicacé en bas à droite : à Mr Le Commandant / Larguillon / Souvenir bien amical de E. Friant / 1889 // Musée de Nancy



Paysage autour du Sport Nautique, le moulin Didion



Photographie en relation avec les 2 toiles précédentes
Le Sport Nautique, le moulin Didion en 1905



Emile Friant à son atelier





Portrait d'homme à califourchon sur une chaise, dessin à la mine de plomb,  daté 92 . Personnage représenté sur le tableau "Le déjeuner des canotiers" ci-dessus.



Raymond Poincaré par Emile Friant 1928, "en souvenir de Sion-Vaudémont"
dessin à la mine de plomb.



Charles Masson par Emile Friant
Généalogie

Masson (Charles-Auguste), né à Labroque (Vosges annexées) le 10 juillet 1858 Président du Conseil de gérance des établissements Corbin et Cie (Nancy et succursales).
Président du Conseil d'administration de la Société anonyme des Magasins Réunis
Ses débuts furent des plus modestes.
Dès l'âge de 13 ans, il fut agréé par M. Antoine Corbin-Guilbert, ce génial commerçant qui exploitait alors un petit bazar à Nancy (porte Saint-Nicolas) et qui devait trois années plus tard fonder cette maison des Magasins Réunis.
L'esprit observateur et avisé de M. Corbin-Guilbert ne tarda pas à percevoir les brillantes qualités de son jeune employé; il en fit son collaborateur le plus étroit et, un peu plus tard, son gendre.

Fatigué par les années de lutte auxquelles il avait du faire face, M. Corbin-Guilbert voulut assurer, avant de mourir, une sage administration de sa maison, et c'est alors qu'en 1899 il constitua sous la firme « Corbin et Cie », entre ses enfants et ses gendres, une société en nom collectif avec M. Masson comme président du Conseil de gérance et MM. Louis Corbin, Eugène Corbin et Louis Mauljean comme gérants (ce dernier à sa mort fut remplacé par M. Pierre Bachelard, gendre de M. Masson).

Charles Masson fut amené à fonder, avec l'appui de ses coassociés et de quelques clients de gros, la Société anonyme des Magasins Réunis de Paris.

Il est également membre actif de plusieurs Sociétés philantrophiques.
Conseiller du commerce extérieur de la France, membre correspondant de la Chambre de commerce de Nancy, M. Masson fut une sommité commerciale considérable dont la modestie vous attire et qui impose le respect.




La lutte 1889 -  Musée Fabre de Montpellier
 Emile Friant est un sportif, il représente ici avec réalisme les mouvements de ce sport



Dessin sur le même thème






"Ombres portées" d'Emile Friant 1891 (cf)
(508800 dollars en salle des ventes)
Belle lumière éclairant les mains et les visages, les corps ne sont que silhouettes
 Musée d'Orsay
et
Le tableau "ombres portées" dans un atelier d'artistes; photo albuminée.




"Tendresse maternelle" 1906.

L’œuvre de Friant compte assez peu de sujets consacrés à l’enfance, sauf dans le domaine de la gravure. Il réalise néanmoins à la fin du XIXe et au début du XXe siècle quelques sujets montrant une mère et son enfant, comme Femme et enfant jouant de la viole (1908 ; musée des Beaux-Arts, Nancy). Ces charmants sujets étaient très à la mode à l’époque auprès de la grande bourgeoisie. Estimation 40-60000€ lors d'une vente



Emile FRIANT (1863-1932),

d'après. La Toilette.
Eau-forte signée et datée "99" dans la planche. Dédicacée "A Monsieur Ch. Wittmann / E. Friant" au crayon dans la marge. Cuvette: 24,5 x 17,5 cm.

280€ Nancy le 16/09/23

Tendresse maternelle

Fusain sur papier, signé, daté 06 et dédicacé à Marcel Paul en bas à droite
55 x 38 cm 
24000 euros le 1er avril 2022 Paris



Les Fiancés 150 € en 2022
La Grand-mère




Emile Friant "Les Souvenirs" 1891 Petit Palais Musée des Beaux- Arts de Paris




Le repas frugal

Dans un intérieur modeste, une famille installée autour de la table s'apprête à prendre son repas. La mère apporte le plat de pommes de terre. Les quatre enfants attendent et leurs regards convergent vers le frugal repas. De cette scène d'intérieur intime, au cadrage serré, émane une impression de sérénité. Dans les années 1880 - 1890 Friant peint un certain nombre d’œuvres d’inspiration naturaliste, montrant le quotidien des gens simples. Il a l’occasion de rencontrer les pauvres, voire les exclus de la société et Jules Rais note à juste titre dans La Lorraine artiste du 18 novembre 1894 : "M. Friant aime par- dessus tout les humbles". Émile Friant connaît bien la famille qu'il a représentée, c'est celle d'Eugénie Ledergerber, sa compagne jusqu'à la fin de sa vie. Elle est au premier plan vêtue d'une blouse rouge et l'on reconnaît sa petite sœur Jeanne, dans la fillette assise sur ses genoux.





1886- Portrait de M et Mme C., ou le Café.
Huile sur bois.
53 x 63 cm

Extrait de " La Lorraine au Salon de 1887 " dans Nancy Artiste, dimanche 1er mai 1887, n°17 : Dans ce portrait de couple, Friant s'attache à traduire l'atmosphère intime intérieur. Les personnages n'ont pas l'air de poser mais semblent être figés comme si l'artiste les avait pris en photo. De nombreux critiques ont associé le peintre et la photographie et l'on sait que Friant l'utilisait. Le tableau a été présenté au salon de Nancy en 1887. "À Friant je n'ai que des compliments à adresser pour ses deux tablotins. Son petit intérieur, dans lequel on voit deux époux d'un certain âge s'apprêtant à prendre le café en lisant le journal et en devisant les choses du jour, a bien de la finesse et une sorte de grâce à la fois sévère et ingénue et même un peu touchante. Je ne sais pas quelles sont les personnes qu'a portraiturées Friant, mais ce sont à coup sûr de bonnes gens, dont la vie a été toute de loyauté et de droiture. Quoi, me dira-t'on, tant de choses dans un petit tableau ? Et si j'ajoute que Friant nous fait aimer ces personnages inconnus, je crois que je lui aurais fait, en toute sincérité, un éloge dont le peintre le plus difficile se peut contenter".



L'acteur Constant Coquelin dit Coquelin Ainé dans son bureau

Les frères Coquelin, Constant Coquelin (1841-1909) dit Coquelin Aîné, et Ernest Coquelin (1848-1909), dit Coquelin Cadet, comédiens de renom, possédaient de nombreuses oeuvres d'artistes de la seconde moitié du XIXe siècle, principalement de Cazin, Dagnan-Bouveret et surtout Friant.
Friant rencontre Constant Coquelin en 1885, lequel lui ouvre les portes de Paris et lui offre un nouveau marché. L'année suivante, les deux hommes se rendent en Italie, en Tunisie et à Londres. Friant réalise un grand nombre de portraits de Coquelin Aîné. (Sotheby's)



Planche par d'Emile Friant dans l'ouvrage sur Constant Coquelin [THEATRE]. Constant Coquelin. Paris, Pierre Lafitte et Cie, 1910. in-folio, environ 40 pp., broché en feuilles, chemise rigide à rabats. Préface d Edmond Rostand.





La femme du charcutier tricotant et charcutier à la pipe et son chat (1878)

 Il s'agit du charcutier Romstad, vu en train de repasser ses couteaux, et de son épouse tricotant à sa fenêtre, rue St Thiébaut à Nancy.

La facture de ces deux petits tableaux de jeunesse n'est pas sans rappeler celle de la grande toile de Jean-Charles Cazin, artiste naturaliste, qui exécute à la fin des années 1870 La boulangerie de la famille Coquelin à Boulogne sur Mer. Cazin, comme Friant, connaissait les frères Coquelin qui lui achetèrent des tableaux.
Sotheby's Paris



 « La discussion politique » 1889

 montre des hommes attablés. Friant lui-même a expliqué l’origine de ce tableau dans une interview de Marcel Toussaint en 1910 dans la revue Les Marches de l'Est. L'idée lui est venue alors qu'il assistait dans un café au bord de la Meurthe à une discussion entre ouvriers, au moment de la campagne électorale de 1889, marquée par la candidature du général Boulanger et celle de Maurice Barrès à Nancy.
Friant choisit un cadrage en gros plan, qui supprime l’anecdote et concentre notre attention. (Sotheby's) est. 30-50000 €



Le vieux pêcheur
Henri Royer écrit "...il peint cette "Discussion politique" que ses confrères s'accordent à ranger parmi ses meilleures oeuvres. Là, il est tout entier, alliant la ' précision à l'émotion, mélange de qualités assez rare.
De ce moment date aussi une étude minuscule, peu connue, "Le vieux pêcheur", une tête barbue sous un chapeau de paille ; la touche en est large et grasse, l'exécution, quoique très poussée, donne l'impression d'une ébauche ; mes yeux d'enfant en conservent un souvenir émerveillé...


Dessin dédicacé à son ami Constant Coquelin dit Coquelin l'ainé, acteur




Le tableau, exposé en 1885 intitulé « Une lisière de bois » montre un pêcheur, probablement le père Pidole, que Friant connaissait depuis son enfance. Le Père Pidole était un ancien gardien d’un lac près de Nancy. La ligne de paysage à l'arrière-plan  permettrait de reconnaitre Bouxières-aux- Dames.
 Le Père Pidole a sans aucun doute tenu une place d’affection dans les souvenirs d’enfance de l’artiste; il n’est donc pas surprenant qu’il ait décidé de le représenter à nouveau dans un cadre similaire  (référence au pêcheur dans sa barque). Cette fois, il n'est plus dans son bateau, mais porte un panier et une canne à pêche en bandoulière sur  son épaule: il revient sûrement du lac dont il est responsable.  La nature a presque entièrement repris la composition, laissant au peintre la liberté de jouer avec la lumière dans l'ombre des buissons et la plaine lumineuse en arrière-plan. Le coup de pinceau est devenu plus lâche, donnant une impression de la légère brise qui ébouriffe doucement la végétation. 
Il n'y a pas d'allégorie ici, mais une œuvre qui est sûrement pleine d'affection pour ce vieil homme appréciant son passe-temps familier, la pêche. Au même titre que Courbet, Millet et Breton, Friant prend plaisir à dépeindre cette paysannerie française, encore épargnée par l'expérience de la vie citadine moderne. 42000 euros le 1er Avril 2022 Paris



Le Père Pidole au "Port aux planches" : le modèle était un pêcheur bien connu à Malzéville. Accrochée au musée des beaux-arts de Nancy en 1988, lors d’une exposition «Émile Friant, regard sur l’homme et l’œuvre», la composition a fait 11 780 € en ventes en oct 2021.

Le Père Pidole était un pêcheur de Malzeville et figure emblématique de la ville. Une note manuscrite de famille raconte ainsi l'histoire du tableau: "Le vieux Pêcheur, c'est le Père Pidole, gardien du Port Nautique. Friant jeune peintre et ses copains venaient s'y baigner et peindre aussi. Il installait son chevalet dans une barque et il a fait connaissance d'Emile Nicolas en l'enguirlandant grossièrement parce que ce dernier, en ramant dans une autre barque, avait bousculé la barque où peignait Friant, et chahuté le chevalet placé dans la barque ! Tous deux ont conversé, se sont très bien entendus, finalement (...). Nota: Nous n'avons jamais entendu Friant ou la tante Mimie parler d'Emile Nicolas. Le Port nautique était le rendez-vous des jeunes vers les années 1885-1890. Friant y a rencontré la tante Mémié et c'est là que leur liaison a commencé. Toutes les filles Ledergerber étaient d'excellentes nageuses sauf... la Mémère qui ne savait pas nager..."Gazette Drouot

Provenance : Famille Ledergerber par descendance.

Exposition: Emile Friant, Regard sur l'Homme et uvre, Musée des Beaux-Arts de Nancy, 8 juillet-4 octobre 1988, ref. 49, reproduit p.60 du catalogue.





"Les sapins" (Plateau de Malzéville) (1879)




La fileuse d’El Kantara

En Janvier 1892, Emile Friant part pour ce qui sera son troisième et dernier séjour en Afrique du Nord. Il arrive à Biskra, en Algérie. Plus qu’au cours de ses deux séjours précédents, il est ébloui par la lumière et les couleurs et il va peindre plusieurs paysages d’une intense luminosité.
Biskra « oasis poussée comme une plante rare et fragile en plein désert aride » le séduit. Il est frappé par la beauté sévère et le côté farouche des habitants de la région, que reflète le visage sérieux et grave de notre fileuse d’El Kantara. Christine Peltre décrit ainsi cette jeune fileuse : « …Une de ces très jeunes filles rencontrées là-bas, avec son petit tatouage bleu sur le front, ses mains au caractère aristocratique, effilées, minces, avec les ongles teints en rouge de henné [...]». (cf. catalogue de l’exposition de 1988, p. 21).



Vue de Tolède 1891

A l'issue du Salon de 1889, Friant obtient le premier prix et une indemnité de 10 000 F qui lui permet de voyager pendant deux ans. Il se rend successivement en Angleterre, à Monaco, puis en Algérie en 1890 et enfin en Espagne en 1891.



"Lecture dans le parc" et "la peine capitale" ou "l'expiation" 1908




Concernant le tableau " l'Expiation" ou "la Peine Capitale":

Anatole DEIBLER (1863-1939) bourreau. 2 L.S., Paris 1906-1907, au peintre Émile Friant ; 1 page in-12 chaque avec adresse au dos.
29 décembre 1906 : « il m'est défendu par ordre du Ministère de la Justice de fournir aucun plan sur la guillotine et de donner aucune explication telle qu'elle soit sur les condamnés. C'est donc aux personnes qui peuvent assister de près, aux exécutions capitales de se rendre compte par eux-mêmes de tous les détails »...
30 mars 1907, il ne peut accepter la rémunération proposée, « n'ayant jamais l'habitude de faire payer mes dérangements ». 120€ Paris le 23/03/23

Article Est Républicain du 5 avril 1908 concernant les personnages représentés



Devant le psyché MBA (Nancy1912)
Une caricature de l'esprit académique





L'Echo de la forêt 1911 et l'Oiseau blessé 1912 et études

"L'Oiseau blessé produit une sensation profonde. On est
saisi d'une horreur poignante devant ce lieutenant d'artille-
rie, jeune aviateur, qui gît, mort, tout près de son appareil
capoté, en loques. Derrière lui, debout, le bras haut levé, en
un geste de victoire, une femme se dresse qui personnifie
et la France et l'Immortalité. Le spectacle est saisissant et
traité d'une manière si magistrale « que la vie rejaillit de
ce tableau qui représente une mort »(cf)





The Familiar Birds, 1921 et l'estampe de croquis (1927) avec le même modèle, Gaby



Émile FRIANT
Femme au turban, 1920
Mine de plomb, Signée et datée en pied. 31.5x18.5cm
Il s’agit du dessin préparatoire à la gravure de droite.
9500€ chez ADER le 3/11/23 pour le dessin préparatoire.



"La Coiffure" 1921

La critique des œuvres d’Emile Friant » par Emile Hinzelin présentées à l’exposition des artistes lorrains au Salon de la « Société des Artistes Français » en 1921:

« Emile PRIANT expose, à la peinture : Les Oiseaux familiers, Portrait de Mme B., La Coiffure, Discussion politique, Repas frugal (ces deux derniers tableaux appartiennent à Louis Corbin) ; aux dessins : Portrait de M. Aimé Morat, Portrait de M. Dagnan, Bouveret, Portrait de M. M., Portrait de M.C., Populus (appartient au Musée de Nancy), Le Turban.
Les deux plus petits tableaux sont des images lorraines. Discussion politique. Dans une rustique auberge, quatre bons amis discutent avec feu, accoudés sur une table où est étendu un journal de la localité, l'Espérance ou le Courrier. Au loin se dessine le paysage mosellan en sa rare douceur. Repas frugal. Quatre enfants sont attablés. Le père, assis en face d'eux, se retourne pour poser à terre la marmite vide. Admirez le contenu de cette marmite. La mère l'apporte sur un plat : des pommes de terre dépouillées de leur robe de chambre et montrant leur pulpe précieuse, si appétissante ! Les yeux des enfants pétillent d'appétit. Ces deux chefs-d'oeuvre sont traités avec une incomparable finesse, en un sentiment de profonde humanité.
Deux des grands tableaux qu'expose cette année Emile Friant représentent des sujets d’un ordre bien différent. Entre la Discussion politique et la Coiffure, entre le Repas frugal et les Oiseaux familiers, il y a un monde, voire un monde et demi. Les oiseaux familiers sont des perroquets aux couleurs éclatantes qui jouent autour d'une très jolie fille vêtue (disons : vêtue !) d'un pyjama vert-perruche. A la Coiffure, nous voyons une autre jolie fille, en pyjama noir et or, tordre ses cheveux devant son miroir. Ah ! si un journal pouvait trouver place dans l'un ou l'autre de ces derniers tableaux, ce ne serait ni l'Espérance de la Meurthe, ni le Courrier de la Moselle : ce serait la Vie Parisienne »



« Deuxième page de croquis », 1927, Pointe sèche. Signée à la mine de plomb en marge. Datée dans la planche. H : 25,5 L : 21,6 cm (planche). H : 42 L : 33 cm (feuille) Note : Une planche similaire est conservée au Musée des Beaux-arts de Nancy (inv. 2006.0.9.(740).
On retrouve dans ces croquis, d’une part le modèle de « l’Etudiante », toile de 1923 adjugée 305k€ (hors frais) à Epinal le 27 novembre 2021 et d’autre part Gaby célèbre modèle de Friant connue par exemple dans « The Familiar Birds »
Vente le 27 sept 2022 à Deuil la Barre



Femme avec un lion 1919



Faunesse et "un Modèle"



EMIILE FRIANT- Nu à la toilette. Dessin au fusain à vue ronde sur fond grisé, signé et datée (19)03 en bas à droite. Papier marouflé sur carton. 62,5 x 57,5 cm.
 Vente le 25 Février 2023 à Dijon



FRIANT Émile Allégorie Dessin au fusain et à l'estompe Signé en bas à droite
 Haut. : 21,5 ; Larg. : 24,5 cm
1000€ Paris le 21/03/2023



FRIANT Emile , Portrait de femme en buste devant sa fenêtre sur fond de jardin et de bâtiments, vers 1894, huile sur panneau, signée en bas à droite, 49 x 60 cm.
Le tableau fut présenté par l'artiste au Salon de Nancy en 1895.

Le tableau a été prêté à de nombreuses reprises pour des expositions Friant et de peintres lorrains, dont Nancy et Vic-sur-Seille en 2006.
Reproduit dans :
- Friant par Henri Claude, Editeur Serge Domini 2005 (p 114)
- Article de l'Est Républicain , pour l'exposition de Nancy
- Emile Friant, un nouveau regard, catalogue de l'exposition de Vic-sur-Seille en 2003
Vente Metz le 5 janvier 2024 :      81000€ sur ordre France
Peut-être une Mlle Fisher par ressemblance à d'autres oeuvres selon l'association des Amis de Friant.



Emile Friant-  Portrait de jeune femme

Pastel, signé, daté 1925 et dédicacé "A Monsieur et Madame Marc Guyot" en bas à droite

H. 26 cm L. 20,5 cm (à vue) HVS



L'arrivée du modèle 1906
Ce qu'en pense le critique au salon de 1906 de la société nationale des Beaux-arts:
 « Si je me permets de formuler ici ces quelques doutes
qu’a fait naître en moi l’œuvre de M. Friant, j’ai d’au-
tant plus de plaisir à dire combien j’ai goûté une fois de
plus, les deux autres toiles qu’il exposait : le Portrait de
M. Paul, d’une belle vérité d’expression, d’un métier
superbe, et ce petit chef-d’œuvre exquis V Arrivée du modèle,
une scène de genre qui figurèrent l’un et l’autre cet hiver,
au Cercle de l’Union artistique. L’arrivée du modèle est
à tous les points de vue une oeuvre parfaite, d’une com-
position impeccable, d’un coloris extrêmement habile avec
des valeurs délicates, telles que la tache rose du manteau
sur le fond de tapisserie verdâtre et la nuance mauve de
la robe de l’artiste assise au premier plan, si heureusement
équilibrée par le rappel de vert très discret du carton à
dessin posé dans l’angle gauche de la toile «



Portrait de Monsieur Paul 1896- MBA de Nancy
(Voir commentaire ci-dessus)

 .... tailleur gris élégant avec gilet blanc à double boutonnage ... mais gants marron et chaussures noires



Portrait de Marguerite Paul (1899) issu de la collection du Comte Charles- André Colonna Walewski (descendance de Napoléon (*)). Elle est la fille  de Gustave Paul notaire à Nancy et ami de Friant.  Marguerite Paul est née à Nancy le 20 mars 1871 et est décédée à Saint-Nicolas- de- Port le 16 avril 1965. Acte de naissance ICI.
Le sujet ESTenveloppé dans un manteau de fourrure, couvert d’un chapeau à plumes retenu par une voilette transparente traduisant cette allure typique de l’époque 1900 – la toile date de 1899. 126200 € en 2020. (54,5 x 45 cm)

(*) Des amours de Napoléon et Marie Walewska naît un fils, Alexandre Colonna Walewski, à qui l’Empereur concède le titre de comte de l’Empire par lettres patentes en 1812. Aujourd’hui, les arrière-arrière-petits-enfants d’Alexandre, Ier comte Colonna Walewski, sont les derniers descendants directs de Napoléon.



Portait de Guillaume Dubufe, Peintre-poète 1895



Edmond Lombard  (peintre vosgien) par Emile Friant



Le chapeau à fleurs 1892 (Musée de Reims)
 Une vue plongeante pour capter le regard





"L'ébauche" 1885, Friant  encore un jeune artiste immortalise ses amis de l'Ecole de Nancy.
 Collection particuliere /arriére-petit fils de Meixmoron de Dombasle
 

Vente : le 04 octobre 2019  à Drouot
estimation 50-60 K€, vendu 70K€

 Au dos porte une étiquette manuscrite :
« Portrait par Friant de Ch. de Meixmoron et de Madame Meixmoron, A Geneviève. »
Madame de Meixmoronest Lucie Marie Emma de Maillart de Landreville

Le corsage, violine au sombre velouté, dégage les épaules et met en valeur la blancheur de la peau du modèle contemplant son époux. Cette attention aux subtiles nuances, aux dégradés des couleurs et à ces détails qui rendent plus réel le motif représenté est une constante dans l’œuvre de Friant, et on les retrouvera peu de temps plus tard dans La Toussaint (1888), son tableau le plus célèbre.

Léon Charles Bénigne Vaillant de Meixmoron Mathieu de Dombasle, né en 1839, est le petit-fils de l’agronome Mathieu de Dombasle, inventeur de la charrue du même nom, précurseur de l’enseignement agricole en France et fondateur d’une fabrique d’instruments aratoires. Tout en présidant cette société, Charles poursuit une carrière de peintre il participe régulièrement aux expositions de la Société lorraine des amis des arts, et au salons parisiens à partir de 1866, et jusqu’en 1908.

Médaille de seuxième classe au salon de peinture et sculpture de 1885:
livre d'or édition 1885

FRIANT (EMILE), né à Dieuze (Alsace-Lorraine), élève de MM. Cabanel et Devilly. — Mention honorable 1882. - A Nancy, rue Jeanne-d'Arc,'26. (Voir le Livre d'or de 1882.) N° 1021.
- L' Ébauche.


H. 0.35m — L. 0.45m

Intérieur d'atelier. Au milieu, de profil, un peintre vêtu de noir est assis devant un chevalet sur lequel est posée une grande toile représentant une dame en pied. Il est en train de racler sa palette. Sur le premier plan, à droite, se tient, vu de trois quarts, le modèle, les bras nus, décolleté, un corsage grenat et jupe rose à traîne. Sur le mur, au fond, quelques études de paysage.

Signé au bas, à gauche : E. Friant. 1885.


Le jury a déclaré cette année qu'il n'y avait pas lieu de décerner de médaille de première classe.



La modiste, pastel 1890




La porte Saint-Georges à Nancy par temps gris 1878 (l'artiste a 15 ans)




Emile Friant, "chasseurs à cheval dans une rue de Nancy"



 
"Mère et ses enfants dans un intérieur"


Panneau d'acajou, une planche, non parqueté
45,5 x 56 cm
Signé et daté en haut à droite E. Friant 86
Probablement peint pendant le séjour de Friant aux Pays Bas.
Une bourse de voyage gagnée en 1886, lui permet de visiter de nombreux pays : la Hollande, l'Italie, Malte et Tunis.
Estimation : 8 000 - 12 000 €
vente le 31/01/2020 Interenchères
 



La petite barque 1895

L'amoureuse tient le gouvernail pendant que l'homme pose son bras sur le genoux de la jeune femme; Emile Friant inverse les canons de l'époque.

Ce que dit le critique de l'Est Républicain dans le journal du 11 nov 1895:

 Salon des Amis des Arts

"L'amateur et la critique éprouvent toujours
une vive jouissance à s'arrêter devant l'exposi-
tion de M. Friant.
Les envois de l'éminent artiste sont cette
année bien différents des précédents. C'est un
privilège dn talent réel de pouvoir varier à
l'infini sa manière sans cesser d'être lui-même.
Il y a tout un monde entre les Fiançailles que
nous admirons aujourd'hui et le fameux  Premier assaut
 (voir photo ci-dessous) , qui scandalisa si fort la critique
parisienne. Il y a tout un monde et aussi une
étroite parenté. Le jeune ouvrier, timide, mais
résolu, qui offre si franchement sa main, est
assurément le cousin du hardi gaillard qui,
sur l'autre toile, vole son premier baiser, fit
qui sait ! la jeune fille rêveuse, confuse, mais
point hésitante non plus, qui accepte en rou-
gissant la main du forgeron, est peut-être la
toeur cadette de celle qui ne refusa point l'em-
brassade. Mais celle-ci, à coup sûr, ne jettera
point son bonnet par-dessus les moulins et son
fiancé lui sera fidèle. Les bonnes, les honnêtes,
les loyales physionomies! Comme on lit là-
dessus à livre ouvert ! Gomme l'expression les
transfigure, ssns altérer le cachet de vérité qui
les rend si émouvantes! Par delà la forge
noire, la campagne ensoleillée resplendit der-
rière les vitres. C'est l'échappée radieuse sur
l'avenir entrevu. Et tout cela se dégage sim-
plement, sans que le spectateur ait à faiiele
moindre effort pour suivre la pensée du pein-
tre. Nous voilà loin des rébus et des énigmes
qui rendent parfois si ardue la tâche de l'ap-
préciateur.
La Petite barque (photo ci-dessus) est exécutée d'après le même
procédé. Les figures sont étudiées et finies com-
me celles d'une miniature, mais l'étude ne se
révèle que par la perfection du résultat et cette
finesse ne nuit point à l'ampleur de l'ensemble.
Ce sont de grandes toiles vues en réduction.
Ici Ja douceur de la scène contraste avec la
rudesse du paysage ; les roches sourcilleuses
surplombent, menaçantes, l'eau calme et pro-
fonde. Et la petite barque file, file, sous un
rayon de soleil, emportant les amoureux vers
le pays du rêve.
Plus réaliste est la Pluie qui fait songer une
grande jeune fille, longue et triste, et s'ébattre
une couvée de canards. Plus complexe aussi. A
quoi peut songer une jeune fille debout sous la
pluie, en regardant des canards s'ébattre? N'es-
sayons pas de le deviner, quoique ce ne soit
peut-être pas impossible et contentons-nous de
constater ici comme à côté, la griffe du maî-
tre. "




Esquisse du "Premier assaut"
MBA de Nancy




Les amoureux 1888
ou Idylle sur la passerelle
ou Soir d'automne


Une jeune femme triste, est-ce la fin d'un amour?
La passerelle metallique est remplacée par un pont en béton alors que le pont dans le fond du tableau existe toujours comme les marronniers; les batiments des Moulins de Nancy ont été largement modifiés depuis plus d'un siècle.

Emile Friant a  réalisé cette oeuvre de 1,45 mètre de large sur 1,11 mètre de haut en prenant pour modèle une demoiselle Thouesny du quartier des Trois-Maisons à Nancy, la faisant poser sur le site des Grands-Moulins de Nancy , vu sur la passerelle du Pont-Cassé (aujourd'hui disparue , proche des Cristalleries Daum, tout comme le pont sur le tableau ) .


Les Amoureux (1888), huile sur toile exécutée par Émile Friant (1863-1932) et présentée lors de la XXVIIe Exposition de la Société des Amis des Arts, salle Poirel à Nancy (Meurthe-et-Moselle) de novembre à décembre 1888. Cette photographie est extraite d'un album intitulé " J. D. 1889 " comprenant 75 tirages albuminés contrecollés sur carton, pris par le lieutenant-colonel Joseph Jules Delarue (1839-1925), commandant le 50e régiment territorial d'infanterie de Nancy et membre actif de la prestigieuse Société Lorraine de Photographie (fondée à Nancy en 1894) à laquelle il adhère en 1895 (Bulletin de la Société Lorraine de Photographie, n°3 septembre 1895). " Ce tableau est un des meilleurs, rappelle La Lorraine Artiste, peut-être le meilleur de tous ceux que nous connaissons. C'est à coup sûr, celui où il y a la plus de sentiment. La jeune fille dont la figure est une merveille a un long regard pensif qui est de la plus incontestable beauté. L'émotion est rendue et se communique "... (La Lorraine Artiste, fascicule n°42, 11 novembre 1888). À l'arrière-plan, le décor des Grands Moulins Vilgrain de Nancy vus depuis le pont cassé. (la toile présentée salle Poirel en 1888)

Le salon de Nancy de 1888

Le pont vu depuis la passerelle a disparu voir dans cette page
la situation du pont restant de nos jours



La demoiselle Thouesny du Faubourg des Trois-Maisons
 vivait-elle au 48 rue Jean Lamour?

ou rue du Ruisseau 42 (traces de la famille à cette adresse sur l'Est Républicain)?

 Elle était fille de Jean Marie Thouesny (1833-1922). L'arbre généalogique nous oriente vers une Jeanne Marie Thouesny (Nancy 1865- Paris 1925) inhumée à Pantin, ou encore vers sa soeur  Maria-Joséphine Thouesny (1872-1923) qui, après le décès de son mari, tiendra un magasin de chaussures rue du Ruisseau à Nancy. Ces deux soeurs ayant  fait leur vie à Paris contrairement aux autres filles de Jean Thouesny. Une autre fille, Reine, s'est mariée à Paris mais n'était pas en âge d'être sur le tableau  de 1888. Jeanne  se maria à Nancy  le 5 janvier 1885 à Auguste Descout, la seconde épousa Hippolyte Pouget-Maisonneuve en 1909.

Septembre 1912, dégradation du tableau avec brûlures sur la joue de Mlle Thouesny du quartier des Trois Maisons à Nancy  le modèle féminin et sur l'oeil du jeune homme
. Les enquêteurs recherchent le coupable (cf)
En attendant le résultat de l'enquête, on apprend  sur le journal que la belle demoiselle est mariée à un "entrepreneur parisien" et coule en paix des jours heureux.. Qui est "entrepreneur"? Descout est cordonnier et Hyppolyte Auguste Paul Pouget-Maisonneuve comptable et chef de fabrication?

Hypothèse faite par Brigitte Hellio Caquelin, auteur des pages de généalogie précédentes: Le tableau a été peint en 1888 et à cette époque Jeanne Marie Thouesny élève sa fille  Louise Marguerite DESCOUT, née le 29 Avril 1887 à Paris. Au contraire sa soeur Maria Joséphine Thouesny vit à Nancy et n'épousera Hyppolyte Pouget- Maisonneuve que le 12 Août 1909. Ce dernier est "chef de fabrication" d'après les documents de pages généalogiques.

De ces éléments, on peut déduire que la demoiselle Thouesny du tableau, dont le prénom ne figure pas sur le journal  est Maria Joséphine Thouesny




" L'expiation
" ou "la Peine capitale
" 1908
L’exécution est probablement celle de Dominique Harsch, le lundi 8 janvier 1897 à 7h27
Devant la porte de la prison Charles III de Nancy
Art Gallery, Canada



Portrait de Madame Gustave Paul
Huile sur panneau
Signée en bas à droite E. Friant et datée 88
adjugé 122 360 € le 29/11/2019

Cette œuvre fut présentée au Salon des Artistes Français de 1888.
Madame Paul était l'épouse de Maître Gustave Paul, notaire influent à Nancy et grand amateur d'art, et qui fut un fidèle soutien d'Emile Friant.
Dans cet intérieur feutré, on peut apercevoir des objets familiers et une statuette représentant un enfant dessinant, œuvre de Mathias SCHIFF, autre artiste Lorrain.



Portrait de jeune fille



Madame Seymour 1889


Clark Art Institute, Williamstown dans le Massachusetts.



L'étudiante 1923

Vente à Epinal le 27/11/2021 305000 euros hors frais

Un article d’Emile Hinzelin dans  l’Est Républicain du 15 juin1923, sur Emile Friant, nouveau membre de l’Académie des Beaux-Arts (depuis le 9 juin), avec une description de ce tableau


L'estampe de croquis de 1927 avec l'étudiante




"L'étudiante"




L'étudiante 1922
Gravure d'Emile Friant - Provenance : Fond Louis Burtin, légataire d'Emile Friant.



Page de croquis, estampe signée en bas à droite et datée 27 en bas à gauche
25,7 x 21,5 cm

Fiancés

Estampe signée en bas à droite et datée 29 en bas à gauche
25,7 x 25,5



"Coin d'atelier" / Gaby, probablement dessinée  dans la page de croquis ci-dessus, modèle de Friant.1922. 28x24 cm.

Le peintre n'est pas représenté mais sa présence est suggérée par ses outils sur la table. Lors de la préparation d"une exposition à Nancy, Michèle Leinen, chercheuse au musée des Beaux-Arts de Nancy, a identifié le modèle comme Gaby, qui semble avoir été l'un des modèles préférés de Friant à cette époque, malgré des preuves de correspondance personnelle qu'elle n'était pas le modèle le plus fiable. Friant écrivait en 1920 qu'"il faut être un peu fou pour être prêt à démarrer tout projet important avec elle dès maintenant".



Au bord de l'eau

Estampe signée, dédicacée à Madame Marcel Paul, datée 1925 en bas
19,7 x 13,8 cm

Le Turban

Estampe signée en bas à droite et datée 1929 en bas à gauche
32 x 18,7 cm



Femme se déshabillant

Estampe signée, datée 1911 en bas à droite
37,5 x 28 cm



 Lavis d'encre "La danse" monogrammé et daté 1880 (20 x 24 cm)
650 euros le 27 nov 2021 Epinal



Elégante au chapeau


               dédicacé " à Madame Marcel Paul, hommage d 'E. Friant " et datée 1931
Aquarelle sur traits gravés



Emile Friant dans son atelier, Victor Prouvé 1883 MBA de Nancy
(document Nancyretro de Y-D Chassagne)



L’intérieur d’atelier, 1882
Huile sur panneau d’acajou signé en bas à droite.
46 x 38 cm.



Dans « Le Monde Illustré » du 6 octobre 1883 (gravure de Charles Baude ci-dessus), rubrique Beaux-Arts, exposition triennale, deux tableaux sont cités :
« La Veuve » : tableau de M. Renouf. — « Dans l'atelier » : tableau de M. Friant ;

 ce qui se dit dans cette rubrique :
« Le tableau de M. Friant : « dans l'atelier », nous ramène à Paris. La scène est fantaisiste et amusante. Devant la toile en voie d'achèvement, placée sur un chevalet, bien en lumière, un jeune artiste étudie l'effet de sa composition, et son attitude ne semble pas indiquer une pleine satisfaction.
Le doute et l'hésitation se peignent sur son visage.
Elle n'est pas faite pour lui remonter le moral, la contenance du camarade qui s'étudie à regarder le parquet avec une visible obstination.
Il y a beaucoup de naturel dans la pose des deux jeunes gens, et de soin dans les moindres détails du pittoresque décor qui les environne »


De la notice de la vente du 4 juin 2022, retenons les communications suivantes :

1- « Les deux personnages représentés sont : le peintre Camille Martin (1861-1898) assis au premier plan, en compagnie du sculpteur Mathias Schiff (1862-1886) devant un tableau posé sur le chevalet. » « Intérieur d'atelier » est une oeuvre de jeunesse de l'artiste, il n'a que dix-neuf ans. Elève d'Alexandre Cabanel, il présentera au Salon des Beaux-Arts de 1882, l'enfant prodigue, qui remportera une mention honorable et Intérieur d'atelier. Si Intérieur d'atelier ne reçoit pas les faveurs officielles, l'oeuvre sera remarquée et appréciée par le public pour sa modernité et sa sobriété. Elle souligne les liens amicaux des artistes nancéens qui unissent Friant, Martin et Schiff. »
« Camille Martin, le sentiment de la nature », Nancy, musée de l'Ecole de Nancy, 26 mars - 29 août 2010,

2- « Elle représente simplement deux jeunes gens au repos dans un atelier frugal, dépourvu de bric-à-brac dont il était encore « distingué » d'encombrer parois et recoins. Ils regardent le résultat de la séance que vient de terminer en fin de journée le peintre, qui est Camille Martin, et sur laquelle donne son avis le camarade sculpteur, qui fut Mathias Schiff, mort jeune et regretté à Nancy. Le peintre, la chaise en équilibre, les jambes étendues, le statuaire une main levée, soulignant la réflexion du moment, sont tous les deux saisis sur le vif. Cette petite page très savante et sans prétention devait être immédiatement remarquée. On n'imagine guère aujourd'hui qu'elle pût faire un évènement salonnier, parce qu'on ne peut savoir à quel point la peinture anecdotique à costumeries, ou le tableau de genre pleine d'afféterie à intention et à titre « spirituels » avait la faveur du public. En la revoyant à présent, elle demeure excellente de finesse et de souple et sûre exécution. Le succès faillit la gratifier d'une médaille ; mais il faudrait savoir les luttes et intrigues qui s'escrimaient pour le petit disque de bronze. Friant n'eut qu'une « mention honorable » jeton de consolation à l'unanimité, faute, pour la troisième récompense, d'une seule voix : celle de Cabanel ! Ce maître avait poussé la bienveillance jusqu'à craindre qu'un succès si précoce ne grisât le débutant. «
« Emile Friant et son oeuvre » Arsène Alexandre, Editeur Braun, Mulhouse






Deux toiles de Friant au salon de 1901:
" Peinture mystique " à droite (*)
Huile sur panneau
Signé et daté 'E. Friant. / 1901.' en bas à gauche
et
"L'orpheline" ou "Jeune fille en prière" à gauche

(*) Dans son style caractéristique, Friant nous offre à voir une séance de pose dans l'atelier d'un peintre qui semble réaliser une première esquisse d'un projet de décor religieux. Les premières touches sont posées sur la toile juchée sur le chevalet et montrent habilement le passage d'un modèle vivant à sa représentation picturale. Ce passage ne se fait pas sans les ajouts du peintre, fruits de son génie et de son imagination, qui ne laisseront pas indifférente la critique : " La Peinture mystique où un modèle nu à qui on ajoute des ailes, dit avec l'accent le plus lorrain du monde : " Des ailes à moi ! Pensez-vous !




Jeune orientale



Portrait d'homme au béret

Petite huile sur panneau, signée vers le mieu de la toile - 13*10 cm

Inscription dans la partie supérieure "Machuero aetatis suae IIL"

5600 euros le 27 nov 2021 à Nice



Marie Marvingt et son projet d'ambulance aérienne en 1914, par Emile Friant



"Nous en avons encore"
 Nous en avons encore ! », où l'on voit un paysan en sabots, un de nos gens, asséner un terrible coup de son sac d'écus sur le mufle du soldat boche, engrouiné d'un masque à gaz



Portrait d'homme, 1897
Dessin, signé en bas à droite, daté et envoi «A Albert Salmon".
 Albert Salmon est un avocat nancéien célèbre au début du 20ème siècle



Portrait de Jean Scherbeck par Friant 1928
(document)




Camille Cavallier (*)
Dessin à la mine de plomb d'Emile Friant et photographie d'après un tableau d'Emile Friant. 1921

(*) (1854 Pont-à-Mousson- 1926 Maxéville) Grand industriel français, Président de la Société Anonyme des Hauts Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson, président ou administrateur de nombreuses autres sociétés industrielles (charbonnage, fonderies,...) industrielles (

 

Portrait de René Mercier, directeur de l'Est Républicain
Voir la version par Paul Colin




Le pauvre chez le menuisier à Nancy, l'Illustration 1892

(ou la visite)



"Un conseil"

 Gravure, -Pointe sèche par Emile FRIANT Collection Jean-Louis Burtin



Louise de Broglie devient Comtesse d’Haussonville par mariage avec le Comte Joseph d’Haussonville (1809-1884), petit-fils du nancéien Joseph-Louis d’Haussonville (1737-1806), militaire et grand louvetier du roi de Pologne Stanislas. Chacun connait la toile majeure d’Ingres de la Vicomtesse d’Haussonville, à gauche (The Frick Collection / Musée à New-York). Emile Friant a gravé une représentation du tableau d’Ingres (à droite)



Intérieur d'atelier



Emile Friant



Ernest Bussière peint par Emile Friant

Emile Friant peint Ernest Bussière sculptant dans son atelier le bas-relief « Première communion » (bas-relief présenté au salon de Paris) Nous sommes à Paris en 1884; Ernest Bussière, alors élève des Beaux- arts fréquente ses deux amis nancéiens Emile Friant et Mathias Schiff.

MBA de Nancy



La conversation 58x49cm



Cette photographie d'amateur a été faiteau début des  années 1880. Elle représente l'intérieur de l’atelier que les artistes Emile Friant et Ernest Bussière occupaient à l’époque 11 rue de Toul (rue de l'Armée Patton aujourd'hui) dans l’ancien atelier Barco, photographe. Au premier plan Bussière tenant une palette, son visage est malheureusement invisible. Egalement au premier plan, assis, M. Blaise antiquaire. Debout M. Houdelot frère de l’auteur de la photographie et en bras de chemise, un professeur de gymnastique dont le nom n’a pas été retrouvé. Au fond une étude d’école de Bussière, un Ménalque, puis le médaillon de M. Bouttier alors président du Sport nautique.



Emile Friant (Attribué à). Etude de nu académique. Huile sur toile.



Charles Frederick Worth par Emile Friant

6/10/22 - Acquisition - Paris, Musée d’Orsay -

"Conservé chez les descendants de l’artiste jusqu’à sa récente réapparition sur le marché de l’art new-yorkais, un grand portrait du couturier Charles Frederick Worth par Émile Friant a rejoint le Musée d’Orsay il y a quelques mois. Acquis auprès de la galerie londonienne Stuart Lochhead, il a pris place dans les collections permanentes aux côtés d’autres portraits mondains monumentaux par James Tissot, Henri Gervex ou Albert Bartholomé. Il est la sixième œuvre de l’artiste désormais conservée par Orsay qui amorçait sa redécouverte en 2007 avec l’achat de la très belle toile "Ombres portées" auprès du marchand new yorkais French & Company. Une réhabilitation qu’assit dix ans plus tard le Musée des beaux-arts de Nancy avec l’excellente rétrospective qu’il dédia au peintre d’origine nancéienne." (la Tribune de l'Art)



Meilleurs Voeux 1919 par Emile Friant
"Le retour du soldat" 2200 euros le 14/10/2022 Paris



Dessin d'Emile Frint 1917

Le Zeppelin L 49 de Serqueux / Bourbonne les Bains Est Républicain du 22 Octobre 1917





Études. Gravures rehaussée à la mine de plomb? Signé et daté dans la marge.1911. Dimensions : 19 x 13 cm (à gauche)

 "A l'Académie des Beaux-Arts". Gravure, marquée au crayon dans la marge "ép. unique 3ème état". 22,5 x 17 cm. Au dos, tampon "Collection Friant, n°1369". Prov. : anc. coll. Jean-Louis Burtin, exécuteur testamentaire de l'artiste.
(à droite)



  Photographie en académicien par Jean Scherbeck et autoportrait en académicien 



Sur l'autoportrait: Lithographie sur papier
Signée en bas à droite au crayon par Emile Friant.
Provenance : Fond Louis Burtin, légataire d'Emile Friant.

Cet autoportrait représente Emile Friant en costume d'académicien, accompagné d'un texte remerciant son ami André Farge.

Emile Friant fut nommé  commandeur de la Légion d'honneur en 1931, date de cette oeuvre d’honneur. Il mourut l'année suivante.
Il s'agit de l'une des dernières œuvres de l'artiste




Emile Friant sur son lit de mort en 1932 par Henri Royer (1869-1938)




Discours de M. Alfred Bachelet, membre de l'Académie française
 prononcé aux funérailles d'Emile  Friant le lundi 13 juin 1932

L'artiste fut inhumé à Nancy au cimetière de Préville. L'article relatant ses obsèques à dans l' Est Républicain du 14 juin 1932



- Lectures sur Emile Friant: par exemple ICI
- Wikipedia
- Une oeuvre de l'écrivain lorrain Philippe Claudel « Au revoir Monsieur Friant » / trésors d’enfance chez Stock



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Autre recherche à partir de l'initiale du nom de l'artiste:

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